‹ L'école et la vieChapitre 17 sur 113 · I. Bull*' de Paul 111, Hefjitu milU. eccies · texte numérisé non relu

I. Bull*' de Paul 111, Hefjitu milU. eccies

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lions en commun, ni la vie claustrale, ni l'étroite discipline des moines du moyen âge. Il se mêlait à la vie; il pouvait exercer toutes les professions capables d'accroître son autorité morale et la puissance de l'ordre, prédication, mission, exploration, industrie, commerce, politique, diplomatie, art, science, littérature; il pouvait rcAÔtir tous les costumes ; il célébrait le culte dans toutes les églises ; il était autorisé à conférer les grades académiques. Enfin il était soustrait à toutes les juridictions spéciales et locales et ne relevait que de son général et du pape.

Le Concile de Trente avait dit à la Société de Jésus : « Va et enseigne » ; l'appel fut entendu. La Compagnie à partir de ce moment fit de l'instruction de la jeunesse et en particulier de l'enseignement secondaire son œuvre propre. Elle y déploya des qualités brillantes. Le but suprême qu'elle poursuivit fut de s'emparer de l'éducation et, par là, du gouvernement universel des âmes.

Mais les jésuites ne devaient pas rester fidèles à la fière doctrine de leur fondateur. Ils s'en écartèrent dès qu'ils sentirent leur pouvoir assuré. Après avoir été les plus vaillants soldats des papes, ils en devinrent les maîtres; après avoir servi les

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rois, ils commandèrent aux rois; après avoir tout sacrifié à la puissance et à la gloire de Dieu, ils subordonnèrent tout à leur puissance et à leur propre gloire et ils tombèrent de François Xavier au P. Le Tellier.

Par là s'explique leur étrange fortune ; organisés au milieu du xvi* siècle, ils sont déjà chassés des Pays-Bas et du Portugal en 1578, de la France en 1594 ; avant la fin de ce même siècle, de Naples et de Venise. Tous les grands politiques que la France a connus ont été obligés pour la défense des intérêts généraux dont ils avaient la garde ou pour leur propre sécurité, d'engager la lutte contre la compagnie de Jésus. Tous ont senti que l'éducation était un des premiers devoirs et l'un des plus grands intérêts de l'État, parce que c'était par elle seule que les souverains et les peuples échapperaient à la domination de l'esprit sacerdotal. Aussi, au xvii^ siècle, sous Henri IV et un peu plus tard sous Richelieu, puis sous Louis XIV et Golbert ; au xviii® siècle sous la Régence d'abord, puis à la fin du règne de Louis XV avec la victoire des Parlements sur la Société de Jésus, l'enseignement secondaire apparaît-il comme un service public tellement important pour l'avenir de la monarchie et du

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pays, que l'on songe à en charger exclusivement l'Étal.

L'homme moderne animé de l'esprit civique et laïque est né avec la Renaissance et la Réforme. A dater de ce moment l'État et l'Église vont se disputer la direction des esprits et l'école sera le terrain oi^i ils se livreront bataille. Le développement de l'instruction se mesurera au libéralisme des institutions politiques. Tout ce que l'autorité théocratique perdra, l'enseignement public le gagnera et inversement. Désormais le sort de l'enseignement est lié au sort de la liberté dont il partagera la bonne et la mauvaise fortune.

l'université et le statut de 1598

LES jésuites et LA RATIO STUDIORUM

Il fallut le statut de 1598 pour lancer l'Université dans le large courant de vie que la Renaissance et la Réforme avaient créé.

Le statut disait que « nul ne pouvait suivre un cours de logique s'il ne justifiait qu'il avait étudié la grammaire et les lettres ». Ces deux lignes contenaient toute une révolution. C'était la fin de la scolastique et l'avènement des humanités. On allait étudier des choses vivantes au lieu d'étudier des choses mortes, apprendre à se connaître un peu soi-même avant d'apprendre à raisonner. Ces idées si simples

et si justes ne furent pourtant pas acceptées sans résistance. L'Université s'est renouvelée sans cesse depuis le xn* siècle sous l'influence des mœurs, des événements politiques et du temps ; mais elle n'aime pas les brusques sursauts ; elle est si fortement attachée à la tradition, et au xvi^ siècle elle était encore dans son ensemble si réfractaire aux nouveautés, qu'il fallut lui imposer l'étude des lettres, et qu'elle considéra comme une victoire la condamnation de Ramus qui venait d'ouvrir devant elle les voies nouvelles de la science et du progrès K

A la fin du xvi" siècle, l'Université avait perdu son indépendance et son caractère de corporation ; les progrès croissants de l'autorité royale l'avaient dépouillée de ses privilèges ; l'Église n'exerçait plus sur elle qu'une autorité nominale ; elle rentra définitivement sous la compétence de l'autorité civile. Le statut de 1598 consacra cet état de fait. De même, en matière d'enseignement, il sanctionna les progrès accomplis, les réformes réalisées depuis la Renaissance, et il leur donna l'appui de la loi.

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