Jourdain, Ihid., pp. 15 et
versité ceux de la Société de Jésus définitivement fixés en 1599 ^ Le cadre du plan d'études de la Compagnie comprenait cinq cours : trois de grammaire, un d'humanités, un de rhétorique, suivis de une, deux et trois classes de philosophie pour l'élite. En sixième des extraits de Gicéron, les Fables de Phèdre, les Vies de Cornélius Nepos pour le latin, et, pour le grec, des exercices de lecture et d'écriture. En cinquième, des lettres choisies de Cicéron, les Commentaires de César, des morceaux d'Ovide pour le latin, et, pour le grec, les Fables d'Esope et les Dialogues choisis de Lucien. En quatrième, lettres de Cicéron, le De Amicitia et le De Senectuie, Salluste, Quinte-Curce, des extraits de Tite-Live, des extraits choisis d'Ovide, de Catulle, de Tibulle, de Properce, des Eglogues de Virgile, le quatrième livre des Géorgiques, le cinquième et le septième de V Enéide pour le latin. Pour le grec, saint Jean-Chrysostome, Xénophon et quelques autres auteurs du même degré. En humanités, des discours choisis de Cicéron, César, Salluste, Quinte-Curce, V Enéide de Virgile, sauf le quatrième livre, un choix des Odes d'Horace. Pour le
1. Troisième édition de la Ratio atque instUulio studiorum societatis Jesu.
grec, Isocrale, saint Jean-Ghrysostome, saint Basile, saint Grégoire-de-Nazianze, Plutarque et des extraits de Platon. En rhétorique, Gicéron, les préceptes de rhétorique de Quintilien, pour le latin. Pour le grec, Démosthène, Platon, Thucydide, Homère, Hésiode, Pindare, saint Grégoirede-Nazianze, saint Basile, saint Ghrysostome ^
La philosophie, elle, n'avait ni programmes, ni horaires déterminés. Elle se faisait en deux on trois ans; la première année on étudiait la logique, la métaphysique et la méthode; la
1. Les horaires étaient réglés de la manière suivante : «En sixième, le matin : récitation de l'auteur latin, de la grammaire latine et grecque trois quarts d'heure, correction du devoir une demi-heure, explication latine, reprise de l'explication antérieure et suite trois quarts d'heure, langue maternelle et exercices accessoires une demi-henre ; le soir : récitation de l'auteur latin et de la grammaire, explication delà grammaire uneheure, explication de l'auteur latin, lecture grecque (un quart d'heure deux fois par semaine), dictée du thème une heure, discussion, langue mater-
• nelle et exercices accessoires une demi-heure. En cinquième, le matin : récitation de l'auteur latin et de la grammaire latine et grecque, explication de la grammaire trois quarts d'heure, cor-
'rection des devoirs une demi-heure, explication, reprise et suite ti-ois quarts d'heure, langue maternelle et exercices accessoires une demi-heure; le soir : récitation de l'auteur latin et de la grammaire, explication de la grammaire, une heure, explication de l'auteur grec et latin, alternativement de deux en deux jours, dictée du tiième, une heure. Discussion, langue maternelle et exercices accessoires une demi-heure. En quatrième, le matin : récitation de l'auteur latin et de la grammaire latine et grecque, explication de la grammaire, trois quarts d'heure, correction des devoirs une demi -heure, explication, reprise et suite trois quarts d'heure.
seconde année, la physique et la philosophie morale ; en troisième année on traitait les questions physiques et métaphysiques qui ne l'avaient pas été pendant les deux années précédentes ou qui avaient besoin de plus amples explications, et les mathématiques supérieures.
Nous avons tenu à donner tout au long les programmes et les horaires de l'Université et de la Société des Jésuites parce qu'ils ont eu, les uns et les autres, sur les destinées et le caractèie de l'enseignement secondaire, une influence
langue maternelle et exercices accessoires une demi-heure; le soir: récitation de la grammaire latine et de Tart métrique, alternativement de deux jours l'un, puis de l'auteur une heure, explication d'un poète latin et d'un auteur grec, alternativement de deux jours l'un, dictée du thème. Discussion : langue maternelle et exercices accessoires une demi-heure. En humanités, le matin : récitation de la grammaire et de l'auteur latin, explication de la grammaire, préceptes généraux d'élocution et de style trois quart d'heure, cori'ection des devoirs une demi-heure, explication, reprise et suite trois quarts d'heure. Exercices accessoires, langue maternelle une demi-heure; le soir : récitation, grammaire et auteur latin, explication de la grammaire une heure, explication de deux jours l'un d'un poète latin et d'un auteur français et grec, dictée du thème une heure, discussion et exercices accessoires une heure. En rhétorique, le matin : exercices de mémoire, explication, reprise etsuite, une heure, lecture d'un orateur; reprise et suite, dictée d'un texte de discours, discussion et exercices accessoires une heure ; le soir : explication des textes de la rhétorique, explication d'un auteur grec et français, une heure, lecture d'un poète, correction du devoir de la matinée, dictée d'un sujet de discours, une heure. De plus, en rhétorique, les jours de congé, on expliquait un historien ou quelque texte se rapportant à des notions historiques. »
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qui a prévalu exclusivement sous l'ancien régime et qui s'est fait sentir longtemps après sa chute.
On a pu dire avec raison que les programmes (le l'Université contemporaine n'ont été sur bien des points que la reproduction des programmes de l'ancienne Université et des Jésuites. Ces auteurs, ces exercices, cette distribution du temps, qui ne les connaît dans notre génération parmi les anciens élèves des lycées et des collèges?
Les deux systèmes n'étaient pas absolument iilentiques ; en les rapprochant, on aperçoit les similitudes et les différences. Au premier abord, les différences sont peu notables ; la ratio studio rum semble plus logique et plus complète que les statuts, en ce qu'elle mentionne l'étude du français et qu'elle consacre à l'histoire quelques entretiens les jours de congé. Mais ces légers avantages sont amplement compensés par la méthode et par l'esprit de l'enseignement universitaire.
La vie de l'élève de la Société de Jésus est réglée minute par minute. Le maître et l'élève ne doivent pas avoir le loisir de penser. Leur personnalité est emprisonnée dans les mailles du programme. Tous les esprits sont courbés sous le môme joug. L'Université, au contraire, fait place
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à l'initiative du maître et de l'écolier; elle stimule leur curiosité ; elle entretient leur foi au progrès ; un souffle plus libre anime son enseignement. En philosophie, elle examine et discute. Elle tire de l'antiquité les hautes leçons qui font les esprits vigoureux et libres.
La Ratio studiorum écarte tous les pi'oblèmes qui, depuis l'origine des temps, sont le tourment et l'orgueil de l'âme humaine : Dieu, la cause première, la liberté, les principes de la métaphysique. Les maîtres sont avertis que sur ces sujets il faut glisser : nihil dicant, nihil agani ' .
Même silence sur les matières qui sont sans danger pour la foi. Il ne faut poser aucune nouvelle question. Le désir de connaître est un mal. Quant aux humanités dont elle tire un très habile parti, la Compagnie de Jésus ne les enseigne à ses élèves que revues et corrigées. Tout ce qui parlerait trop haut à l'imagination et au cœur dans les auteurs latins et grecs est supprimé ou modifié à l'usage de la jeunesse. Les lettres anciennes ne sont entre les mains de la Compagnie qu'un moyen d'affiner le goût et de donner de