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L UNIVERSITE DE LONDRES

les journaux, les revues, les conférences. Mais ce projet n'était pas du goût de tout le monde : les établissements, les répétiteurs qui font métier de préparer aux examens de Londres flairaient une concurrence redoutable; les collèges provinciaux se voyaient déjà éclipsés et anéantis; les dissidents protestaient contre l'admission de King's Collège — un établissement purement anglican — dans la future université; enfin l'université de Londres, l'examinante, ne se pressait pas de souscrire à ce qu'elle considérait comme son arrêt de mort.

En 1888, le gouvernement nomma une commission royale, sous la présidence de lord Selborne, pour faire une enquête à ce sujet. La commission entendit tous les intéressés, les représentants de toutes les universités et de tous les collèges du royaume. Le sénat de l'université de Londres, en toute cette affaire, eut une politique d'atermoiement et d'obstruction; la majorité ne parut pas comprendre, en dépit de ses membres les plus distingués ', que la question était d'intérêt général. Après plusieurs années de travaux, sans cesse interrompus ou traversés, la commission Selborne avait fini par reconnaître la nécessité pour la Métropolis d'une université enseignante et, déclarant que deux institutions, l'une enseignante, l'autre examinante, ne pouvaient porter le nom d'université de Londres, elle avait soumis à la couronne un projet de charte qui concilierait tous les intérêts. L'Université de Londres mit deux ans à examiner ce projet, et quand il fut déposé devant le Parlement, les intérêts coalisés

1. Voyez la lettre du professeur Huxley, parue dans le Times <Iu 1 juillet 18'J2.

l'éducation en ANGI-ETERRE. 19

réussirent à en faire encore une fois ajourner l'adoption (mars 1892). Une nouvelle commission royale, plus imposante encore que la première, a été nommée en août 1892; elle est présidée par lord Cowper. Tous les intérêts y sont si équitablement et si hautement représentés qu'il sera bien difllcile de repousser la solution qu'elle propose '. Londres aura donc avant longtemps une université complète. Il est à souhaiter que l'on ne se contente pas de fédérer les établissements existants, mais qu'on réussisse à les fondre en un tout cohérent, harmonieux et fort.

Collège of Preceptors. — En 1846 se forma, sous ie titre de Collège of Preceptors, une association de maîtres et de chefs d'institution qui se proposaient de relever la profession décriée d'instituteur privé. Le Collège of Preceptors ne négligea rien pour offrir à ses membres et au public toutes les garanties de sérieux et d'autorité. Il fournit aux maîtres le moyen de se grouper en une sorte de syndicat professionnel, et l'occasion de se réunir pour discuter les meilleures méthodes d'enseignement. Dans l'intérêt du public il a institué, pour les élèves, des examens et des inspections destinés à faire la preuve loyale de l'enseignement; pour les maîtres, des examens qui donnent le titre d'associé, licencié ou fellow du Collège of Preceptors.

Le succès a été lent à venir, mais il est venu : le Collège of Preceptors, aujourd'hui puissante association dont l'autorité est établie, rend aux écoles, aux

1. Le 23 mars 1893, le comité de 1' « Association for promoling a professorial University for London » a adopté un plan détaillé qui a été soumis à la commission Cowper. Cette commission a remis son rapport (jui a été publié en mars 1894.

LES CORPS EXAMINANTS 327

maîtres et au public de réels services. Ses examens peuvent être comparés aux examens locaux d'Oxford et de Cambridge, avec cette nuance qu'ils ont plutôt la clientèle des écoles privées K

Autres corps examinants. — Parmi les autres corps examinants, les Chambres de commerce de Londres et de Manchester, l'Institut des banquiers, ont fondé à des dates récentes des examens à l'usage des professions commerciales ou financières. Le but de ces associations est d'introduire dans les programmes certains sujets jusqu'ici négligés et dont la connaissance est indispensable aux futurs employés de banques ou de maisons de commerce : la comptabilité, l'économie politique, le droit commercial, les langues vivantes, la géographie commerciale, etc.

1. Le Collège a examiné et fait passer, durant le deuxième semestre de 1890, des examens dans 142 centres locaux et 135 écoles à 9941 candidats (filles et garçons en proportions à peu près égales) ; le nombre total des candidats dans l'année 1891 a été de 15 533. En 1892-93, il a été de IG 077.

La presse.

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