I. Rollnnd, Plan rVéducaiion, pn«sini
en 17G7 après ï Esprit des Lois et le Contrat Social, après le plaidoyer pour Calas et le reste, on entend déjà les grondements lointains coupés des longs silences qui précèdent les grands cataclysmes.
Les Universités de l'ancien régime, et en particulier l'Université de Paris, ont rendu à la France d'inestimables services. Elles ont été pourtant méconnues. On aurait voulu qu'elles fussent parfaites. Cela ne pouvait être ; elles avaient les défauts et les qualités de leur temps. Dans son Essai sur F histoire et l'état de rinstruction publique en France, Guizot parle d'elles avec une hauteur dédaigneuse. « Qu'on n'oublie jamais, écrit-il, que c'est dans les établissements d'instruction 'publique qui existaient à cette époque, par les hommes qui les dirigeaient et d'après les méthodes qui y étaient en vigueur qu'a été formée cette génération imprudente et turbulente, dont les uns ont fait ou approuvé la Révolution et dont les autres n'ont su la prévoir ni la diriger^ ».
Plus près de nous, Taine a accusé l'esprit classique déchaîné en France au cours de la Révolution d'avoir tout faussé, tout dénaturé et d'avoir
1. Guizot, Eami mr l'hMoiro et Véiat de rinstriiclion en France, p. 29.
l'école kt la vie. 71
été vraiment la source de l'esprit révolutionnaire. Nous verrons que les hommes formés à ses disciplines n'ont pas été des barbares, et qu'ils ont eu, pour la plupart, un haut idéal d'éducation nationale. S'ils n'ont pas mieux réussi que le Président Rolland, ils n'en ont pas moins, comme lui, jeté en terre la bonne semence.
Les Universités de l'ancien régime tenaient trop à ce régime même pour lui survivre ; comme lui elles reposaient sur le privilège ; elles devaient disparaître avec les privilèges. Elles vécurent quelque temps encore après la nuit du 4 Août. Leur disparition officielle ne date que des derniers mois de 1793. Mais elles avaient été condamnées par la Révolution même, et c'est la Révolulion qui allait aboitier à son tour le problème de rè(lucation.