Hovelacque, Firmery
2. Voiries dépositions de MM. Bréal, Berthelot, Lavisse, Broiiardel, Picot, Bérard, Schweitzer, Bossert, Enquête parlementaire.
plongées dans la barbarie et qui seront bientôt peut-être les marchés les plus actifs du monde, la pénétration et la dépendance mutuelle des peuples par la science, l'industrie et le commerce, exigent pour toute nation soucieuse de son avenir, qui veut se développer ou qui seulement ne veut pas déchoir, une culture intellectuelle très vivante, qui l'arme et la renseigne.
Envisagée de ce point de vue, qui est le seul juste, l'utilité du rôle que doivent jouer les professeurs de langues vivantes apparaît clairement. Pourtant, parmi ses maîtres, tous ne jugeaient pas les choses ainsi. Quelques-uns semblaient croire que la place qu'ils peuvent tenir dans la vie nationale et l'honneur qu'ils peuvent tirer de l'enseignement qu'ils donnent, ne se mesurent pas aux services qu'ils rendent à la société. Ils mettaient leur amour-propre à marcher sur les traces des maîtres qui enseignent le latin et le grec parce qu'ils estimaient de bonne foi qu'ils devaient être des professeurs d'humanités modernes ^
Parler de philologie, expliquer les beautés de Goethe et Shakespeare à des élèves qui sont inca-
1. Les mêmes maîtres ont obtenu depuis 1901 avec les méthodes nouvelles, des résultats excellents ; on parle maintenant les langues étrangères. Les élèves font des progrès très rapides.
pables d'entendre deux mots d'allemand ou d'anglais, c'est perdre sa peiile et son temps ; ce qu'il faut c'est apprendre aux élèves à parler couramment la langue que l'on parle i\ Berlin et à Londres ^
Je ne crus pas devoir attendre pour réformer l'enseignement des langues vivantes. L'intérêt était pressant. Il fallait prendre une décision immédiate. Je saisis le Conseil supérieur d'un ensemble de propositions sur ce sujet et, mes conclusions ayant été adoptées, j'adressai aux recteurs une circulaire et des instructions qui fixaient les programmes et les méthodes selon lesquels les langues vivantes devaient être désormais enseignées ^ Programmes et méthodes reposent sur le principe suivant : « L'objet de l'enseignement des langues vivantes doit être l'acquisition effective d'un instrument dont l'usage puisse être continué après la sortie du lycée ou du collège, soit pour des besoins pratiques, soit pour des études littéraires, soit pour l'information scientifique ^ »
1. L'enseignement et les examens pour les maîtres de langues \ivantes devront être revisés dans le sens d'une orientation plus usuelle. Le meilleur moyen sera de développer de plus en plus les bourses à l'étranger.