Fondateurs des séminaires de Kuthen et de Halle
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inventé et nous avons laissé aux autres le profit de nos inventions.
Nous avons laissé aux étrangers « le côté généreux et vivifiant, le germe de vie déposé dans les œuvres de Rousseau... l'Allemagne s'en empara avec avidité. « Il ne faut pas louer Emile, écrivait Herder en 1771, il faut le réaliser » et, en effet, les instituts de Basedovv et de Pestalozzi ne furent pas autre chose que la réalisation des idées de Rousseau ^ »
Nous possédons la plus illustre des écoles spéciales destinées à former les maîtres pour l'enseigement secondaire : l'École Normale supérieure. Aucun établissement dans le monde n'a eu plus d'éclat. Aucun n'a joui d'une autorité plus grande ni plus légitime et n'a exercé une influence plus profonde sur l'enseignement de la France et de l'étranger. Elle a servi de modèle à la plupart des grandes écoles pédagogiques qui ont été fondées en Europe : particulièrement en Russie, en Espagne, en Hongrie, en Belgique, en Roumanie.
Mais nos traditions pédagogiques se sont peu à peu altérées, et l'École Normale a perdu de vue le but essentiel en vue duquel elle avait été fondée :
1. Michel Bréal, Ibid. Quelques mots sur V Inslruclion publique en France, p. 132.
la préparation des maîtres de renseignement secondaire. Le décret de 1808 qui la qualifiait expressément « d'institut pédagogique » a été en fait abrogé. L'École a changé son rôle et son esprit ; elle n'a rien perdu de son prestige ; mais elle est devenue comme une sorte d'Université fermée où l'enseignement supérieur s'est presque complètement substitué à l'enseignement secondaire et à la pédagogie. Là se forme une aristocratie intellectuelle, érudite et brillante, qui donne chaque année au pays des savants, des historiens, des écrivains et des philosophes : mais peu de pédagogues.
« Or, l'éducation c'est le but, l'éducation c'est le lout. . . et cet art de l'éducation, dit M. Lavisse, le futur maître de collège ou de lycée ne l'apprend nulle part. Cela est invraisemblable, mais cela est*. »
La réforme essentielle à réaliser doit porter sur l'École Normale. C'est pour cela que nous avons proposé et fait approuver par la Commission de l'enseignement et par la Chambre la proposition suivante :
« L'École Normale supérieure sera organisée et dirigée de manière à n'être pas seulement une