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xvr siècle jusqu'au XIX^ Elles ont inspiré les penseurs et les philosophes qui ont émancipé la raison, qui ont préparé la révolution de 1789, ainsi que les écrivains et les artistes qui ont porté le plus haut l'influence morale et le prestige de la France.
Homère, Eschyle, Euripide, Platon, Aristote, Plutarque, Cicéron, Virgile, Tacite, Sénèque ont été les grands éducateurs des nations modernes. C'est par eux qu'au temps de la Renaissance les nations se sont affranchies du joug de la théologie et qu'elles ont appris la vertu souveraine de la nature et de la raison. Pendant trois siècles qui comptent parmi les plus beaux de l'histoire, du xvi' siècle à la fin du xvni^, la source première des idées a été dans les auteurs grecs et latins, et l'étude de ces auteurs est restée l'unique instrument de culture intellectuelle. Cette prééminence était légitime.
Mais qui pourrait nier aujourd'hui, même parmi les partisans les plus résolus des études classiques, que les sciences prises au sens le plus large du mot, les sciences exactes, les sciences historiques et les sciences de la nature, ont constitué un autre moyen de culture, qui peut seul satisfaire à certaines nécessités de la vie moderne?
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L'esprit scientifique et les méthodes scientifiques sont indispensables aux peuples du xx*' siècle.
« Un nouveau principe directeur s'est élevé peu à peu en Europe, dit M. Berthelot : la science, c'est-à-dire la connaissance des lois du monde matériel et moral au sein duquel nous vivons, lois auxquelles nous devons conformer à la fois le règlement de notre vie privée et le gouvernement des sociétés humaines.
» Partout intervient la connaissance des lois naturelles, régulatrices nécessaires de toute activité. En lui obéissant avec sincérité, en se confiant à elles en toutes choses, on est conduit à la fois à la recherche de l'utile, c'est-à-dire à l'amélioration continue de la condition du plus grand nombre et à l'amour du bien particulier et universel, qui sont liés ensemble par une corrélation chaque jour plus évidente. C'est ainsi que la science, sans s'arrêter jamais, prépare ses voies par la seule force de la conviction ; elle entraîne à la fois l'individu vers l'accroissement et le perfectionnement incessant de toutes ses activités et les peuples vers cette unité de direction intellectuelle et morale, que l'humanité s'est toujours proposé comme idéal '. »