‹ L'école et la vieChapitre 10 sur 113 · L ÉCOKK KT LA VI K · texte numérisé non relu

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logie et des arts ; fixait les conditions d'âge et de capacité exigées des écoliers et des maîtres, réglait la police intérieure des Facultés, déterminait les circonstances et la limite dans lesquelles pouvait s'exercer le droit de réunion et de coalition ^ Enfin il confirmait la convention de 1213, conclue sous l'autorité d'Innocent III, par laquelle les maîtres et étudiants de Paris étaient autorisés à se constituer en corporation (universitas) afin de mieux se défendre contre le chancelier de Notre-Dame qui, étant investi du droit de conférer la licence, abusait de ce pouvoir et accablait d'exactions, excommuniait, emprisonnait quiconque résistait à sa volonté.

Vers le milieu du xv*" siècle, les étudiants de la Faculté des arts causaient de tels scandales que l'Université, se sentant incapable de maintenir l'ordre, se décida à les enfermer dans des collèges. Ce fut l'origine des internats. Ces collèges n'avaient rien de commun avec les écoles ecclésiastiques et les écoles des chapitres qui existaient déjà dès le xii^ siècle. Ils ne ressemblaient pas davantage aux lycées ou aux collèges d'aujourd'hui. C'étaient pour la plupart de pauvres mai-

1. A. Luchaire, VUnivej'sité de Paris sous Phi lippe- Auguste.

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sons^ où, sous la surveillance d'un maître, logeaient les boursiers appartenant à la même nation.

Les directeurs de ces collèges jouissaient d'un pouvoir presque absolu. Leurs pensionnats, rivaux les uns des autres, constituaient autant de petits gouvernements et de petites chapelles. Ils affectaient une grande indépendance et prétendaient se soustraire au contrôle de l'Université. De là les abus qui s'étaient peu à peu introduits dans leur régime intérieur et qui firent à quelques-uns d'entre eux une réputation si fâcheuse.

Pourtant, à l'abri de leurs privilèges et sous la protection ro^^ale, les écoliers du moyen âge vivaient heureux. Ils jouissaient, pour le temps, d'une liberté très grande, ils entendaient la parole des docteurs les plus illustres ; ils prenaient part à l'éternelle dispute de l'esprit humain. Leur misère leur était légère, et rien ne leur semblait plus beau que les ruelles étroites et les maisons branlantes du clos Bruneau ou de la rue de Fouare. Le dernier soleil qu'ils avaient vu descendre sur la montagne Sainte-Genièvre illuminait toute leur vie, et, quand plus tard ils se

1. « Nous avons aussi visité le collège de Narbonne qui est fort petit, mal et peu solidement basty, le tout estant de bois corrompu et de terre ou torchis. » (Rapport d'Anglureet Bazin, Bibl. Arsenal).

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rencontraient sur les routes de l'Europe, ils n'avaient qu'à prononcer ces mots magiques : « Ftdmus simul in Garlandia » pour se reconnaître et s'entr'aider ^ « Pauvreté, ardeur, turbulence, voilà les principaux traits de cette vie qui laissait de longs souvenirs » ^.

En général, les nations étaient aussi pauvres que les étudiants. Elles ne possédaient aucun immeuble. Les maîtres donnaient leurs leçons où ils pouvaient ; chez eux, dans des salles louées, dans les réfectoires des couvents, dans les carrefours et dans les rues. Le mobilier scolaire était des plus simples : une chaire élevée et un pupitre pour le régent, rien de plus. Les auditeurs étaient assis par terre. Seulement en hiver, s'il survenait de grands froids, on étendait sur le sol des bottes de paille.

En 1366 et en 1452, on commença à employer les bancs. « Mais les cardinaux Sainte-Cécile et d'Estouteville réprimèrent ce luxe corrupteur ; ils exigèrent que les écoliers fussent assis par terre comme autrefois, pour éloigner de leur cœur toute tentation d'orgueiP».

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