XII PRÉFACE
d'une riche poésie, et de la diffusion de l'une et de l’autre parmi les voisins. La scène change; les seconds capètiens ou Valois, par Philippe et Jean, précipitent ou laissent tomber la France dans l’abîme; parallèlement la langue s’altère, la tradition saine s’en compromet, la poésie tarit; la littérature s’étiole. Une troisième fois la scène change, mais c’est pour un rétablissement et pour un mieux; la langue et la littérature reprennent leur essor, non sans dommages sérieux infligés par l’éclipse des quatorzième et quinzième siècles, mais pourtant avec une vigueur suffisante et une vertu de développement qui ne s’est pas encore démentie. |
À ces raisons véritablement impersonnelles qui ont tourné l’effort d’une vieillesse déjà fort avancée vers l'association de Dante et du vieux français, ajouterai-je que j'ai eu aussi quelques raisons secondaires et personnelles? D'abord ce travail m'a procuré un dernier et étroit commerce avec un auteur que j'admire et à la poésie de qui je me suis bien des fois abreuvé. Puis il
m'a captivé dans la recherche, l'agencement, la,
mise en œuvre de tout ce que j'empruntais à mes lectures de nos anciens auteurs; minutieux labeur où la satisfaction commence quand on rencontre l'expression, la tournure, le vers qui, étant dans le sentiment de notre vieille langue, représentent non sans fidélité le modèle italien.