‹ L'éducation des classes moyennes et dirigeantes en AngleterreChapitre 52 sur 109 · Juin · texte numérisé non relu

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véritables palais où la pierre et le marbre sont mariés à la terre cuite, à la faïence et au fer forgé. C'est un défilé de somptueux entrepôts, où les puissants et les heureux ont mis tout leur orgueil; tel le luxe mercantile des grandes cités commerciales aux États-Unis, Wall Street à New- York, Lasalle Street à Chicago, Chestnut Street à Philadelphie. Dans les rues, des réclames énormes aux couleurs hurlantes, des étalages à bon marché tirent l'œil; mais, nulle part, des traînées de misérables n'encombrent les trottoirs comme à Liverpool. Au centre, un peuple afl'airé de négociants, de courtiers, d'employés, depuis le millionnaire jusqu'au saute ruisseau, roule comme un torrent à deux courants contraires et parallèles; une énorme circulation de voitures porte des tissus de toutes sortes, qui vont s'entasser dans les caves des palais de marbre et de granit.

Manchester Grammar School , fondée sous Henri VIII, et l'une des trois plus grandes d'Angleterre, est installée dans un énorme bâtiment d'une assez belle ordonnance, au centre des vieux quartiers; elle a dû être agrandie, dans les dernières années, de deux ailes qui chacune ont coûté 50 000 lives sterling; ces deux millions et demi de francs ont été réunis, à Manchester même, par souscription publique.

Sur 800 élèves, tous externes, un tiers seulement habitent la ville; les autres viennent des environs, quelquefois de 30 et 40 milles à la ronde. Mancliester «st entourée de cités industrielles comme Ashtonunder-Lyne, Oldham, Rochdale, qui comptent 50 000, 80000 et jusqu'à 150 000 habitants et sont dépourvues d'écoles secondaires convenables. Ces enfants font chaque jour un long voyage et passent en chemin de

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fer, au grand détriment de leur santé, tout le temps qu'ils devraient consacrer aux jeux de plein air.

L'école est fréquentée surtout par la petite et la moyenne bourgeoisie : les riches marchands envoient leurs fds dans les public schools. Un grand nombre des élèves de la granimar schooi viennent des écoles primaires. Ils sont, paraît-il, fort mal préparés. Il semble que les écoles primaires soient moins bonnes à Manchester qu'à Birmingham ou à Londres.

La graminar achool dispose, chaque année, d'une cinquantaine de bourses mises au concours ; elle compte ainsi (1890) 160 boursiers sur 800 élèves. Ces bourses sont prélevées sur les revenus d'un fonds de 25 000 livres, spécialement affecté à cet objet. 300 à 400 candidats se présentent chaque année : ils appartiennent aux écoles primaires publiques ou aux écoles privées de la ville et de la région environnante. Malgré le nombre des concurrents, le concours est peu élevé : sur les 300 ou 400 candidats on n'en trouve pas toujours 50 qui tous méritent vraiment d'être admis. Aussi sur 160 boursiers de l'école, 30 ne font pas de progrès sérieux, soit parce qu'ils n'ont pas reçu une préparation suffisante, soit parce qu'ils manquent d'ardeur.

L'école est partagée en deux divisions, classique, moderne. La division classique compte 300 élèves. Chaque année une douzaine obtiennent des bourses pour continuer leurs études à Oxford ou à Cambridge. D'autres en petit nombre étudient le droit ou la médecine; la plupart entrent dans les affaires. La division moderne, qui est, en réalité, une division commerciale, — on n'y enseigne point le latin, — comprend 450 élèves. Deux classes supérieures et spéciales, l'une « scien-

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tifique )) — pour la chimie principalement — l'autre « mathématique » — où vont quelques-uns des élèves modernes ou classiques qui poussent leurs études mathématiques en vue des concours universitaires, ou se préparent à l'industrie, — comprennent une cinquantaine d'élèves.

La grammar school a beaucoup de peine à trouver de bons maîtres, et non moins de mal à les retenir. Elle n'a pas le moyen de les payer. Les mieux rétribués ont un traitement de 330 à 400 livres, et la moyenne des traitements est de 250 livres.

Les sommes énormes recueillies pour la grammar school ont été abandonnées aux arcliitectes : les millions engloutis dans une bâtisse imposante, rien n'est resté pour payer de bons maîtres. Ces hommes d'affaires, volontiers généreux, n'auraient jamais l'idée, pour leur négoce, de dépenser tout leur capital en installation, sans conserver un fonds de roulement : pour leur ville, ils ont eu la libéralité moins intelligente. Ils voulaient faire grand et satisfaire leur orgueil ; rien n'était assez riche pour embellir la cité. Peut-être aussi ont-ils pensé que la qualité de l'enseignement ne les regardait pas : un employé ou un commerçant en sait toujours assez pour commencer, et les maîtres seraient toujours assez bons pour les fils de la petite bourgeoisie. On peut, sans injustice, prêter de pareils sentiments à d'honorables négociants de Mancliester ou même d'ailieurs. La petite bourgeoisie était incapable de réclamer mieux ou autre chose. Car, à Manchester, elle est dévorée par ce « philistinisme » que Matthew Arnold a diagnostiqué. Elle est, assurément, moins éclairée que les classes ouvrières du Lancashire.

Les manières de la plupart des élèves de Manchester

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Grammar School sont grossières; le « ton » de l'école est, par suite, mauvais. En l'espèce le remède appliqué d'ordinaire, les jeux athlétiques qu'on organise pour civiliser le jeune barbare sur le playground, n'est malheureusement pas applicable. L'école est en plein centre, l'espace fait défaut, et les deux tiers des élèves manquent de temps : après les classes le train les remmène chez eux à la hâte.

Hulme's Grammar School. — En 1691, un citoyen de Manchester, William Hulme laissait un domaine pour l'entretien de quelques étudiants à Brasenose Collège, Oxford. La valeur de ces terres s'accrut presque aussi vite que celle de la fondation du roi Edouard à Birmingham. L'Église établie mit la main sur cette riche proie; la plus grande partie du revenu décuplé passa en acquisition de bénéfices ecclésiastiques. Non seulement les boursiers de Hulme avaient la vie assurée pendant leurs études, mais de bonnes cures toutes prêtes les attendaient au sortir de l'université. Les Charity Commissiono^s, réorganisant la fondation, ont dépensé 21 000 livres sterling à bâtir une école, qu'ils ont appelée Hiihnes Grcunmar School, et à laquelle ils ont attribué un revenu de 1000 livres par an.

C'est une jolie école toute neuve, bien bâtie en briques claires, au milieu d'une magnifique prairie, dans le faubourg habité par les bourgeois de Manchester qui peuvent payer un loyer de 60 livres (1500 francs) et au-dessus. Dans cet externat, il y a place pour 320 à 360 hoys. L'école a fort bien réussi, puisqu'elle compte 243 élèves au bout de trois ans d'existence. Elles'adressait à la iniddle class.

Les frais d'études sont de 9 à 10 livres par an. Les

statuts interdisent de garder les élèves après seize ans : les Charity Cominissioners ont voulu que l'école fût réservée à la bourgeoisie et ne devînt pas une école aristocratique. Mais l'ambition, très naturelle d'ailleurs, du headmasler est déjà d'élever son école jusqu'au niveau des meilleures public schools : grâce à ses ressources, l'école a d'excellents maîtres; tous sont des Universitij riien, jeunes et pleins d'entrain.

c( Le programme comprend, dit le prospectus : instruction religieuse, anglais, littérature, géograpliie, histoire, français, allemand, espagnol, latin, grec, sciences naturelles, mathématiques, arithmétique, sténographie, dessin et écriture. L'école a principalement pour objet de donner une préparation pratique pour les affaires... Elle prépare aussi pour les universités et les professions libérales. »

Tant de choses en si peu de place! Le commerce et la science pure, les lettres et l'industrie vivent sous le même toit. Les maîtres chargés d'une pareille tâche doivent posséder, outre les connaissances, une certaine souplesse d'esprit, d'autant que le personnel enseignant n'est pas assez nombreux pour constituer un double enseignement classique et moderne.

Les élèves se divisent en « classiques » (90) et en « modernes » (150). Mais l'enseignement est, pour la plus grande part, commun à tous. Les « classiques » ne sont séparés des autres que pour les classes de grec et de latin.

Il n'est pas possible, après une aussi courte expérience, de porter un jugement sur ce système mixte. Mais dès maintenant l'école a bonne apparence : il y règne un excellent esprit, dû incontestablement à l'influence des jeux de plein air. Il faudrait plusieurs

écoles de ce genre dans une grande ville comme Manchester.

Le headmaster de Hulrae's Grammar School me dit qu'une des principales difficultés qu'il ait à vaincre vient des parents. Lorsque l'enfant atteint l'âge de quatorze ans, son père le réclame pour le mettre en apprentissage : l'enfant qui achève son temps d'école jusqu'à seize ans, perd ou compromet son avenir. Le maître résiste de toutes ses forces, mais il n'est pas toujours le plus fort dans cette lutte entre l'école et la vie. Un certain nombre de ses élèves le quittent à quatorze ou quinze ans.

Saint Bede's Collège, école commerciale catho-^ lique, fondée en 1876 par l'évêque de Salford, reçoit des externes (12 guinées, un peu plus de 300 francs par an) et des internes (GO guinées, environ 1600 francs). Elle s'adresse donc à la bourgeoisie aisée. Admirablement située auprès d'un grand parc, à l'extrémité du faubourg élégant de la ville, installée avec tout le confort des public sclwols, elle est dirigée par des prêtres séculiers. Fait singulier, le clergé catholique a exclu d'une école fondée et dirigée par lui le grec et même le latin : on n'enseigne à Saint Bede's aucune des deux langues classiques. Le programme comprend l'anglais, les langues modernes, l'histoire, la géographie commerciale, les mathématiques, la physique et la chimie. L'étude des langues vivantes fait l'objet de soins particuliers '.

i. L'école possède un linguiste de premier ordre: le Rév. L.-C. Casarlclli. Il est le lils d'un Italien naturalisé Anglais, établi opticien à Manchester. Après avoir passé quatre ans à l'universilé de Louvain, il y a obtenu le grade de docteur en langues orientales (persan, zend, peiilvi); il a publié des travaux origi-

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Malgré tous ces avantages, malgré ses prix modérés. Saint Bede's n'a pas attiré beaucoup d'élèves : on en comptait 50 en 1890. L'évèque de Salford paraît s'être trompé lorsqu'il a pensé qu'une école commerciale catliolique, à l'usage de la bourgeoisie aisée, réussirait à Manchester. Sans doute, il y a 110 000 catholiques dans cette ville, mais presque tous sont pauvres; et les quelques familles riches font donner à leursenfants une éducation classique.

En 188G, les catholiques de la Prusse rhénane ont ouvert à Bonn-am-Rhein un collège allemand de Saint-Bede, qui doit être une succursale de celui de- Manchester : jeunes Anglais et Allemands s'y rencontreraient et s'apprendraient mutuellement leur langue. Dans le règlement du Saint-Bede allemand, je vois que les élèves devront être peu nombreux; Allemands et Anglais seront en proportions égales; l'allemand sera la langue habituelle; le vendredi, on parlera français pendant les repas et les classes ; le dimanche, la langue courante sera l'anglais. Les maîtres vivent en famille avec les élèves.

Quoique le Saint-Bede de Manchester n'existe que depuis une quinzaine d'années et n'ait jamais eu beaucoup d'élèves, il a déjà colonisé le monde entier : dansl'Inde, à Java, en Espagne, à Buenos-Aires, en Nouvelle-Zélande, on retrouve ses élèves, médecins, ingénieurs, banquiers, négociants, planteurs. La propor-

naux sur les textes pehlvi. Ainsi en règle avec la science, il s'est tourné vers la vie pratique; il savait l'anglais et l'italien; il a appris l'espagnol, le portugais et l'allemund; et il jiarle admirablement le français. Il s'est pris d'une belle passion pour ce collège de Saint Bede : au prix de mille efforts, il l'a doté d'un musée commercial et colonial, dont aucune école, en Angleterre,, ne possède l'équivalent.

tion d'expatriés, parmi les anciens élèves de Saint- Bede, parait être considérable : est-ce la connaissance pratique des langues modernes qui les a poussés à courir le nionde?

Higher grade board schools. (Écoles d'enseignement primaire supérieur.) — Le sdiool board de Manchester, comme celui de Liverpool , a reconnu la nécessité de fournir au peuple quelque chose de plus que l'enseignement primaire. Mais Manchester, plus hardi que Liverpool, ne s'est pas contenté d'ajouter quelques classes complémentaires aux écoles existantes; on a créé plusieurs écoles d'enseignement primaire supérieur. La plus importante est celle de Deansgate, le Central Hiyher Sdiool, ouverte en 1884, D'après la loi en vigueur à cette époque, le sdiool board avait autorité pour bâtir l'école, — il empruntait k l'État la somme nécessaire, au taux de 3 1/2 p, °/„, — mais non le droit de l'entretenir. L'école, une fois bâtie, a dû se soutenir à l'aide des sommes versées par les élèves et des subventions obtenues du Science and Art Department à la suite des examens annuels. En 1889, le Technical Education Act a donné aux sdiool boards le droit d'appliquer aux higlier grade schools une partie des fonds dont ils disposent.

Pour obtenir une subvention du Science and Art Department de South Kensington, toute école doit remplir certaines conditions, entre autres celle d'avoir, dans son corps enseignant, un certain nombre de maîtres reconnus aptes à enseigner les matières classées sous les rubriques science ou art dans le programme du département. L'école devient alors une science sdiool ou une art school, ou bien une science and art sdiool.

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L'école primaire supérieure de Deansgate est une science and art schoul. Les maîtres sont des instituteurs primaires qui ont obtenu le certificat du département de South Kensington. L'école compte 1000 élèves, dont 350 suivent les classes d'une école primaire ordinaire, située dans le même bâtiment, et forment comme la pépinière de l'école supérieure. Les parents (boutiquiers, employés, petits industriels, artisans) paient 10 pence (soit 1 franc) par semaine, s'ils sont ratepaycrs (contribuables) dans le rayon du sc]wol board; sinon, ils paient 13 pence (1 franc 30). Tous prennent l'engagement moral de laisser leurs enfants à l'école jusqu'à l'âge de quinze ans; et l'on essaye de garder ceux-ci jusqu'à seize. On prend les élèves vers onze ans, au sortir du standard IV, sans examen, s'ils viennent d'une hoard scJiool, après examen, s'ils sortent de toute autre école.

Le programme comprend : matliématiques, géométrie, chimie théorique et pratique, dessin, mécanique, physiologie, français, latin, géographie, histoire. Ces sujets, qui ne sont pas tous obligatoires, sont répartis sur les années que l'enfant passe à l'école. Quand, vers quinze ans, l'élève a obtenu le certificat de South Kensington, on trouve aisément à le placer en apprentissage dans les maisons de commerce ou les manufactures de la ville. Un grand nombre de négociants et d'industriels s'adressent en toute confiance à l'école pour trouver des apprentis. La plus grande partie des élèves deviennent employés de commerce.

Aussi presque tous tâchent d'apprendre un peu de français pendant leur passage à Deansgate. Le professeur de français, M. Chevalier, est un bon vieillard de soixante-treize ans, qui fait toujours son métier

avec entrain. Il a inventé, pour amener ses élèves à prononcer correctement le français, — difficile entreprise, — une méthode fort originale, qui donne des résultats en peu de temps. J'assiste à une classe de M. Chevalier. Un petit vieillard tout blanc fait chanter en français « Frère Jacques, dormez vous? » à 60 bambins de douze à treize ans, et, sur un autre air populaire, l'alphabet français. Tous sont entraînés , tous chantent, tous savent l'alphabet maintenant, et prononcent très distinctement, à la française, les voyelles a, e, i, o, u, et (( Frère Jacques, dormez-vous? » Aucun ne savait un mot de français il y a une demi-heure. C'est un tour de force. M. Chevalier, qui connaît fort bien l'anglais, — ce n'est pas le cas de tous les professeurs de français en Angleterre, — qui a étudié toutes les bizarreries de la prononciation anglaise, a dressé une sorte de table d'équivalence des sons, dans les deux langues, et l'a adaptée sur un air populaire. Et, sans effort, par le simple pouvoir de la musique, il amène ses élèves, des enfants du peuple qui toute leur vie ont prononcé A en fermant la bouche à demi, dédaigneusement, à l'ouvrir toute grande pour prononcer la voyelle A à la française.

La méthode de M. Chevalier a encore le mérite de se prêter fort bien à l'enseignement des classes nombreuses : elle ne peut guère s'employer que dans les écoles primaires, où l'on a l'habitude de ces exercices collectifs, par grandes masses, et pour les débuts, qu'elle rend faciles et rapides.

L'école de Deansgate possède un laboratoire de chimie bien aménagé, où une cinquantaine d'élèves peuvent faire ensemble des manipulations. — Le dessin reçoit des soins particuliers : dessin d'après la bosse,

dessin à main levée, dessin graphique. Les résultats obtenus sont remarquables.

Le school hoard de Manchester entretient deux autres écoles primaires supérieures du même genre.

Technical School, importante école technique, donne un enseignement comparable à celui de la Central Higher School, de Deansgate, mais est en outre et surtout une école d'apprentissage. Nous nous réservons d'en parler plus loin.

Owen's Collage. — Manchester est le siège d'une université provinciale de création récente, Victoria University, à laquelle sont affiliés les University Collèges de Liverpool, Nottingham, Bristol, etc., et dont la branche locale est Owen's Collège. — Owen's Collège soufîre du même mal que Liverpool University Collège : les élèves que lui envoient les écoles secondaires ne sont point préparés à recevoir un véritable enseignement supérieur.

En résumé, Manchester est pauvre en écoles secondaires, et celles qu'elle possède sont toutes, sauf une ou deux exceptions, médiocres, parce qu'elles n'ont ni l'indépendance d'esprit ni les ressources qui l'assurent. On peut, sans doute, beaucoup attendre de l'initiative et de la générosité des marchands de Manchester, — tout, excepté la création d'une école secondaire qui donnerait une culture véritablement libérale.

Après Manchester, la ville du coton, Bradford ', la ville de la laine, dont la fortune est de date récente.

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