‹ L'école et la vieChapitre 51 sur 113 · Uebidour, L'Église et l'État en France^ pp. 450 et suiv · texte numérisé non relu

Uebidour, L'Église et l'État en France^ pp. 450 et suiv

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à laquelle il livre depuis vingt ans de si furieux assauts.

Il réussit non à la détruire, mais à s'en emparer et à la réduire à l'impuissance.

C'est l'histoire de la loi Falloux.

La loi de 1850 naquit du pacte conclu entre les catholiques et Louis Napoléon, après la révolution de Février. Les catholiques s'engageaient à servir les desseins du prince et le prince s'engageait à rétablir le pouvoir temporel du pape et à livrer l'enseignement à l'Église. Le contrat fut exécuté loyalement par les deux partis.

Le prince fut élu président de la République le 10 décembre 1848. Oudinot s'empara de Rome le 3 juillet 1849 et l'Église s'empara de l'enseignement le 15 mars 1850.

La loi de 1850 fut « l'œuvre de trois grands catholiques. M. de Montalembert, M. de Falloux et M^'' Dupanloup * . »

Elle fut préparée par une Commission extraparlementaire nommée par M. de Falloux, alors ministre de l'Instruction publique. Cette Commission était composée de vingt-quatre membres, choisis parmi les chefs les plus actifs et les plus

l. De Lacombe, les Débais de la Commission de 4S49, p. 1.

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éloquents du parti catholique et du parti royaliste et où l'Université n'était représentée que par six de ses membres. Les débats ne furent en réalité qu'un long dialogue entre M. Thiers et l'abbé Dupanloup. L'abbé vainquit l'homme d'État.

Dupanloup fit un tableau si sombre des événements qui avaient ensanglanté Paris ; il exploita avec tant d'adresse les sentiments intimes de Thiers, son invincible attachement à l'ordre et son horreur de la démagogie, qu'il le gagna à sa cause.

Montalembert aida puissamment Dupanloup.

Il disait à Thiers : « Vous et moi, nous avons fait naufrage sur le même radeau, unissons-nous pour noiîs sauver. » Et il désignait l'Église comme le seul port de refuge où l'on pouvait trouver le salut. Il montrait le parti catholique comme la seule puissance capable de faire reculer le socialisme et de rétablir la paix intérieure. Thiers céda. Sa clairvoyance avait été en défaut. Il n'avait pas su démêler les visées secrètes de Dupanloup et de Montalembert. Il n'avait pas prévu les conséquences funestes de sa défaillance. Il vit bientôt que la loi préparée n'était ni une transaction ni une loi d'apaisements

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