‹ L'éducation des classes moyennes et dirigeantes en AngleterreChapitre 10 sur 109 · XIV AVANT-PROPOS · texte numérisé non relu

XIV AVANT-PROPOS

examinations » par le moyen desquels OxfortI, Cambridge et Londres deviennent les régulateurs des programmes d'études dans tous les établissements affiliés, me laisse une impression singulièrement mélangée. Je crois voir s'abattant sur toute l'Angleterre la contagion de l'examen, la fièvre du diplôme, et je ne sais si je n'aimerais pas mieux toutes les plaies d'Egypte.

La partie la plus curieuse et la plus attendue est celle qui concerne les interventions de l'État.

L'Etat a trois manières d'intervenir : comme législateur, par des règlements; comme gouvernement, par des inspections; comme trésorier public, par des subventions.

L'action exercée sous ces trois formes a été considérable. Elle embrasse : l'instruction élémentaire où les trois principes de la laïcité, de l'obligation et de la gratuité ont été successivement introduits; l'instruction technique, mise au rang d'un intérêt public par la loi de 1889; l'instruction supérieure, débarrassée des professions de foi religieuses qui en gardaient l'entrée. Les sciences et l'art industriel ont reçu dans tout le royaume une impulsion puissante du « Science and Art Department » de South Kensington. L'instruction secondaire est restée en quelque sorte en dehors de l'action directe exercée par l'Etat. Il ne l'a point réformée par la loi; il n'a point créé et pris à sou

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compte des établissements dignes de servir de modèle; il a seulement pourvu à un meilleur et plus judicieux emploi des ressources dont mésusaient les Écoles dotées.

M. Max Leclerc a marqué et commenté avec beaucoup de justesse l'occasion et le but, l'esprit et les procédés de ces interventions officielles. Elles viennent généralement à la suite, non d'une conception théorique du mieux à réaliser, mais d'une brutale démonstration par le fait de l'insuffisance existante. Le « Science and Art Department » est né de l'Exposition de 1831 ; la loi de 1889 sur l'instruction technique, de l'Exposition de 1878. A propos de cette loi, M. Max Leclerc caractérise très bien le rôle de l'Etat. L'Etat attend d'abord que des particuliers, une société volontaire agite l'opinion, la mette au point et le mette lui-même en demeure; alors, il se borne à dire aux autorités locales non pas qu'elles sont obligées, mais qu'elles sont libres de faire; lui se contentera d'inspecter et de conseiller, d'aider et de récompenser, s'il y a lieu. Et c'est encore la même société volontaire qui, continuant l'œuvre, va trouver ces autorités locales, les stimule, leur force la main, obtient enfin que la loi ne reste pas lettre morte.

C'est dans un autre volume que M. Max Leclerc abordera le capital sujet des « professions »; mais nous connaissons déjà l'esprit et les conclusions

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