LES RÉFORMES PROPOSÉES
vient de passer au pouvoir, on ne pouvait guère attendre de ses collaborateurs, lord Cranbrook et sir William Hart Dyke, une solution à ces questions. Leur parti a toujours été conservateur, surtout en matière d'éducation. Lorsqu'on mai 1888, M. Acland ayant soulevé aux Communes la question de l'instruction secondaire, M. John Morley démontra la nécessité de créer enfm un véritable ministre de l'instruction publique, et d'exiger de tous ceux qui embrassent la profession de l'enseignement, des garanties analogues à celles qui sont exigées pour l'exercice de la médecine, Sir W. Hart Dyke répondit, au nom du gouvernement tory, par une défaite polie; tout au plus M. W. H. Smith reconnut-il la nécessité d'organiser l'inspection des écoles dotées. Un mois plus tard, lord Salisbury déclarait, à Mansion House, que l'État n'interviendrait pas pour soutenir de ses deniers les écoles secondaires '.
Le 8 avril 1892, lord Cranbrook recevait une députation des chambres de commerce, qui venait demander au gouvernement de réorganiser l'instruction secondaire; il répondit aux délégués « qu'il n'était pas tout à fait sûr que le peuple anglais désirât que cette tâche fût entreprise par l'État. »
Mais les libéraux travaillaient ; ils répandaient leurs idées dans le pays et les poussaient au Parlement. On connaît l'histoire du Tcchnical Education Act; on sait comment ils trouvèrent des ressources pour l'accomplissement de cette grande réforme. Ils ont fait admettre par la Commission du Teachers liegis-
^. Journal of Education, June i, et Jiily 1, 1S88.
« I will not intimale Ihat secondary educa'.ion will be a malter Ihat the Slate will hâve lo support or which taxes will hâve to support. •
l'éducation en ANGLETERRE. 21
362 LEDUCATION EN ANGLETERRE
tration Bill ce principe que les maîtres de toutes les écoles dotées devront offrir des garanties de capacité, et que, plus tard, les mêmes garanties seraient exigées de tous les maîtres enseignant dans toutes les écoles secondaires, dotées ou non.
Enfin, M. Arthur Acland a déposé, en juin 1892, au Parlement, un bill relatif à l'organisation de l'éducation secondaire ^ ; ce bill a pour but de donner aux conseils de comté le droit d'organiser l'enseignement secondaire : à cet effet, ces conseils sont autorisés à lever un « 1/2 penny rate » — comme cela se pratique déjà dans le Pays de Galles — et à augmenter les sommes ainsi recueillies par un prélèvement sur les fonds disponibles par suite du Custon)s and Excise {Local Taxation) Act, 1890, pour créer des écoles ou aider, s'il est besoin, toutes les écoles ou institutions existantes. Ce bill accorde, en outre, au conseil de comté le droit de réformer les endovjments de son district, et organise un ensemble de mesures destinées à transférer, peu à peu, au conseil de comté l'administration des endoivments constitués par les Charity Commissioners.
Dans l'esprit de cette loi, l'État reste à l'écart; il n'intervient que de loin : il laisse aux autorités locales, mieux placées que lui pour juger des nécessités particulières, le soin d'organiser, dans les détails, le système dont il trace les grandes lignes.
Les auteurs du projet ont été modestes : ils présen-
1. Ce bill, déposé au nom de la « National Association for the promotion of technical and secondary éducation », est signé, en outre, par sir Henry Roscoe et M. Henry Hobhouse.
Il a été repris et déposé de nouveau, en 1893, par sir Henry Roscoe.