L UNIVERSITE DE LONDRES
alors à Oxford et à Cambridge, on admettait tous les étudiants sans distinction de religion. L'Église établie, se croyant menacée, fonda à Londres, également dans le centre, un établissement rival, King's Collège, qui eut un caractère confessionnel.
Lorsque, en 1835, University Collège demanda au gouvernement de la R.eine de lui accorder par une charte le droit de conférer des grades universitaires, lord Melbourne répondit qu'il fallait tenir compte des droits acquis aussi par King's Collège. La question fut résolue par un compromis. On laissa aux deux collèges le soin d'enseigner, et à un corps nouveau, à une commission permanente de trente-six membres, on confia celui de faire passer des examens et de conférer des grades aux étudiants préparés dans les deux collèges de Londres ou dans d'autres établissements affiliés. Cette commission d'examens reçut le nom pompeux d'université de Londres (1837). Ce titre elle l'a justifié par les services considérables qu'elle a rendus. En 1858, le privilège de l'affiliation fut supprimé; il n'était plus nécessaire d'avoir appartenu à un collège ou à une école affiliée pour se présenter aux examens de l'université de Londres. Ces examens étaient désormais ouverts à tous *. L'université de Londres a puissamment contribué à élargir le programme et à relever le niveau des études dans un grand nombre d'écoles secondaires et supérieures. Elle a accordé droit de cité aux sujets modernes, aux langues vivantes, aux sciences physiques et naturelles, à l'histoire et à la
1. Le nombre des candidats est passé, pour l'examen de matriculation, de 299 en 1858, à 1900 en 1885; pour le grade de bachelier es arts, de 72 en 1858, à 339 en 188o. {The Reigii of Queen Victoria. Article de FyfTe, II, 312.)
géographie, alors que toutes ces matières étaient dédaignées à Oxford, à Cambridge et dans les public schools. Elle a conquis une très haute répiitalion et donné une grande valeur à ses diplômes par l'intelligente sévérité de ses épreuves.
Son examen de matriculation, — nom impropre puisqu'il ne confère pas au candidat heureux le droit d'être inscrit sur les registres d'une université enseignante, — cet examen est la plus haute sanction et la plus complète qu'il y ait pour l'enseignement donné dans les écoles secondaires anglaises. Le certificat de matriculation de Londres ouvre une foule de carrières. Telle qu'elle est, l'université de Londres s'est acquis (( l'autorité d'un tribunal intellectuel »; elle est devenue « par son influence sur l'éducation une force nationale *. »
Il y a quatre ou cinq ans, sans doute par un contrecoup naturel du grand mouvement de V Extension , et par suite aussi d'une nécessité devenue chaque jour plus impérieuse et plus évidente, on commença de réclamer pour Londres, l'immense Métropolis, une université véritable, à la fois enseignante et examinante. Manchester avait son université, disait-on; Londres attendait encore la sienne. Univ-ersity Collège et King's Collège, autrefois ennemis, s'étaient réconciliés pour demander à être fondus en une université métropolitaine ; les nombreuses écoles où s'enseigne la médecine, les associations qui, par privilège, délivrent des diplômes médicaux se déclarèrent prêtes à se former en une vaste fédération universitaire. L'idée fit rapidement son chemin dans le public, à travers