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Annales de la jetinesse lu'ùjue, juillet

LA DESTLNÉK Dl MOT " LAÏQUE " 215

On ne demandait point aux Jeunesses laïques une déclaration d'amour pour la France ; moins encore souhaitait-on d'elles un hommage à notre armée. M. lient; ik'snard, avocat au harreau de Tours, les priait simplement de formuler, tout ensemble, le vœu dune entente pacifique entre nations, et une protestation contre les appels à la désertion, sous quehjue forme qu'ils se produisissent. On les conjurait, en somme, de faire ce qu'avait fait une autre assemblée peu suspecte, celle des instituteurs réunis à Lille huit jours plus tôt, et de dire, avec le style qui convient à de libres esprits : « Nous sommes pour la paix universelle, mais nous ne sommespas avec M. Hervé. » M. René Eiesnard posa nettement la question: « Il s'agit de savoir, déclara-t-il, combien il y a de camarades ici qui acceptent les théories hervéistes, combien il y en a qui approuvent la désertion devant l'ennemi. »

Au vote les camarades répondirent. II y en eut 1.957 qui se rangèrent derrière M. Besnard et 2. 105 qui se déclarèrent contre lui. La majorité des Jeunesses laïques, invitée à blâmer la désertion devant l'ennemi, s'y refusa. « Nous devons être des précurseurs et non pas des suiveurs », clamait un des jeunes orateurs. Les « libres penseurs », réunis à Paris la semaine précédente, avaient, sous le regard embarrassé de M. Buisson, discuté l'idée de patrie et l'idée du devoir militaire ;

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des anarchistes avaient émis certaines idées sinp,nliéroment semblables à celles que professait en 18(19 M. Buisson ; et l'hunorable président de la Ligue de l'iLuseignemcnt leur avait donné une demi-satisfaction. Les formules par les(|iiell<'s le Congrès avait terminé la discussion dilléraient déj;\ notablement des développements patrioli(jiies qu'avait signés M. Buisson, deux mois auparavant, dans le Mauitcl (jrnrr<il de /'in'</rnr/i(j/i itriinairc. Mais M. Hervé ayant réclamé un surcroît de précision et «;ei'taines résolutions pratiques, on avait ajourné au congrès suivant radliésion formelle des libres penseurs à riierv('isme '. A Tours, l;i " libnpensée » adolescente fit un pas de plus; sansadbérer encore posilivement à Lbervéisme, elle refusa liautement de le blâmer. Le (longrès était appelé à choisir entre la France, <jui allendail une parole de respect, et les suggestions de M. Hervé : du c(>u|), dt'passant .M. Jaurès par leur audace et ^L Buisson par leur netteté, e( mar(|uant au Congrès de la libre pensée la voie que devait suivre la pensée humaine pour se lib'rer encordes Jeunesses laïques (b'daignèrenl d'opter pour la France. Aimant les situations franches, nous remercions ces Jeunesses de leur bravoure.

« Laïque », cela voulait dire, jadis — j'en prends à témoin Littr(' — : <- (Jui n'est ni ec(dési;isli(|ue

I. Noir <'i-dt'ssous, aux Dociintenlx, p. .181, le cuiiiiilc romlii «le «elle siance publié par/'" Ti-m/is.

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