LES REFORMES PROPOSÉES
tent leur loi comme une simple extension du Tcchnical Education Act; au fond, ils espèrent que, si cette réforme aboutit, elle pourra être complétée, que les comtés se grouperont par provinces, comme déjà pour l'instruction technique, que, de la sorte, les inconvénients de l'organisation purement locale seront neutralisés, et qu'un jour l'État trouvera, pour l'aider dans une tâche plus haute, quelques larges corporations provinciales, riches d'expérience et d'autorité : il sera temps, alors, d'entreprendre la coordination de l'ensemble, de dégager, après enquêtes sur tous les points du territoire, quelques lignes générales, et de rechercher s'il n'est pas de Tintérèt de tous que les autorités locales se dessaisissent, au profit de l'État, de quelques-unes des attributions essentielles : l'État tracerait, en gros, les programmes, organiserait l'inspection périodique des écoles, et réglementerait la profession de l'enseignement.
La plupart des hommes qui ont conçu ce plan, MM. John Morley, James Bryce, Arthur Aciand, font aujourd'hui partie du cabinet, et ils n'ont pas oublié au pouvoir ce qu'ils avaient réclamé dans l'opposition. Sur la proposition de l'un d'eux, M. Arthur Aciand, qui est vice-président du « Committee of Council on Education », une commission royale a été nommée le 1" mars 1894 « à l'effet de rechercher quelles sont les meilleures méthodes pour établir en Angleterre un système d'éducation secondaire bien organisé, en prenant garde aux insuffisances actuelles et en tenant compte de toutes les ressources locales (dotations, etc.) disponibles ou pouvant être rendues disponibles à cette fin. » La commission devra rédiger des c( recommandations. » La présidence est confiée à
M. James Bryce ', chancelier du duché de Lancastre, qui fut un des plus actifs collaborateurs de la commission de 18G5 et qui, depuis, n'a cessé de suivre les questions d'éducation. Dans cette commission, à côté des représentants des universités, — le professeur Jowett, sir Henry Roscoe et M. Michael-E. Sadler, l'un des principaux organisateurs de ïFxlension, — figurent trois représentants de l'enseignement primaire et des schoolboards^ trois représentants des conseils de comté, deux headmaslers d'écoles secondaires dont le D"" Wormell, un député ouvrier, M. Fenwick, et trois femmes , lady Frederick Cavendish , Mrs Henry Sidgwick, directrice de Newnham Collège à Cambridge, et Mrs Bryant, docteur es sciences, professeur dans une école secondaire de jeunes filles. De la composition de la commission nous pouvons induire ses tendances probables : les choix de M. Acland ont été faits dans un esprit très différent de celui qui animait les gouvernants de 1862 et 1865. Les grandes écoles aristocratiques qui eurent, à elles seules, les honneurs de la première enquête ne sont même pas représentées dans la commission Bryce. Ce seul détail nous donne la mesure des progrès de la démocratie en trente ans.
Arrivé au terme de notre enquête, T'impression d'ensemble qui reste est assez confuse. Nous ne savons
1. On sait que M. James Bryce fut pendant plus de douze ans professeur de droit romain à runiversilé d'Oxford, et qu'il est l'auteur de savants livres ; le Saint Empire romai?i cjennaniqiic et VEmpire d'Allemagne (trad. fr., A. Colin, éditeur); — the American Commonwealth, etc.