Marion, l'Éducation dans l'Université, p
3. « It is one of the inconveniences, saicl M. T. -H. Green fifteen years ago, allaching to the présent stale of the society in England that ail questions of éducation are coniplicated ijy distinctions of class. » (Cité parAcland and Smith, p. 304.)
Tout le plan de réformes des commissaires de 1863, division des écoles secondaires en trois degrés, était fondé sur des distinctions sociales : 1° écoles aristocratiques; 2° écoles pour la bourgeoisie aisée; 3° écoles pour la petite bourgeoisie et la classe supérieure d'artisans.
4. Voy. Report Endowed Schools Commission, 188C, déposition Fearon, p. 404.
l'état actuel 3o7
ont déjà reconnu la nécessité et mesuré l'étendue du sacrifice à faire '.
En haut, les classes riches ont des écoles en nombre suffisant, indépendantes, prospères, dont le programme a été élargi, et qui sont toujours munies de maîtres excellents; en bas, l'enseignement primaire a été réorganisé à grands frais, il est largement subventionné et régulièrement contrôlé par l'État; il remplit bien le rôle qui lui est assigné. Mais, entre les deux, le désordre, le chaos, ou plutôt l'inconnu % continuent de
1. Témoin le langage du Times, organe des classes privilégiées : « It is none too soon to point ont \\ith ail possible plainness that by secondary éducation is meanl, not that wliich is beyond primary éducation as having to do wilh the cliildren of a higher grade in the scale of society, but that which is above primary éducation in the character of the subjects to be taught and in the âge and, generally speaking, the mental capacity of the scholars. A secondary scholar may, therefore, be one who has steadily worked his way through the standards of an elementary school as well as one whose parents hâve the means of sendinghim to whal must necessarily be a somewhal expensive school. » {Times, 29 décembre 1891.)
« The country is siowly making up its mind that, whatever the wealthy part of the community may do, provision of a public kind shall be made for ail Ihose in llie middle class or the working class whodemand an éducation above the elementary schools, cheap, efTeclive and close to their doors,\vith some public guarantee for its efficiency. » (Acland and Smilh, p.306.)
2. « The fact is that the whole field of intermediate and secondary éducation is at the présent time in a whoUy disorganized condition. No one knows how many of such schools there are, or in what sort of buildings Ihey are conducted, or what the qualifications are of those who conduct them, or what guarantees they ofTer for the efficiency of the éducation given, or even what the limitsare of the éducation which they profess to give. And at présent it is nobody's business to know Ihese things. HerMajesty's Government, through the Education département, know nothing of thèse schools in England, aithough the Scotch Education department is bcginning to know somelhing of similar institutions in Scotland. >• (Annual Slatement of the Chairman of the London School Board, lb92.)
3o8 L EDUCATION EX ANGLETERRE
régner; et, plus que jamais, s'impose la nécessité de suivre le conseil que Matthew Arnold ne cessa de donner à ses concitoyens pendant plus de vingt ans : « Organisez votre instruction secondaire. »
Ce qu'il y a à faire se résumerait peut-être ainsi :
1° Gréer des écoles secondaires partout où le besoin s'en fait sentir et où il n'en existe pas encore;
2" Tracer un programme d'études, très élastique, en marquant un minimum que devra atteindre toute école dite secondaire;
3° Instituer un certificat d'aptitude pédagogique, que devra posséder tout homme qui entre dans l'enseignement;
4° Établir un système d'inspection officielle, qui permettra de s'assurer, par des visites annuelles, que, dans toute école secondaire, les élèves reçoivent un enseignement conforme à leurs aptitudes et à leur âge, et dans des locaux appropriés.
Toutes ces réformes doivent être' accomplies en tenant compte, naturellement, de ce qui existe; il ne s'agit point de bâtir à grands frais un édifice complet et tout neuf, alors que telles parties sont construites déjà, ni de faire table rase pour tout réédifier; il s'agit de tirer le meilleur parti de ce qui est, en le modifiant, l'adaptant, le complétant, et de créer là où il n'y a rien.
Qui peut entreprendre une pareille tâche? L'État, et l'État seul. Mais, jusqu'à une époque toute récente, l'opinion publique n'était pas préparée à admettre l'intervention de l'État dans ces matières; elle avait si souvent entendu dire que, par le simple effet de l'initiative privée, par le jeu naturel de la loi de l'ofïre et de la demande, le pays était pourvu de toutes les
LES REFORMES PROPOSEES 3b9
écoles nécessaires et des meilleures possibles! C'est en 1892, seulement, qu'un membre du Parlement a pu écrire ' : « L'expérience des vingt-quatre dernières années a prouvé que les écoles dotées ne se réformeront pas d'elles-mêmes : l'office central existant à Londres ne peut suffire à la besogne; on ne doit pas attendre de l'esprit public local ni de l'esprit d'entreprise mercantile qu'ils comblent les vides laissés par l'absence de dotation ou par le manque d'une autorité locale responsable; en matière d'éducation secondaire, de même que, pour une large part, dans toute espèce d'éducation, c'est plutôt l'ofTre qui doit créer la demande que la demande susciter l'oft're. » En novembre 1892, un ministre de la Reine a osé dire : « Je crois que l'attitude du public est en train de devenir moins hostile à l'intervention de l'État en matière d'instruction secondaire *. »
Quelle forme donnera-t-on à l'intervention de l'État? Il ne vient à l'esprit d'aucun Anglais qu'il faille se reposer entièrement sur lui du soin d'organiser, d'entretenir et de réglementer l'enseignement secondaire. Il n'en est pas un qui soit prêt à faire le sacrifice de toutes les initiatives privées, de tous les bienfaits des associations et des groupements locaux, pour laisser à l'État toute la responsabilité. On demande à l'État, seulement, de mettre un peu d'ordre dans
1. M. James Bryce, dans l'inlrofluction qu'il a placée en tête du volume de MM. Acland el Smilh. M. J. Bryce a fait partie de la commission d'enquête de 1863.
2. <• He thouglit that the altitude of the public towards the State in this matter was becoming more friendly. »
Discours de .M. Arthur Acland, ■< vice-président of the Commitee of Council on Education », à Birmingham {Times, 8 novembre 1892).
360 L ÉDLCATION EN ANGLETERRE
l'anarchie; de coordonner l'action divergente de tant d'autorités et corporations diverses : « Gharity Commission », « Science and Art Department », conseils de comté \ conseils municipaux:, « School Boards », compagnies propriétaires, etc. ; de créer un organe central, unique, qui serait en rapports constants avec des autorités locales à qui l'on confierait le soin ou l'on imposerait le devoir d'organiser, de contrôler et, au besoin, d'entretenir les écoles secondaires. Pour cela il faut unir les trois départements, aujourd'hui séparés, de Whitehall (instruction primaire), de la Gharity Commission et de South Kensington -. II laut créer un ministère de l'instruction publique, qui ait dans ses attributions tous les degrés de l'enseignement, y compris les universités ^
On connaît l'histoire des réformes inspirées par le rapport de la Commission royale de 18G5; on sait comment M. Forster obtint que les pouvoirs de la Charity Commission seraient élargis et assouplis (1869). A la même époque, M. Forster, suivant encore les indications des commissaires royaux, avait déposé un autre bill relatif à l'inspection des écoles dotées et au certificat d'aptitude à l'enseignement secondaire. Mais ce bill, faute de temps, a dû être abandonné.
Pendant les six dernières années que lord Salisbury
1. Par le Ctt.^-tnm.'^ and Excixe {Local Taxation) Act de 1800 f|ui mil annuellement à leur disposition une somme de '00 000 livres, les conseils de comté sont devenus, dès leur naissance et d'un coup, des autorités scolaires plus puissantes par leurs ressources que toutes les écoles dotées réunies : on évalue en eiïet à 400 000 livres seulement les dotations appliquées à l'enseignement secondaire.