‹ L'EnferChapitre 10 sur 116 · PRÉFACE. NI · texte numérisé non relu

PRÉFACE. NI

que la réflexion la plus courante suggère sur la forme, la signification et la fortune des mots. Les rapprochements sont des sources de lumière ; et l'étude du vieux français est un rapprochement perpétuel.

Il n'est guère d'homme réfléchi qui, bien au delà du terme d'une courte vie, ne s'inquiète de l'avenir de son pays, surtout si son pays est en proie aux catastrophes et aux désastres. Eh bien, c'est peut-être un paradoxe, pourtant je n’hésite pas à le dire, ce souci de l’avenir aurait tort de se désintéresser du passé. Il sied mal à une nation d’être aussi peu familiarisée que la nôtre depuis le dix-septième siècle, avec le premier âge de sa littérature; une littérature qui a été productiveet qui a eu du renom et de beaux jours. On a une vue plus ferme de l'avenir, quand on connaît le passé. Je sais bien que cette littérature et cet idiome dont je parle pour les recommander ne font qu'une part d'un vaste ensemble qui est notre histoire; mais cette part pénètre profondément dans les aptitudes d’une nation; grande thèse que je ne veux appuyer ici que d’un mot sur notre développement national. Quoi de plus brillant que la portion de ce développement qui s’étend de Hugues Capet à la fin de sa descendance directe, ce plein du régime féodal où la France tient un rang si élevé dans toutes les délibérations européennes? C’est aussi l'ère de la plénitude de la langue d'oil, de la création

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