‹ L'éducation des classes moyennes et dirigeantes en AngleterreChapitre 90 sur 109 · Manchester Guardian, 6 août · texte numérisé non relu

Manchester Guardian, 6 août

centres l'ambition de consolider leur œuvre; c'est ainsi qu'ont été fondés, grâce à l'initiative et à la générosité des conseils locaux et des particuliers : Yorksliire Collège à Leeds (1874); — le collège de Bristol (1876); — Mason Collège à Birmingham (1880); — le collège de Liverpool (1881) ' ; — le collège de Nottingham (1881); — Durham Collège of Science à Newcastle-on-Tyne (1871); — Firth Collège à Shefliekl (1879) ^

Toutes ces institutions s'étaient fondées et développées sans que l'État fût intervenu autrement que pour accorder les chartes d'incorporation. En 1889, il décida de leur accorder une subvention annuelle de 15 000 livres (375 000 francs); cette somme a été répartie entre ces divers établissements, au prorata des souscriptions locales et des droits d'inscription payés par les étudiants. L'État marquait ainsi son intention de ne s'intéresser à une semblable fondation que dans la mesure où la population locale s'y intéressait ellemême. En retour il ne demandait à chaque collège qu'un rapport annuel sur l'état de ses ressources, le nombre de ses cours et de ses étudiants; le Trésor se réserve de supprimer la subvention du jour où il paraîtrait au département de Tlnstruction Publique que la libéralité n'est plus justifiée ^.

\. En dS84, Universily Collège de Liverpool, en 1887 Yorksliire Collège de Leeds, ont été affiliés à Victoria University; c'està-dire que les étudiants de ces deux collèges, remplissant certaines conditions, égales pour tous d'ailleurs, peuvent, après avoir achevé leurs études à Liverpool ou à Leeds, prendre leurs grades à l'université de Manchester.

2. Donation de M. Mark Firth. — Il faut ajouter le Universitji Extension Collège fondé à Reading il n'y a guère plus de deux ans.

3. Pour l'année scolaire 1892-93, il y avait 4000 étudiants inscrits dans les huit collèges provinciaux (Facultés des arts..

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Il est malaisé de caractériser l'œuvre de ces collèges provinciaux; elle tient à la fois de l'enseignement secondaire et de l'enseignement supérieur. Tous sans exception souffrent de l'état chaotique où continue de se débattre l'enseignement secondaire; ils s'efforcent de le dégager et de le relever, trop souvent ils éobouent et sont obligés de reprendre eux-mêmes tout l'édifice en sous-œuvre. Recevant des étudiants de quinze ans, mal préparés, ils ont à faire ce que l'école n'a pas fait, ou à refaire ce qu'elle a mal fait; et ils se traînent ainsi au-dessous du niveau de l'enseignement universitaire.

Owens Collège, le plus ancien, le plus célèbre et le plus riche de tous, le mieux placé, dans les conditions les plus favorables, est pourtant aux prises avec les mêmes difficultés. Comment les résoudre? Faut-il donner indistinctement à tous ceux qui viennent une instruction dont la plupart sont incapables de profiter? Faut-il, au contraire, défendre les approches du collège par un sérieux examen d'entrée qui viderait les salles de cours? Ou bien le collège doit-il entreprendre une œuvre qui n'est pas la sienne et qui est celle de l'école secondaire? C'est à ce troisième parti qu'Owens Collège s'est arrêté. On y admet les jeunes gens à seize ans sans examen, mais au bout de la première année un « examen préliminaire » est imposé à tous ceux qui ont l'intention de prendre plus tard un grade universitaire. Ainsi, pendant un an au moins, Owens Collège complète l'instruction préparatoire de ses étudiants.

Quoiqu'il en soit, les collèges provinciaux rendent

des sciences et du droit), sans compter 7000 à 8000 personnes suivant les cours du soir qui sont faits dans la plupart de ces établissements.

des services appréciables. La faculté de médecine de Victoria University est justement célèbre : elle compte oOO étudiants. Les laboratoires de mécanique de Liverpool et de Manchester sont admirablement installés. Le laboratoire de chimie d'Owens Collège, que sir Henry Roscoe a créé et où il enseigna pendant de longues années, fut la première école de chimie qu'il y ait jamais eu en Angleterre; c'est là que sir Henry Roscoe a formé la plupart des chimistes qui enseignent ou pratiquent aujourd'hui dans les pays de langue anglaise. Deux de ses meilleurs disciples dirigent à Leeds et à Newcastle les laboratoires du Yorkshire Collège et du Durham Collège of Science, et forment •des élèves à leur tour ',

Le Yorkshire Collège possède, outre son laboratoire «t son école de chimie, un laboratoire et une école de teinture dont l'outillage est probablement le plus complet et le plus parfait qui existe, et à. la tête desquels •on a placé un spécialiste de premier ordre, homme de science et de pratique.

On chercherait en vain dans ces collèges les traces de la haute culture. Dans ces écoles techniques supérieures, la plupart des étudiants sont des apprentis qui viennent suivre des cours spéciaux ayant trait à leur industrie; ceux qui suivent tout un ensemble de cours et se préparent à un degrce sont pressés d'obtenir le diplôme pour gagner leur vie dans l'enseignement. Au Durham Collège of Science, il n'y avait pas en 1890 un seul étudiant qui eût en vue la recherche scientifique; de même on venait au labora-

1. Avant Owens Collège et sir Henry Roscoe, tous les chimistes anglais allaient se former en Allemagne, sous Bunsen principalement.

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