LES ÉCOLES I<RIVÉES
Autant que je puis juger au cours d'une visiterapide, l'enseignement ne parait pas être d'une qualité très relevée. Les programmes, trop ambitieux, embrassent une foule de matières, indiquées d'ailleurs en termes très vagues et que l'on n'a pas le temps d'approfondir. Les élèves appartiennent à la même classe sociale que ceux de Cowper Street. Mais les parents, n'étant ni soutenus ni encouragés, ayant affaire à un industriel qui n'ose pas résister aux préjugés de sa clientèle, considèrent les frais d'école comme un pénible sacrifice qu'il faut prolonger le moins longtemps possible. De son côté le directeur, en homme d'affaires, cherche à réaliser tous les bénélices que la clientèle peut rendre. Il n'a que très peu de maîtres pour l'aider; il les paie mal. On est frappé du manque de recueillement des classes et du peu d'élévation de l'enseignement. Que dire de la façon mécanique et grossière dont on gave les élèves? Voici, par exemple, une classe de langues vivantes; de grands garçons de quinze à seize ans passent leur temps à répéter quelques mots en chœur, machinalement. Le maître est un pauvre diable à tout faire, qui gagne sa vie comme il peut, s'aidant de manuels et tournant la meule tristement tout le long du jour.
X... Park Collège compte « parmi les meilleurs. » Il y a pis en effet. Combien d'écoles privées dont le directeur-propriétaire, commerçant de mauvaise foi, trompe effrontément ses clients sur la qualité de la marchandise vendue? Les exemples ne manquent point. Je n'en citerai qu'un et de date récente : Un père de famille vient trouver le headmaster d'une grande public school qui a refusé d'admettre son fds
âgé de seize ans, et lui demande la cause de ce refus : « Votre fils a seize ans déjà et il ne remplit pas les conditions requises, répond le lieadmaster. Nous l'avons examiné; son écriture est très mauvaise; il est nul en arithmétique; sous le nom de thème latin, il nous a remis un charabia informe, mélange de bribes de latin et de français; en un mot, il ne sait rien. » Le père exhibe alors un certificat, magnifiquement enluminé, attestant que son fils, après avoir passé plusieurs années dans l'école privée de..., en est sorti parfaitement préparé sur tous les sujets. Le père, fonctionnaire dans l'Inde, a vécu au loin jusqu'alors, il ne connaît que ce témoignage, il y ajoute foi ; il ne se doute même pas que tout, jusqu'aux lettres que lui écrivait son fils, était falsifié. La sentence motivée du hcadmaster est pour lui une révélation subite.
Combien d'écoles vivent ainsi en spéculant sur la naïveté, l'insouciance ou les illusions des parents! Les écoles privées sont aujourd'hui moins nombreus ;s qu'autrefois; celles qui ne donnaient qu'une instruction élémentaire ont été tuées par les écoles publiques primaires depuis 1870; les autres fleurissent encore dans les districts dépourvus d'écoles secondaires ayant un caractère public quelconque (endowed svhools^proprietary schools). Quand elles ne sont pas tout à fait mauvaises, ces écoles, en comblant un vide, remplissent une fonction utile.
Nous avons décrit quelques types d'écoles secondaires à l'usage de la Métroiiolis et du district environnant. Nous n'entreprendrons pas de passer en revue