Fouillée, Les Études classiques et la démocratie
le génie qui les créa fut la source de notre génie.
« Notre civilisation, dit Renan, nos institutions, nos langues sont construites avec des éléments grecs et latins. Donc, le grec et le latin, qu'on le veuille ou qu'on ne le veuille pas, nous sont imposés par les faits. Nulle loi, nul règlement, ne leur a donné, ne leur ôtera le caractère qu'ils tiennent de l'histoire...
» L'étude de nos langues classiques, inséparables l'une de l'autre, sera toujours chez nous par la force des choses, la base de l'éducation. Que d'autres peuples, même européens, les nations slaves, par exemple, les peuples germaniques eux-mêmes, bien que constitués plus tard dans des rapports si étroits avec le latinisme, cherchent ailleurs leur éducation, ils pourront s'interdire une admirable source de beauté et de vérité ; au moins ne se priveront-ils pas du commerce direct avec leurs ancêtres ; mais pour nous, ce serait renier nos origines, ce serait rompre avec nos pères. »
Les humanités ont conservé et transmis d'âge en âge ce qu'il y a de vérité et d'éternellement humain dans la sagesse antique. Elles ont été les nourricières de tous les nobles esprits depuis le