‹ L'éducation des classes moyennes et dirigeantes en AngleterreChapitre 81 sur 109 · Monlalembert, ibid., p · texte numérisé non relu

Monlalembert, ibid., p

2. « A Oxford, un éludianl avare de son temps, mais qui ne veut ni sacriner l'exercice ordinaire de l'après-midi, ni manquer aux bienséances et aux devoirs de l'hospitalité, trouve tout au plus huit heures libres pour ses études : trois heures le matin de dix heures à une heure: une heure avant le dîner de cinq heures à six heures; deux ou trois heures la nuit de huit heures à onze lieures. En cas urgent une heure le matin avant la chapelle, qui a lieu presque partout à huit heures. « (Le P. Prat, ibid., mai 1892, p. 92.)

parade, toutes les qualités britanniques : la vigueur, le sang-froid, la sûreté du coup d'œil, la patience inaltérable, la confiance en soi-même et cette constance prodigieuse qui lui a si sonveut assuré la victoire. Certes, le spectacle de ces jeunes liommes est bien propre à flatter l'orgueil anglais. Quelles tailles, quels muscles et quelles poitrines ' ! »

L'éducation intellectuelle est donnée aux étudiants qui n'aspirent pas aux « honneurs », c'est-à-dire au plus grand nombre d'entre eux, par les mêmes moyens qu'on emploie à la ptt&iicsc/too? : nous retrouvons dans les collèges d'Oxford et de Cambridge le tutor qui a charge d'un certain nombre de jeunes gens et, pendant tout leur séjour, les conseille et les surveille : sorte de directeur intellectuel et moral, précepteur et confident, qui les mène jusqu'au seuil des examens et de la vie pratique qui s'ouvre au delà. Cette tâche confiée aux fellows de chaque collège, pour être moins brillante que le rôle qui échoit aux professeurs publics, n'en est pas moins utile et attachante. Il est des tiitors qui se sont acquis une véritable gloire, comme ce D"" Routh, de Cambridge, que le Times célébra dans un leader

1. Il est piquant de voir un père jésuite défendre avec chaleur le mode anglais d'éducation. Laissons-lui encore la parole : <■ Trop de jeux et de plaisirs, trop peu d'algèbre et de sanscrit, pensent sans doute nos pédagogues. Mais si les jeux sont tels qu'ils aguerrissent le corps et trempent le caractère, si les plaisirs eux-mêmes, tout en fournissant une distraction honnête, développent les talents de société, créent des relations, initient au grand art de gagner ses semblables par le bon ton, l'alTabilité, la distinction des manières, condamnez-vous ces jeux et ces plaisirs? Croyez-vous avoir atteint le nec plus ultra du progrès, quand vous aurez fait de l'écolier une machine à calcul ou un dictionnaire vivant? Comme s'il n'y avait dans l'homme que le cerveau, et dans le cerveau que le lobe de la mémoire. ■• (Le P. Prat, p. 99.)

quand il prit sa retraite '. Pendant trente ans le D' Routli fut tiUor de mathématiques à Saint-Peter's Collège, Cambridge : les plus grands mathématiciens de l'Angleterre moderne sont ses élèves; de 1858 à 1888 tous les senior wranglers, sauf quatre, sont sortis de ses mains. Tous les tutors n'ont pas une part aussi belle; le plus grand nombre au contraire travaillent obscurément à préparer de futurs bacheliers, moins ardents à l'étude qu'au jeu -.

Tout pesé, il faut reconnaître que, même sur les moins laborieux, même sur les moins bien préparés, l'atmosphère qu'ils respirent ne peut manquer de produire un effet salutaire. Ils garderont toujours de leur vie d'étudiant, de cette vie de collège où ils se sont trouvés sous le même toit, à la même table, dans le même salon que les maîtres les plus savants et les esprits les plus distingués de leur génération, ils emporteront de leur passage dans ce milieu intellectuel où germaient près d'eux une foule d'idées sur l'art, la philosophie, la science et la littérature, un souvenir et une empreinte ineffaçables.

Dès longtemps Oxford et Cambridge ont été les écoles de la vie publique, les séminaires des hommes d'État. Tout dans leurs traditions et leur discipline

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