ÉDUCATION INTELLECTUELLE
vers grecs et latins est absolument extravagante; tous les ans je vois des élèves de dix-huit et dix-neuf ans qui ont travaillé dix ans la prosodie et la versification sous la direction de maîtres consciencieux et savants, et qui, au bout du compte, sont incapables de produire une seule ligne qui ne soit pas d'une incorrection flagrante et d'ailleurs parfaitement absurde pour tout homme sensé. »
En 1883, un maître excellent déplorait encore l'abus du vers latin, « l'un des exercices scolaires les plus ennuyeux, mécaniques et inutiles '. »
Thomas Arnold avait été l'un des premiers à vivifier l'enseignement des classiques : les explications d'auteurs lui fournirent matière à des digressions lith'raircs, morales ou historiques ; le maître saisissait toutes les occasions offertes par le texte. C'est aussi Arnold qui établit les mathématiques, l'histoire moderne et les langues vivantes dans le programme d'études -. Mais il ne fut suivi que de très loin. La langue maternelle, l'histoire nationale et les sciences sont restées dans l'ombre jusqu'à une époque toute récente. Encore aujourd'hui il n'entre pas dans l'esprit d'un pédagogue anglais que l'étude des maîtres écrivains de l'Angleterre puisse, à aucun moment, servir de complément natur'el et nécessaire à celle des anciens; que l'histoire de la littérature nationale puisse être aussi utile et sans doute plus captivante que celle des littératures grecque ou latine. La langue maternelle est enseignée à l'enfant entre huit et douze ans, avant lapiiblic scJiool; c'est une étude définitive et sur