‹ L'école et la vieChapitre 30 sur 113 · d., /6/rf., p · texte numérisé non relu

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degré de connaissances. Cependant, parmi les jeunes gens réunis dans le même collège, j'en vois de différentes conditions qui doivent remplir des emplois différents, et dont la destinée doit être aussi variée que leur naissance et leur fortune. Les connaissances nécessaires aux uns peuvent être inutiles pour les autres... Faut-il que celui qui n'a ni goût pour l'étude des langues ni besoin de les cultiver, reste sans culture et sans instruction ? Les écoles publiques ne sontelles destinées qu'à former des ecclésiastiques, des magistrats, des médecins et des gens de lettres? Les militaires, les marins, les commerçants, les artistes sont-ils indignes de l'attention du Gouvernement? Et parce que les lettres ne peuvent se soutenir sans l'étude des langues anciennes, cette étude doit-elle être l'unique occupation d'un peuple instruit et éclairé ? » Rolland songe à élargir le cadre de l'enseignement secondaire et à approprier celui-ci à la diversité des aptitudes, des vocations et des carrières : « Il me semble, ajoute-t-il, que dans les collèges, les mathématiques, le dessin, la tactique, la navigation et les langues étrangères devroient avoir des professeurs distincts et séparés ; il me semble que le commerce et les arts devroient y trouver les con-

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noissances qui leur sont nécessaires, il me semble enfin qu'il devroit être possible aux parents et aux maîtres de proportionner aux talents et aux besoins des jeunes gens l'éducation qu'ils reçoivent... Dans les collèges le plus grand nombre des jeunes gens perdent le temps qu'ils y passent, les uns pour avoir appris ce qui leur était inutile, et quelquefois nuisible de savoir, les autres pour n'avoir point été instruits de ce qui leur aurait été essentiel d'apprendre\ . . »

Le Président Rolland est ici de la lignée de Richelieu. Il n'est pas, il s'en faut, un adversaire des études classiques; mais il ne tient pas les yeux obstinément fixés sur le passé ; il pense à l'avenir et il veut que l'enseignement secondaire s'accorde avec les nécessités du temps. Il est à la fois pour la tradition et pour la nouveauté. En réalité c'est une transformation profonde qu'il médite. Que devait-il advenir de son rapport et du mouvement d'idées dont ce rapport lui-même était l'expression ? Rien ou presque rien. Comme les Parlements eux-mêmes, qui bientôt allaient disparaître dans la crise révolutionnaire, les Universités étaient déjà mortellement atteintes, et

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