‹ L'école et la vieChapitre 87 sur 113 · Edgar Quinet · texte numérisé non relu

Edgar Quinet

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ouvrant les carrières de la vie devant les individus, quelle que soit leur condition sociale, a éveillé toutes les ambitions et toutes les espérances. La lutte pour Texistence est devenue d'autant plus âpre, qu'elle met en présence plus de rivaux et que tous aspirent et peuvent légitimement aspirer à s'emparer des situations les plus fructueuses et les plus brillantes. Mais la liberté en créant cette concurrence salutaire qui favorise si heureusement l'action indépendante et spontanée de l'homme n'a pu supprimer ni les inégalités physiques et morales, ni les inégalités sociales qui en sont la conséquence.

Elle ne le pouvait pas plus qu'elle ne pourrait dans l'ordre animal et végétal décréter que tous individus d'une même espèce auront égale croissance et force égale.

Le but que doit se proposer la société, c'est d'atténuer ces inégalités. C'est de combattre le mal social partout où il se manifeste et sous quelque forme qu'il se manifeste. C'est de lui opposer une résistance inlassable, de combattre par des œuvres appropriées, la misère, l'ignorance, la haine, l'envie; de réparer les injustices, de panser les blessures, de guérir les tares physiques et morales, non par égoïsme, par crainte ou par

calcul, non pour échapper au danger dont ces maux menacent la collectivité, mais par un sentiment plus noble et plus humain, par le sentiment doux et fort qui envahit toute âme généreuse à la vue de la souffrance et qui la porte à la soulager.

« Il n'est pas vrai que tous les rapports des hommes se réduisent à échanger contre de l'argent un peu de leur travail, un peu de leurs produits : ils appartiennent tous à la même famille et suivant la grande parole de l'antiquité, rien de ce qui est humain ne doit leur être étranger. Il n'y a pas deux humanités, il n'y en a qu'une dont chaque membre vis-à-vis de tous les autres a identiquement les mêmes devoirs ^ »

1. Waldeck-Rousseau, Discours à l'Union du Commerce et de l'Industrie, 20 avril 1902.

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