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de ce chapitre par des publications partielles. On y verra comment se forme, dans la profession même, cet admirable ^^erso^zne/ que les écoles sont véritablement impropres à préparer. Il se forme par l'apprentissage auprès des vétérans de la carrière. Je recommande particulièrement les études consacrées aux ingénieurs et aux médecins. C'est un trait significatif que les industriels préfèrent les directeurs techniques qui n'ont pas commencé par un long séjour à l'école et qui ont acquis en même temps à l'atelier la science et l'expérience. Le chapitre sur les fonctions publiques montre partout le recrutement par faveur cédant la place au concours. Mais les principaux concours n'ont avec les nôtres que des analogies extérieures. L'organisation et les programmes procèdent d'un esprit très différent, dont nous gagnerions à nous pénétrer.
Après la série des monographies sur les professions, qui constitue l'une des parties les plus originales du livre, M. Leclerc s'est donné le plaisir de suivre ces phalanges d'hommes énergiques dans le champ immense que leur ouvre l'empire britannique et de les montrer partout à l'œuvre, entretenant, afTermissant la grandeur et la puissance nationales. Le livre finit sur cette belle et profonde perspective.
L'enquête poursuivie par M. Max Leclerc pen-
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daiit plusieurs années a produit une œuvre substantielle et judicieuse, instructive et attachante. Ce dont je lui sais le plus de gré — on me le pardonnera — c'est d'avoir confirmé mes très anciennes convictions au sujet de l'instruction secondaire et, en un certain sens, de toute instruction donnée à la jeunesse. Le but de l'instruction secondaire n'est pas d'obtenir le rendement maximum pendant que cette instruction dure, c'està-dire entre neuf et dix-huit ans, mais d'assurer le rendement maximum pendant la période qui suit, période de plein et utile labeur qui dure autant que la vie. La valeur d'une éducation se mesure, non à ce que l'élève, au moment oii cette éducation finit, peut avoir de notions dans la tète sur toute sorte de sujets, mais à ce que ces huit ou dix années de préparation auront laissé après elles de goût, d'entrain, d'aptitude à s'instruire par un travail indéfiniment continué. En France règne l'idée que plus l'enfant aura acquis pendani cette période, plus vaudra l'homme : et aussi tout l'immense effort dépensé depuis douze ans à réformer l'enseignement secondaire a-t-il consisté à enrichir et mieux ordonner des programmes d'études, qu'on impose ensuite à tous les jeunes esprits. C'est une déplorable erreur. Il peut arriver au contraire qu'en se privant d'une partie du produit qu'on pourrait tirer de la période scolaire, on regagne
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bien au delà sur le produit du travail viril. Les connaissances acquises dans l'instruclion secondaire ne sont pas comparables à la moisson d'automne, dont on consommera le grain, ce sont plutôt comme ces récoltes de printemps, qu'on fauche, qu'on retourne, épi et paille, avec la glèbe, et qui servent d'engrais pour la vraie moisson plus tardive.
Ainsi s'explique que les Anglais aient pu obtenir de si étonnants résultats avec des programmes d'études dont les trois caractères sont rinsuffîsance, l'incohérence et l'impropriété — entendez par ce dernier mot l'absence de tout rapport entre les études faites à l'école et les emplois de la vie réelle. Jeunes gens et hommes faits en Angleterre sont uniformément moins bien pourvus que les nôtres en culture générale; ils sont moins capables de parler sur tout, moins enclins à se faire l'illusion qu'ils s'entendent à tout. Ils ne savent en général qu'une seule chose, et leur culture générale, quand ils en ont une, est faite de ce qu'ils ont gagné de proche en proche en explorant les alentours de cette unique province de la science. — Mais ce qu'il y a d'étroit et de borné dans la majorité des esprits, le philistinisme des Anglais comme on l'appelle, se trouve plus que racheté par trois qualités qui sont le fruit de l'éducation décrite par M. Max Leclcrc. Ils ont généralement une grande énergie physique qui