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dans les pensionnaires qu'ils prennent sous leur toit. Ces maîtres, ayant tous passé par les Universités, ont fait de solides études classiques, mais purement classiques. Celui qui réussit dans son double rôle d'instructeur et d'éducateur, a devant lui, s'il est clergyman, un avenir illimité : il peut devenir headmaster et la retraite qui l'altend est un évèché.
La culture des esprits et le gouvernement des caractères sont confiés au même homme, à la fois maitre enseignant et tuteur, îu locu parenliti. S'il y a400élèves dans l'école, ils sont répartis par fractions de 40 : 10 maîtres les reçoivent à leur arrivée pour les suivre jusqu'au bout, les logent, les nourrissent, les dirigent dans leurs études et dans toute leur vie. L'âme et l'intelligence de l'enfant sont à la charge du tulor^ qui reste le même, à travers les changements de classes, pendant tout le temps que l'enfant passe à l'école.
Les 'publie schools sont presque toutes situées à la campagne ou tout près : une grande liberté peut être laissée aux enfants, et le tulorial system, qui suppose de grands espaces, des maisons groupées autour de l'école, peut être pratiqué sans difficulté.
En 1861, les neuf public schools sur lesquelles a porté l'enquête de la commission, comptaient en tout !2696 élèves de huit à dix-neuf ans. En 1867, Eton avait 800 élèves (c'était de beaucoup l'école la plus nombreuse et l'on trouvait ce chiffre excessif] ; Harrow 520, Rugby 425, et les autres de 150 à 200 chacune.
1. « S'il y a un principe d'éducation dont je sois sûr, disait un maître de public schools devant la Commission de lord Clarendon, c'est celui-ci : personne ne doit être chargé de gouverner les enfants à moins qu'il ne les instruise. » — Les maîtres-répétiteurs, les surveillants sont inconnus dans les écoles anglaises.
Le prix de la pension (frais d'entretien et d'études) est élevé : pour Eton jamais inférieur à 5000 francs; à Harrow, variant de 3500 à 5000. Dans les autres écoles, il peut être de 2500 à 3000. Et il faut ajouter une foule de frais accessoires. Comment des « écoles de cliarité », richement dotées par leurs fondateurs, en sont-elles arrivées à faire payer aussi cher l'éducation qu'elles donnent? Les classes dirigeantes se sont peu à peu insinuées dans les places de trustées des plus célèbres grammar scltools; puis, en vertu de leur droit de nomination et de gestion, elles ont peuplé de leurs fils et des fils de leurs clients ces écoles qu'elles administraient dans un intérêt aristocratique. Le succès, la mode et le snobisme aidant, les public schoo/s furent très recherchées; il y eut, entre les riches, — gentlemen authentiques et gros marchands, — une véritable surenchère; c'était à qui obtiendrait de faire élever ses fils dans ces écoles de bon ton : les offres étant d'ailleurs limitées et les demandes très nombreuses, les prix montèrent.
Cependant il restait partout un certain nombre de places gratuites à pourvoir, celles de boursiers {scho- Za)',><, coUegers, foundationers). C'est pour eux qu'à l'origine la grammar school fut fondée. Aux yeux de la loi, ils en forment la partie essentielle. La situation légale du headmaslcr d'Eton — qui a un traitement de 115 000 francs — est celle d'un instituteur de 70 enfants indigents. Le hcadmaster de Harrow, avec ses 100000 francs de traitement annuel, n'est aussi que le maître d'une classe de grammaire fondée dans un village suburbain en faveur des enfants du voisinage. En 1862, au moment de l'enquête, les titulaires des bourses sont désignés par les patrons de
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l'école, les trustées, et ce système donne lieu à des abus qui le condamnent.
La commission constate que, si le régime intérieur, la discipline, les exercices physiques forment des tempéraments énergiques et des caractères indépendants, la plus grande partie du temps et des efforts est dépensée à obtenir ce résultat; la religion occupe une place exagérée ; l'enseignement est resté purement classique, presque impénétrable aux influences modernes ; la langue maternelle et même l'orthographe sont négligées, tandis que fleurissent les vers grecs et les vers latins; les langues vivantes sont dédaignées, l'histoire nationale enseignée au hasard et par bribes, et la géographie ignorée; Euclide est en honneur, et les sciences physiques en mépris. La machine fonctionne de telle sorte que ses produits sont, pour une élite, extrêmement brillants et, pour la masse, ternes '.
1. Mallhew ArnoM, ruii des membres de la commission, pensait n l'élite seulement quand il écrivait : « Toutes ces écoles, les public schools, offraient des garanties et étaient incontestablement les meilleures écoles secondaires du pays : elles faisaient de très bonne besogne. » {The Rcign of Queen Victoria, II, 272.)
En 1S67, le Rév. A.-W. Farrar, alors maître à Harrow, portait sur l'œuvre des public schools un jugement singulièrement moins optimiste : c'était, il est vrai, dans une brochure de combat :
« Nous avons poussé notre admiration pour les exercices athlétiques jusqu'à l'extravagance : les suites ont été désastreuses. Nous voyons journellement des élèves prêts à sacrifier tout au cricket; ils y dépensent un si grand nombre d'heures et une telle somme d'enthousiasme, qu'après cela il ne reste guère pour le travail... Comment s'étonner alors qu'on rende cette manie de » muscularité » responsable des misérables résu tats que nous obtenons dans le domaine de l'intelligence?... Je suis obligé d'avouer que notre présent système d'éducation, exclusivement classique, daus son ensemble et pratiqué comme nous le pratiquons, est un fiasco... »
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L'enquête menée en 1862 par la commission de lord Glarendon ne portait que sur neuf écoles aristocratiques : elle n'intéressait que les classes dirigeantes. Il était naturel que l'immense majorité des classes moyennes réclamât une enquête plus générale. Quelle était la situation de toutes les autres g^^ammar schools, des écoles dotées? A quoi étaient employées leurs dotations? Ces écoles remplissaient-elles toujours la fonction que leurs fondateurs leur avaient assignée?
En 1865, il était impossible de répondre à ces questions ; personne n'eût pu dire, avec un semblant d'exactitude, comment, en Angleterre, se faisait l'éducation des classes moyennes, comment était rempli le vaste intervalle qui sépare la 2^uhUc scliool de l'école primaire. L'État étant toujours resté étranger à tout ce qui concernait l'instruction secondaire, personne dans l'État n'avait qualité pour exprimer une opinion en connaissance de cause. On adopta le même procédé qu'en 1862 pour les public scliools. Une commission fut instituée en 1865; son président, lord Taunton, fut entouré d'hommes laborieux et distingués '.
Le rapport de cette commission, comprenant 21 volumes, parut au cours des années 1867 et 1868. Nous en donnons une analyse :
En 1865, il existe 3000 écoles dotées ou dotations pour des écoles, datant, pour la plupart, d'avant 1800. Peu de localités comptant au moins 2000 habitants n'ont pas reçu une libéralité de ce genre; mais un très grand nombre de ces fondations sont insignifiantes.
1. Le D' Temple, aujourd'hui cvèque de Londres: M.\L Thomas Acland, aujourd'liiii sir Thomas Aclaiid, James Bryce, aujourd'hui membre du cabinet libéral; Fitch, Fearon, MaLlhew Arnold, etc.
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L'enquête a porté sur 782 écoles du type grammar sclwol. Un certain nombre ont dégénéré et ne donnent plus qu'une instruction primaire : sur 255 000 enfants qui, en 1865, devraient recevoir une instruction secondaire, 37 000 seulement fréquentent les grammar scJwols. Les autres, ajoute le rapport, sont élevés ou dans les écoles privées, ou dans leur famille, ou pas du tout.
Le revenu brut annuel de toutes les écoles dotées, qui représente en quelque sorte le budget de l'enseignement secondaire, est de 336 200 livres sterling; il faut ajouter les bourses représentant un revenu annuel de 14 264 livres sterling. Les neuf public scJiools examinées par la commission de lord Clarendon ont, à elles seules, un revenu de 84185 livres, plus 8296 livres en bourses. Ces dotations diverses sont très inégalement réparties sur la surface du pays; le revenu net de toutes les écoles dotées de Gornouailles ne dépasse pas 400 livres, tandis que, dans la plupart des comtés, il varie entre 1000 et 4000 livres; dans le Lincolnshire il monte à 7000, et dans le Lancashire à
La commission a réparti les écoles en trois classes ou degrés, suivant la durée et l'étendue de leur enseignement et, en somme, suivant la classe de la société à laquelle appartient leur clientèle : écoles du 1" degré, où l'éducation s'achève à dix-luiit ans; — écoles du 2'' degré, qui gardent les élevés jusqu'à seize ans; — écoles du 3- degré, qui ne les gardent que jusqu'à quatorze.
Les écoles sont administrées par des comités composés des éléments les plus divers : hauts fonctionnaires; noblesse et gentrg du comté; notables de la
localité; tous les habitants delà paroisse en assemblée; le curé et son conseil de fabrique; le maire et la corporation municipale; une corporation de la cité de Londres; l'héritier du fondateur et le propriétaire d'un certain manoir, etc.
Les exemples d'accaparement par une classe ou une secte ne sont pas rares. A Birmingham, ville essentiellement dissidente, le clergé anglican s'est emparé par surprise du conseil de la grammar sclwol : il a exclu de l'école les enfants des dissidents. Les règlements intérieurs sont presque toujours rédigés dans l'intérêt exclusif de la religion établie. Dans une ville du Lancashire, le maire, un dissident, rend, au cours de sa magistrature temporaire, les plus grands services à l'école, dont il est administrateur ex ofjicio. Ses fonctions de maire cessant, il faut renoncer à le conserver comme administrateur de l'école, quelque désir et quelque besoin qu'on en ait, une clause formelle excluant les dissidents. Autre inégalité dont souffrent les dissidents, cependant fort nombreux dans les classes moyennes : les meilleures places de maîtres et headmasters dans les écoles sont réservées aux clergymen, anglicans bien entendu.
Les cas de mauvaise gestion par les trustées sont nombreux. Tantôt des membres de la r/entrij, qui ont accepté ces fonctions dans la petite ville voisine de leurs terres, n'assistent au conseil qu'une fois tous les cinq ans. Tantôt la ville, qui possède l'école dotée, a pris, grâce à l'industrie, un si grand et si rapide développement que toute l'activité de ses citoyens a été consacrée aux affaires, à la production, et que l'instruction a été tout à fait négligée : la grammar school^ qui datait de l'époque où la ville n'était qu'une grande
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commune agricole, est tombée très bas sans que personne s'en soit inquiété '.
A l'entrée de la grammar school l'examen, indispensable pour maintenir un niveau lionorable, est devenu trop souvent une simple formalité; d'ailleurs, les trustées mésusent généralement de leur droit de nomination aux bourses : l'école tombe peu à peu au rang d'une école primaire.
Écoles du premier degré. — Leur clientèle se divise en deux parties. L'une est la même élite qui peuple les j^ublic schools : aristocratie de la naissance et de la fortune. L'autre vient des familles plus modestes, où l'on attache du prix aune bonne éducation : fils de clergymen, de médecins, d'hommes de loi, enfants de la genirij sans grande fortune.
Écoles du second degré. — Certains pères auraient le moyen de laisser leurs fils deux ans de plus à l'école, mais ils les retirent à seize ans de la grammar school parce que l'éducation s'y traîne dans l'ornière classique : on va chercher ailleurs l'enseignement exigé pour être officier, médecin, avocat, ingénieur. D'autres parents au contraire sont obligés de retirer les enfants à seize ans parce qu'ils ne peuvent subvenir à une éducation plus longue.
1. « Dans la partie la plus misérable de la grande el grandissante ville nianufaelurière d'Oldliam (12 OOU habitants), raconte M. James Bryce, je découvris une gvammur school : dans une salle lugubre, infecte, un instituteur, fort ignorant d'ailleurs, écoutait une douzaine d'enfants malpropres, dont le plus âgé n'avait pas dix ans, et qui lisaient dans un livre élémentaire. Ils lisaient très mal... Depuis des années, personne ne s'était occupé de cette école, et de la situation respectable qu'elle occupait vingt ou trente ans auparavant, elle était tombée à cet état de dégradation inouïe. Plusieurs des trustées n'habitaient plus la ville; les autres étaient tout entiers à leurs affaires. »
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Écoles du troisième degré. — Elles sont fréquentées par les fils des petits fermiers, des petits commerçants, de quelques artisans.
Presque toutes ces écoles, voulant imiter les public schools, sont restées étroitement attachées aux traditions classiques. Leur ambition dominante est toujours de préparer pour Oxford et Cambridge. Mais, tandis qu'elles se cantonnaient dans ces limites étroites, les idées se renouvelaient, les nécessités de la vie moderne devenaient plus pressantes, et les classes moyennes s'éloignaient de ces écoles qui ne répondaient plus à leurs besoins réels.
Les écoles privées recueillent tout ce qui ne va pas •à l'école primaire, à la grammar scitool, à la puhlic school, c'est-à-dire la majorité des enfants des classes moyennes. Les écoles privées pullulent. L'enseignement est libre en Angleterre : pour ouvrir un cabaret ou une salle de concert, il faut demander une licence; pour tenir une école il n'est pas nécessaire de savoir lire ni écrire, il suffit d'en avoir la prétention. Un entrepreneur de transports dégoûté du métier, un brocanteur failli, un épicier en déconfiture peuvent, du jour au lendemain, appliquer sur leur porte fécriteau : « École supérieure pour fils de gentlemen », personne n'y pourra trouver à redire. Les petits boutiquiers sans défiance tombent dans le piège tendu à leur vanité et envoient leurs fils à ces singulières écoles de gentlemen. Toutes les écoles privées ne sont pas aussi ridicules : il en est d'excellentes, en petit nombre; quelques-unes sont bonnes, d'autres médiocres et l'immense majorité mauvaises. Le petit fermier, le petit commerçant, l'employé, qui ne peuvent laisser leur fils à l'école après quatorze ans, se gardent
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bien de l'envoyer à la grammar school, où Ton n'enseigne que le grec et le latin : c'est une instruction utilitaire, pratique qu'ils veulent. Ils se tournent vers ceux qui la leur offrent, c'est-à-dire trop souvent vers les aventuriers des écoles privées. Sous ce régime de libre concurrence appliquée à l'éducation, les profits vont malheureusement au charlatan.
D'autres écoles sont l'œuvre non plus d'un homme, mais d'une société d'actionnaires : les proprietary schools. Elles sont en bonne place dans l'estime pu- Ijlique. Ni les public bchoots, ni même les grammar schools ne se décidaient à renouveler le programme, la méthode et l'esprit de leur enseignement; il devenait pourtant de plus en plus nécessaire de se bien armer pour la concurrence sur le marché du monde : quelques membres éclairés de la bourgeoisie s'associèrent pour fonder, à leurs frais, des écoles donnant plus de garanties que les écoles privées, et une éducation plus appropriée à leurs besoins que les i^ublic schools. Par des sociétés d'actionnaires, l'alïaire fut montée commercialement. L'origine de cette entreprise est dans le mouvement libéral de 1825. Un certain nombre de ces écoles ont disparu, d'autres subsistent, florissantes. Quelques-unes, comme Marlborough, Cheltenham et Clifton, ont pris rang à côté des vieilles public schools.
Les proprietary schools ont introduit dans leurs programmes les sciences physiques et naturelles, les langues vivantes; elles préparent directement aux écoles militaires et aux concours pour le service civil de la métropole et de l'Inde; elles ont su maintenir le niveau des études classiques puisqu'elles envoient aux universités des étudiants qui se distinguent. Il s'en faut que toutes se soient élevées aussi haut. Dans les grands
centres manufacturiers, les écoles de ce genre ont trop souvent porté la peine de leur origine purement utilitaire. Elles n'ont pu secouer, dans les moments décisifs, l'influence des actionnaires qui préféraient l'enseignement technique à la culture générale. De là des insuccès.
L'un des commissaires enquêteurs résume les résultats de l'enquête et les conclusions de la commission :
(( Les écoles étaient insuffisantes en nombre, dit M. James Bryce '. Elles n'étaient pas situées là où l'on en avait besoin; dans certains districts elles étaient trop nombreuses, tandis que d'autres régions plus peuplées étaient dépourvues *. L'instruction était souvent de médiocre qualité, et il n'existait guère de rapports organiques, soit entre les différents degrés d'écoles secondaires, soit entre les écoles secondaires prises ensemble, d'une part, et les établissements d'enseignement primaire ou supérieur,- de l'autre.
(( Les écoles dotées, négligées dans bien des cas.
1. Dans l'introduction qu'il a écrite pour un volume publié par MM. Arthur H.-D. Acland et H.-Ll. Smilh, Sfudies in Sccondanj Education. London, 1S92. — ■ C'est, à notre connaissance, le seul ouvrage anglais oîi l'on ait tenté d'esquisser un tableau de l'instruction secondaire en Angleterre.
2. Ainsi, dans le district métro[)olitain, toute une région peuplée de I 726 989 habitnnis était dénuée de toute espèce de l'ondalion. Dans tout le district métropolitain, comprenant 3 millions d'habitants, il y avait 26 écoles dotées, comptant 3000 élèves. Dans les n districts agricoles, si l'on admet avec la commission que 10 enfants par 1000 habitants doivent recevoir l'instruction secondaire, il aurait fallu des écoles pour '0 000 enfants. Or, les écoles dotées de ces S districts ne réunissaient que 1' S30 élèves. Dans les 3 districts manufacturiers, sur une proportion de 70 000 enfants. 13 000 seulement étaient élevés dans des r/rainmar aciwols.
l'enseignement secondaire en 1868 19
étaient devenues inutiles. Les maîtres nonchalants, les trustées indifïérents, le public n'ayant pas voix au chapitre, tous se désintéressaient de la bonne gestion de la fondation. Ajoutez que l'exclusivisme religieux avait accru le mal, tantôt en rendant l'école impopulaire, tantôt même en excluant toute une catégorie de citoyens. Les moyens dont le pouvoir central disposait pour surveiller ou réformer, étaient lents, coûteux et si encombrés de formalités légales, qu'ils étaient totalement inefficaces.
« Les proprictanj schools, quoique répondant mieux aux besoins des villes où elles avaient été fondées, étaient trop peu nombreuses pour modifier d'une façon sensible l'insuffisance constatée. Elles n'augmentèrent pas en nombre et, dépourvues de dotations, elles se trouvaient le plus souvent dans l'impossibilité d'améliorer leur enseignement.
(( Les écoles privées... n'étaient jamais meilleures que les écoles dotées, — sinon pires; leurs maîtres étaient fréquemment incapables et, souvent même, positivement illettrés; leur enseignement, à part quelques exceptions, pauvre et superficiel. Ces écoles se disaient pratiques, pour attirer surtout la clientèle des commerçants, mais, devenues étroitement « commerciales », elles n'en préparaient pas mieux leurs élèves aux travaux de la vie réelle...
{( En résumé, l'on peut dire que, en 1868, l'éducation secondaire, en Angleterre, était :
« 1" Insuffisante en quantité ' ;
1. Mallhew Arnold, dans le rapport spécial qu'il a fail sur la France pour la Commission de 1865, dit ceci :
« Assurément bon nombre de nos écoles dotées n'arrivent pas au niveau d'un collège communal français; eh bien, même en
« '2° Médiocre en qualité;
(( 3° Sans rapport organique, d'une part, avec renseignement supérieur, de l'autre, avec l'enseignement primaire. »
La Commission formula, en 1867, ses propositions. Après avoir recherché et critiqué ce qui existe, elle trace un programme de réformes.
Dans les écoles du premier degré, il faut élargir et rajeunir les programmes; sans détrôner les classiques, on peut donner droit de cité aux sciences naturelles, aux langues modernes et développer les mathématiques. Quelques « écoles modernes », récemment fondées, où Ton a fait une large part aux matières dédaignées, ont eu un grand succès; il faut en créer de nouvelles. Une partie de la clientèle désire vivement que l'éducation de ses enfants lui impose de moins lourds sacriiices, mais elle ne voudrait pas, cependant, que le prestige fût en rien diminué. Elle sent le besoin d'une préparation plus directe à la vie pratique, mais elle n'ose toucher aux classiques tant que l'aristocratie n'a pas donné le signal.
Les écoles du second degré sont peu fréquentées parce qu'elles ne répondent plus aux besoins de leur clientèle. La petite bourgeoisie ne se soucie guère du latin ou du grec, et l'on néglige les choses indispensables à ses yeux : larithmétique, l'orthographe, l'écriture, la langue maternelle. Ses enfants n'iront pas à l'université. Elle ne comprend pas qu'on s'obstine
lijiir accordant la parité et en ajoutant la population de toutes les écoles dotées à celle des 9 grandes public sc/tools, j'arrive au chitlVe de 16 000 élèves pour l'enseignement secondaire public en Angleterre, auquel il faut opposer les 66 000 lycéens et collégiens français. »