‹ L'éducation des classes moyennes et dirigeantes en AngleterreChapitre 12 sur 109 · AVANT-PROPOS. • XIX · texte numérisé non relu

AVANT-PROPOS. • XIX

leur rend savoureuses l'activité soutenue et la peine. Ils ont un extraordinaire ressort moral qui les rend capables d'entreprendre après coup une longue étude, voire même une seconde éducation, et de ne jamais dire : « il est trop tard, » Ils n'ont pas l'illusion que nous donnent trop souvent nos programmes trop complets, nos examens trop encyclopédiques, qu'une telle entreprise serait l'aveu humiliant d'une instruction manquée. Enfin — c'est la compensation pour l'insuffisance des programmes, — leur intelligence n'a pas été sollicitée dans tous les sens comme chez nous par toutes sortes d'études qui se disputent et émiettent le temps de la période scolaire; elle ne s'est pas alîadie à goûter un peu de tout. Elle garde le plus souvent une fraîcheur de curiosité, une intégrité de vocation qui nous étonnent, et elle embrasse les choses vierges avec une ardeur candide et féconde. Yoilà la clef de cette contradiction apparente : des écoles plus que médiocres et en regard une admirable efflorescence littéraire, une prodigieuse expansion industrielle et scientifique. M. Max Leclerc doit être remercié pour avoir apporté de nouvelles preuves d'une vérité pédagogique trop souvent méconnue.

E. BoUTMY.

Paris, 3 mai 1894.

dos classes m oyennes et clirig^eantes

Page 1