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LES SACRIFICES DE L'ÉTAT RÉPUBLICAIN POUR LES INSTITUTEURS

Circulaire de M. Bienvenu-Martin (extraits) {Le Volume, 3 juin 1905)

La question de l'augmentation du traitement des instituteurs et institutrices qui, depuis si longtemps déjà, prooccupait les maîtres de nos écoles élémentaires, vient d'être résolue.

Le Parlement, d'accord avec le gouvernement, a, par la loi de finances de 1905, modifié de nouveau, sur ce point, la loi du 19 juillet 1889.

Désormais les instituteurs débuteront au traitement de 1.100 francs, pour atteindre, par augmentations successives, celui de 2.200 francs.

De même les institutrices, dont le traitement de début est égal à celui des instituteurs, mais qui, jusqu'ici, ne pouvait dépa-sor le maximum de 1 .600trancs, atteindront dorénavant le traitement de 2.000 francs.

Le gouvernement et les Chambres ont voulu, en imposant au Trésor public celte charge énorme de 23 millions de francs que représentent les augmentations de traitements, donner aux instituteurs une nouvelle preuve de leur sollicitude en enlevant en même temps à ces modestes éducateurs de l'enfance le souci bien légitime de leur situation matérielle.

Déjà la loi de 1889 avait amélioré d'une façon sensible la situation des maîtres et maîtresses des classes élémentaires. Elle a fait des instituteurs qui, alors, n'étaient en

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quelque sorlp que des agonis communaux, des fonctionnaires de l'Elal et a élevé leurs Irailemenls. Alors que sous l'empire de la loi de 187b, ceux-ci variaient de "OO à 1.200 francs [tour les maîtres et île 650 h '.lOO francs pour les maîtresses, la loi de I8S0 fait varier les émoluments dos premiers de 800 à 2.000 francs et ceux des seconds de 800 à I .fiOO francs.

Peu de temps après, en 1803, le pourceiitaïï^e établi par la loi de 188U est élargi : les pn-niières classes reçoivent un nombie dinstitnieurs et d'instituliices plus grand; en même temps l(! trailenieni lU'. début est élevé à 000 francs.

Quelques années plus tard, en 1900, une nouvelle modilicalion est introduite dans le pourcentage, modiPication qui a pour conséquence l'élévalion de classe d'un certain nombre d'instituteurs et d'institutlices. Enlin en 1003 et en 1904, le pourcentage est aboli et r-emplace par un avaucement automatique, après un certain temps di' séjour dans chaque classe.

i/augmenl,ition des traitements des instituteurs et institutrices, réalisée en lOO!), est donc en ijuclque sorte le couronnement de l'œuvre entreprise depuis phisieui s années, en collaboration intime, par le gouvernemenl et le Parlement.

Le [)ersonnel de l'enseignement i)rimaire saura reconnaître, je n'en doute pas, les sacr'ifices consentis, et continuera, par son zèle et son di'-vouement, à mériter une sollicitude d'autant |)lus grande que les ellorls qui lui sont demandés sont plus considi'rables, par suite des conséquences de la loi sur les associations et de la loi relative à la sujtpression de l'enseignement congréganisle.

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