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La Chalotais, Essai d'édncation nationale, p

2. Mémoire sur l'éducation publique, avec le prospectus d'un collège, suivant les principes de cet ouvrage, pp. 8 et 10.

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entendent travailler. C'est dans leur enceinte qu'ils veulent placer le nouvel enseignement d'État. Le bureau d'administration que le règlement de 1768 créait auprès de chaque collège, comme le bureau central qui devait servir de lien entre les Universités du royaume et auquel devait appartenir la haute direction de l'enseignement, n'avaient pour objet que de rattacher au pouvoir royal les Universités, les collèges et les écoles.

Après l'expulsion des jésuites, les Universités devaient non seulement hériter de leurs collèges, — il y en avait quarante dans le seul ressort du Parlement de Paris — mais elles devaient en outre avoir à leur profit un véritable monopole. Les parlementaires, pour les mettre à la hauteur de leur mission nouvelle, voulaient les transformer et les réformer. Ils prescrivirent une enquête générale. Cette enquête fut dirigée par le président Rolland qui la résuma dans un rapport qu'aujourd'hui encore on peut consulter avec fruit.

Établir une éducation uniforme dans tout le royaume, éducation inspirée des principes de la morale et des devoirs de la société, du sentiment de la bienfaisance générale, comme on disait alors en ces années décisives de la fin du règne de

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Louis XV, éducation où le cœur trouve sa part aussi bien que l'esprit, tel est le dessein du Président Rolland. Mais ce dessein, Rolland qui est un novateur entend le poursuivre en rompant avec les anciennes routines. Il ne veut point organiser partout des collèges calqués sur le même type. Il veut de la souplesse, de la variété : « Chacun, écrit-il, doit être à portée de recevoir l'éducation qui lui est propre : or chaque terre n'est pas susceptible du même soin et du même produit; chaque esprit ne demande pas le même degré de culture ; tous les hommes n'ont ni les mêmes besoins, ni les mêmes talents; et c'est en proportion de ces talents et de ces besoins que doit être réglée l'éducation publique'. » Pour former les maîtres que réclamait l'éducation ainsi comprise, Rolland voulait établir au cheflieu de chaque Université, une maison spéciale, dépendant à la fois des diverses Facultés, et destinée à être une pépinière de bons professeurs; c'était la première idée de l'institut pédagogique. Il prétendait donner à chaque genre d'études, un maître spécial. Pour ce qui est des programmes et de la répartition des matières, Rolland, tout en

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