WEST BUCKLAND
(( C. — 20 livres par an pour les hoarders qui travaillent cinq heures à la ferme et reçoivent cinq heures d'instruction;
« D. — 10 livres par an pour les hoarders qui travaillent sept heures à la ferme et reçoivent trois heures d'instruction. »
Que nous voilà loin déjà d'une éducation libérale! Et quelle étrange idée, digne de l'âge de Villon et des pauvres « escholiers », de vouloir faire payer aux élèves, en travail manuel, une partie de leurs frais d'études et d'entretien! Et comment mener une école où seraient mêlés des enfants qui se croiraient de grands seigneurs parce qu'ils paieraient 45 livres par an et ne travailleraient pas de leurs mains, et d'autres qui seraient presque des valets de ferme?
L'état de l'instruction publique laissait tellement à désirer, en 1858, dans les régions agricoles, que les idées chimériques du Rév. Brereton trouvèrent des adhérents prêts à payer de leur personne et de leur bourse : une société anonyme fut constituée ^ On réunit un capital d'environ 6000 livres (150000 francs), et la Devon County Scliool fat ouverte à West Buckland.
Devon Gounty School, "West Buckland. — Au nord du Devonshire, entre Exmoor et Dartmoor, dans un coin retiré, presque sauvage de cette contrée profondément vallonnée, estCastle Hill, siège de la famille des Fortescue depuis Henri VIII et résidence actuelle du comte héritier du nom, patron de la Devon County School. Tout autour, sur les collines granitiques à
\. Parmi les premiers souscripteurs, il faut citer lord Fortescue, lord-lieutenant du comté, le duc de Bedford, le comte de Devon, sir Thomas Acland, M. Butler, etc.
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pentes escarpées, presque toute trace de culture céréale a disparu. On ne rencontre plus que des pâturages au flanc des monts, ou, dans les vallées, des prairies enserrées par des monticules boisés.
Un chemin taillé dans le roc, à mi-côte, suit en serpentant un étroit vallon aussi tourmenté qu'une gorge alpestre; ce chemin mène à West Buckland, au plateau gazonné et planté d'arbres, où l'on a bâti la countij school.
L'école traversa d'abord quelques années de prospérité, bientôt suivies d'un rapide déclin; aujourd'hui, elle lutte pour remonter la pente. Au début on appliqua le système du Rév. Brereton. Une ferme était adjointe à l'école; la moitié du jour se passait à l'école, l'autre moitié à la ferme. Mais les pères de famille ne goûtèrent pas cette combinaison; ils pouvaient apprendre le métier eux-mêmes à leurs fds. Ils n'aimaient pas non plus que leurs fils fussent employés en guise de travailleurs agricoles, pour- exploiter une ferme, soigner le bétail, conduire la charrue : car on comptait bien, en eflet, sur le produit du travail des élèves pour payer une partie des frais dé la pension. Au bout de dix ans, l'insuccès était complet, le système condamné et abandonné. L'école devint alors simplement une middh class school^ située en pleine campagne, et la prospérité lui vint '. Elle eut jusqu'à 183 élèves. Mais, tombée entre des mains inliabiles, elle déclina rapidement et tomba à rien. En 1889, un nouveau headmastev fut appelé; il travaille à la relever.
1. L'école a rapporté, à un certain moment, 4 p. "/g à ses actionnaires.