Henri Michel, Noies sur l'Enseignement secondaire^ p
PROJET d'un enseignement PRATIQUE
CRÉATION DE l'eNSEIGNEMENT MODERNE
Le plan d'études de 1880 fit place à celui de 1885. Les programmes étaient allégés dans toutes les classes, et principalement pour les matières scientifiques. Mais l'esprit de la réforme de 1880 restait sauf. En ce qui concerne l'enseignement spécial, beaucoup, dans l'Université, n'avaient pas vu, sans regret, sa nouvelle orientation. D'autres, au contraire, demandaient qu'on lui donnât une pleine investiture et ses lettres de grande naturalisation, puisqu'on avait voulu faire de lui, en 1882, un enseignement secondaire. Cette dernière opinion était celle de
M. Goblet, alors ministre de l'Instruction publique.
Bien que ferme partisan de la culture classique et des humanités dans lesquelles, selon ses propres paroles, « il gardait assez de foi pour ne pas douter qu'elles sauraient se défendre et conserver dans l'avenir la haute direction de notre éducation nationale^ », il n'en estimait pas moins qu'il fallait, à côté d'elles, une autre forme d'enseignement secondaire « pour donner satisfaction à tous les besoins nouveaux d'une grande démocratie, laborieuse, militante, obligée de lutter pour gagner sa vie de chaque jour et pour garder sa place au milieu de la concurrence universelle, devenue la loi du monde moderne ».
M. Goblet, développant les conséquences de la réforme de 18(S2, tenta de créer « l'enseignement secondaire français » ; le nom seul était tout un programme. Les polémiques s'engagèrent, mais le Conseil supérieur refusa de suivre le ministre, et l'enseignement spécial demeura jusqu'en 1891 un être à déterminer.
L'enseignement classique subit en 1890 une nouvelle retouche. Le malaise, né de la réforme