CHAPITRE IX
Bristol. — Un port commercial de second ordre '.
Il fut un temps où Bristol était le premier port commercial, dans l'ouest de l'Angleterre; depuis Sébastien Cabot jusqu'aux jours de la navigation à vapeur, Bristol garda le commerce avec les Antilles et les Amériques. Liverpool s'accroissant avec le tonnage et le tirant d'eau des steamers, Bristol est tombé au second rang; mais il reste plein des souvenirs de son brillant passé.
C'est une vieille ville, aux rues étroites et tortueuses, où les maisons décrépites surplombent, — fouillis de ruelles enchevêtrées, que traversent dans tous les sens la rivière et les bassins à41ot : port, quais, canaux, tout est solide encore, mais suranné; rien n'est mesuré à la taille des monstres de la navigation moderne. En errant sur les quais, une illusion qui s'impose nous transporte dans un autre âge ; il semble que l'on va voir s'aligner bord à bord les frégates à l'immense voilure et les trois-ponts majestueux.