À PRÉFACE
du martyr que par ces mots mis dans la bouche de Thomas, quand on lui annonce l’approche des meurtriers : |
Ne il ne sunt pas mielz apresté del ferir Que mis curages est del martire suffrir (p. 187).
Enfin je termine ces citations que je pourrais accroître notablement par le vieux dicton qui veut que la France ait été dite ainsi parce qu'elle est lieu franc pour tous. C'est le roi Louis de France qui parle, à propos de l'asile que le fugitif trouve en son royaume :
L'arcevesque Thomas, certes bien le connui. Pur ço est France france, par les seinz où je fui, Que cil que mester unt i vengent (viennent) à refuî.
Mon ambition serait (ambition exorbitante, j'en conviens) de donner à mon Dante un parler aussi correct que celui du trouvère normand et une versification aussi ferme et aussi libre, en un mot de faire naître par moments l'illusion que ma traduction a été écrite par quelque Garnier du quatorzième siècle. Je dirais alors avec plus de . confiance : lisez le grand Florentin à travers notre vieil idiome. Apprendre la langue d'oil n'est point pour nous un labeur rude et rebutant. Nous en savons, de naissance, une bônne partie; et le reste s'obtient en se familiarisant avec la grammaire et en lisant. L'intérêt de cette étude est, à chaque moment, ravivé par les comparaisons avec le français moderne et par les aperçus