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LA VICTOIRE DES ULTRAMONTAINS

La lutte qui se poursuit entre l'Église et l'État se livre autour du monopole universitaire et on peut croire que l'Église réclame seulement sa part de liberté dans l'enseignement. Il n'en est rien. Ce qu'elle veut avec Lamennais et Montalembert, c'est la direction exclusive de l'éducation nationale, et, par là, le gouvernement des esprits et des hommes.

Jusqu'en 1840, les deux partis ont conservé leurs positions. 11 y a eu de nombreux conflits, de vives rencontres, mais aucune victoire décisive. A ce moment, le parti catholique tente un

suprême eS'ort. On organise l'Église en parti militant, on lui donne des journaux, des comités de propagande, des caisses de secours. On forme publiquement ses cadres. L'Université est attaquée de tous les côtés à la fois : hommes politiques, publicistes, moines, prêtres, évêques, combattent à visage découvert ; les libelles pullulent. Ce sont des ecclésiastiques qui se font le plus remarquer par leur violence, dans ces sortes d'écrits. L'un accuse « l'enseignement universitaire de pousser au suicide, au parricide, à l'homicide, à l'infanticide, au vol, au rapt, àl'inceste ». L'autre, effrayé des crimes de l'Université, « se refuse à soulever le voile qui couvre les immondes mystères. » Un troisième propose de prononcer l'interdit contre l'Université et de refuser d'admettre ses élèves aux sacrements.

Le Gouvernement laisse dire et fait chaque jour des concessions nouvelles aux ultramontains *.

L'opinion publique s'émeut et une réaction se produit contre les jésuites. Mais les élections de 1849 surviennent. Aussitôt, Montalembert entreprend contre l'Université une nouvelle campagne, résolu à en finir cette fois et à raser la citadelle

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