LA « CHARITY COMMISSION
7° L'une des plus constantes préoccupations de la commission a été et est toujours de permettre à l'enfant pauvre, mais méritant et bien doué, de s'élever jusqu'à l'école secondaire par la bourse d'études et d'entretien. En 1882, les écoles secondaires dotées comptaient 2989 boursiers; sur ces 2989 places 1145 avaient été réservées aux enfants des écoles primaires.
8" On a tenu grand compte des besoins locaux. L'emploi très ingénieux de la « King Edward's Foundation », à Birmingham, est un exemple.
9' De nouvelles écoles dotées ont été établies soit en transformant des dotations dont l'emploi n'était pas satisfaisant (Hulme's Grammar School, Manchester), soit à l'aide de souscriptions publiques ou de dons particuliers (Yorkshire Collège, Leeds).
10" Toute école dotée doit être examinée au moins une fois l'an. Dans les plus récents statuts, la Charity Commission s'est réservé le droit de nommer ellemême, de temps à autre, pour une année, l'autorité examinante '.
La Commission n'a pas accompli toutes ces réformes sans rencontrer, durant les premières années surtout, d'assez vives résistances. De 1870 à 1874, elle lutta surtout pour trois principes : 1" pour réorganiser les fondations même lorsqu'elles n'étaient point l'occasion d'abus graves; 2" pour reconstruire, sur des bases plus larges, les governing bodies, même lors-
public ces modifications : .• ... De 1870 à 1874, nous avions la plus grande difficullé à amener les Irustces et les localités à admettre ces changements...; il y avait généralement une sorte d'obstination à conserver le grec et les vieux sujets d'enseignement. ■> (Report, 18S0, déposition Fearon, n° 5837.) 1. 37""' Report of Ihe Charitij Coinmissioners, 1890, p. 2G.
qu'ils n'avaient pas mésusé de leurs pouvoirs; enfin, 3' pour abolir les droits de patronage dans la nomination des maîtres.
La question religieuse avait soulevé les passions aux environs de 1870; l'apaisement s'est fait : les écoles secondaires, comme les écoles primaires publiques, sont ouvertes aux dissidents. C'est une réforme définitivement acceptée par l'opinion.
Longtemps les établissements furent distingués non pas d'après le degré de Tinstruction, mais d'après le rang social de leur clientèle : écoles primaires, les écoles réservées au peuple; écoles secondaires, les écoles fréquentées par la bourgeoisie modeste ou aisée; public sclwols, les écoles adoptées et patronnées par l'aristocratie. Il en résultait que, dans l'esprit du peuple, toute fondation appliquée à une école secondaire ou à une jmhlic school, après avoir été instituée par le donateur « pour les pauvres », était ravie aux pauvres. Pareil soupçon n'est plus justifié, depuis que la Charity Corn mission, en changeant ces anciennes distinctions, a fidèlement exécuté son mandat de mettre « une éducation libérale à la portée de toutes les classes », même des classes pauvres K
1. Parmi les œuvres toutes récentes ou encore en train de la ■Charity Commission, et dont il est impossible de mesurer les elTels, il faut citer la dotation de la grande école de Cowper Street; — la réorganisation de Christ's Hospital, cet antique orphelinat de la cité de Londres, si richement doté, et dont les ressources sont désormais consacrées à entretenir cinq écoles secondaires, pour la population si mal pourvue de la Métropolis; — le plan colossal pour la création, à l'aide des fonds des City Parochial Charities et de souscriptions volontaires, dans tous les quartiers populaires du district métropolitain, de Pohjtechnics comprenant des bibliothèques, des cours du soir, des laboratoires et des écoles secondaires et techniques.