Liichaire, L'Université de Parin sous Philippe-Auguste
Il y eut (les exécutions. Le Prévôt de Paris était moins indulgent que notre Préfet de police et il ne rendait pas toujours les étudiants coupables de délits ou de crimes à la justice spéciale dont ils relevaient. Alors l'Université protestait, fermait ses cours, allait se plaindre au roi. Les étudiants organisaient des émeutes. Dans ces conflits, l'Université n'avait pas toujours le dernier mot ; mais quand elle obtenait gain de cause, elle prenait sur la justice séculière de terribles revanches.
A preuve, la mésaventure du Prévôt de Paris Thomas. En 1200, dans une rixe, le Prévôt avait pris parti pour les bourgeois contre les étudiants et s'était mis à la lôte d'une bande armée. Henri, archidiacre de Liège, et plusieurs de ses camarades avaient été tués. L'Université alla devant Philippe-Auguste et réclama justice. Le roi, craignant de voir l'Université fermer les écoles et les clercs quitter la ville de Paris, fit droit aux réclamations de l'Université. La punition des bourgeois qui avaient pris part à la rixe fut exemplaire; beaucoup furent jetés en prison, leurs maisons furent détruites, leurs vignes arrachées et brûlées. Quant à Thomas, il fut condamné à la prison perpétiteUe : « Si mieux n'aimait
subir r« épreuve de l'eau », à la charge, s'il succombait, d'être pendu et, s'il sortait vainqueur, d'être banni de Paris et d'être déclaré inhabile à y posséder, ni dans aucune terre du roi * ».
C'est à la suite de ces événements que Philippe- Auguste pourvut à la sûreté des maîtres et des écoliers par un privilège qui dérogeait même aux droits du pouvoir royal. Il décida que les bourgeois devaient s'engager par serment à mettre la main surtout laïc qui maltraiterait un écolier^; qu'aucun écolier ne pourrait être arrêté ni poursuivi, même en matière criminelle, par la justice séculière. Enfin, il décida que le Prévôt de Paris, dès son installation, serait mandé devant l'assemblée générale des écoles et jurerait d'assurer l'exécution de l'ordonnance royale ^.
La charte de Philippe-Auguste fut complétée en 1215, par le statut de Robert de Courçon, qui peut être considéré comme la première loi constitutive de l'Université.
Ce statut organisait l'enseignement de la Ihéo-