Berthelot, Enquête parlementaire
« L'enseignement moderne ne remplit que d'une façon fort imparfaite sa destination qui serait de former les esprits des jeunes gens en vue des nécessités de la vie présente et de les armer pour l'action... 11 n'est guère propre à instruire des industriels, des commerçants, des agriculteurs et des colons... il pèche par cette direction originelle qui a prétendu en faire un enseignement principalement littéraire, au lieu d'en faire un enseignement profondément distinct par son esprit scientifique et par conséquent applicable aux nécessités pratiques et sociales*. »
Au pôle opposé de la science, M. Alfred Croizet formulait les mêmes critiques :
« Je suis tout à fait d'avis qu'il nous faut autre chose que l'enseignement classique; il est indispensable qu'il y ait un enseignement conduisant plus vite à la vie pratique ; mais je ne crois pas que l'enseignement moderne, tel qu'il a été conçu et exécuté et tel surtout qu'il tend à devenir, soit ce que nous avons tous désiré et que nous sommes beaucoup à demander^. »
L'enseignement moderne présentait un autre danger : en substituant aux anciennes humanités
1. Berthelot, Science et Éducation, pp. 61 et 62. ^2. Croizet, Enquête parlementaire.
gréco-latines les humanités modernes angloallemandes, il pouvait mettre en péril les traditions intellectuelles nationales sans aucun profit pour la science. Enfin, dans l'Université, classiques et modernes, et hors de l'Université, familles et élèves étaient unanimes à se plaindre de la complication excessive des programmes et des examens. En 1893, en effet, il n'existait pas moins de quatorze examens divers pour les baccalauréats.
LA CRISE DE l'eN SEIGNEMENT SECONDAIRE
LA C0M3nSSI0N d'eNQUÉTE PARLEMENTAIRE