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ri'légaiice et de la délicatesse à Fesprit; mais un moyen dont elle sait user avec une souplesse et avec une habileté supérieures.
On voit par la différence des deux méthodes se dessiner le double courant religieux et politique qui va entraîner les esprits du xvn'' siècle. Le courant gallican, parlementaire et janséniste, qui, en passant par les États généraux de 161 i et la première Fronde aura dans la déclaration de 168:2 une dernière et éphémère victoire, et dont les représentants seront les plus libres et les plus fiers génies du temps, et le courant moliniste et dévot qui, favorisé un instant, avec Marie de Médicis et le P. Cotton, pendant la minorité de Louis XIII, sera longtemps tenu en suspicion et en échec, auquel Mazarin sourira parfois pour complaire à Anne d'Autriche, sans se livrer jamais à lui, et qui trouvera son triomphe définitif aux dernières années du règne de Louis XIV, quand le P. Le Tellier sera devenu tout-puissant au confessionnal du roi.
Mais si les différences entre les deux méthodes et les deux esprits sont sensibles, il y a incontestablement entre les programmes un air de famille, qui nous donne les traits généraux de l'enseignement secondaire au xvn*^ siècle. Dans
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ces programmes l'histoire n'existe pour ainsi (lire pas; la géographie est absente. La philosophie est i^resque comme au moyen âge conteniKi tout entière dans Aristote; elle conserve un aiTière-goût de scolastique. Enfin, et c'est là le trait caractéristique, peu ou point de sciences. Des sciences de la nature, dont Bacon découvrait à ce moment même la méthode, il ne faut point parler. Pour ce qui est des mathématiques, aussi bien dans l'Université que chez les Jésuites, elles ne sont enseignées qu'en philosophie, et elles n'ont pas de professeur spécial. En réalité, là comme ici, la rhétorique est la classe principale. C'est vers elle que tout tend. L' « honnête homme » est l'homme expert dans l'art de bien dire. S'exprimer noblement, écrire avec convenance et élégance, voilà le commencement et la fin de l'éducation. De fait, on n'a jamais mieux écrit qu'au xvn« siècle, et la langue française n'a jamais eu plus de pureté, de précision robuste et de force. Mais le vice d'un enseignement ainsi conçu frappe les yeux : le culte de la rhétorique y tient trop de place. L'enseignement est plus vivant et plus humain qu'au moyen âge, mais il reste encore trop verbal. Il tourne les esprits qui ne sont pas fortement trempés vers la déclamation, la pré-
ciosité et l'emphase. Dans les humanités, on se préoccupe encore trop de la forme.
Montaigne avait déjà écrit : « C'est un bel el grand adgencement sans double que le grec et le latin ; mais on Tachette trop cher. »
LE XVll" SIECLE RICHELIEU — COLBERT DISCOURS DE LA MÉTHODE — PORT-ROYAL
Le xvii^ siècle ne déborde point de vie comme le xvi^. Ses eflbrts et ses entreprises ont quelque cliose de plus calme et de mieux réglé ; les idées se classent et s'équilibrent ; on sent que l'homme a pris conscience de son individualité et de sa force.
Le xvii^ siècle élargit et confirme dans le domaine intellectuel et économique l'œuvre de son devancier. Le sens pratique s'éveille. L'industrie, le commerce, la colonisation, grâce au patronage de deux hommes, dont l'un fut comme le fondé de pouvoirs universel de la royauté, le
cardinal de Richelieu, dont l'autre fut le représentant le plus autorisé des classes moyennes, Jean - Baptiste Golbert, prennent un vaste essor. Mais aussitôt éclatent les vices de l'éducation et du régime politique qui, au lieu de favoriser les carlières nouvelles, où la Hollande et l'Angleterre vont trouver la puissance et la fortune, détournent les classes moyennes vers les charges royales et les offices publics.
Richelieu dénonça le péril et montra le lien qui unit l'enseignement aux problèmes politiques et sociaux. Il vit clairement qu'il trouverait dans l'éducation le seul moyen de vaincre les préjugés qui faisaient obstacle à ses desseins et que c'est par l'école qu'il parviendrait à développer le mouvement économique qui avait succédé aux découvertes des navigateurs, et à asseoir sur une base solide la puissance industrielle et commerciale de la nation.
« Gomme la connoissance des lettres, écrit-il dans son testament politique, est tout à fait nécessaire dans une République, il est certain qu'elles ne doivent pas être enseignées à tout le monde... Le commerce des lettres humaines banni roit absolument celui de la marchandise, qui comble les États de richesses, ruineroit l'agriculture, vraie
i() L KCOLK ET LA VIK.
mère nourricière des peuples, et déserteroit en peu de temps la pépinière des soldats, qui s'élèvent plutôt dans la rudesse de l'ignorance que dans la politesse des sciences ; enfin, il rempliroit la France de chicanes, plus propres à ruiner les familles particulières et à troubler le repos public qu'à procurer aucun bien aux États... Si les lettres éloient profanées à toutes sortes d'esprits, on verroit plus de gens capables de former des doutes que de les résoudre; et beaucoup seroient plus propres à s'opposer aux vérités qu'à les défendre. C'est en cette considération que les politiques veulent en un Etat bien réglé plus de maîlres ès-arts mécaniques , que de maîtres ès-arts libéraux pour enseigner les lettres ^» Richelieu concluait de là qu'il importe de ne pas multiplier outre mesure les collèges où les humanités sont enseignées. Il aurait voulu n'en laisser subsister que dans les villes importantes et limiter les autres à quelques classes suffisantes « pour tirer la jeunesse d'une ignorance grossière, nuisible à ceux mêmes qui destinent leur vie aux armes ou qui la veulent employer au trafic ». Un plan d'études rédigé sous sa direction pour la création