Carisenda : Carisenda, l’une des deux tours fameu
« Vien, me dit il, en cà, que je te prende. » Un nous faisions il et je par ainsi.
Quant on esgarde d’en dessous Carisende, Et qu’une nue vient en sus à passer, 158 En sens contraire il semble qu’ele pende; À l’esgarder lentement s’encliner Teus me parut Antée ; et voirement Je volusse or par autre voie aler.
Mais ens au font qui Lucifer porprent Atout Judas, doucement nous posa, Ne, si baissés, fist aucun tardement, 145 Et, come uns mas en nef, il se dressa.
ses de la ville de Bologne. L'autre se nommait l’Asinella.
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NEUVIÈME CERCLE : LES TRAITRES. — PREMIER COMPARTIMENT, LA CAÏNE : LES COMTES DE MANGONA; CAMICION DE’ PAZZI; DEUXIÈME COMPARTIMENT, L’ANTÉNORE : BOCCA DEGLI ABATI; HUOSO DA DUERA ; UGOLIN.
Avec ce chant commence le neuvième et dernier cercle de l'enfer. IL renferme un grand lac gelé et pend vers le centre du monde comme les autres cercles. Ce dernier cercle ou puits est partagé en quatre compartiments concentriques dans chacun desquels une classe de traîtres est punie. La division des quatre compartiments est indiquée non par des limites, mais seulement par la variation des peines. Dans le premier compartiment, dit Caïne, du nom du fratricide Caïn, sont punis ceux qui ont trahi leurs propres parents (XXXII, 16-72). Dans le second, dit Anténore d’Anténor, qui livra Troie aux Grecs, sont les traîtres à la patrie (XXXII, 73; XXXIII, 90). Le troisième compartiment, dit Ptolomée (XXXIII, 124), renferme les traîtres aux amis. Le quatrième est le lieu de supplice de ceux qui ont trahi Ieurs bienfaiteurs (XXXIV, 10-67).
Le chant où nous voici arrivés nous dédommage des géants sans réalité que Dante nous a montrés dans le chant précédent. Il nous introduit au milieu de ces Italiens, ses conteinporains, ou à peu prés, dont l’histoire en raccourci fait la trame de son poëme. C’est là qu'on voit avec combien de justesse Dante a qualifié de comédie son œuvre, sans préjudice des hautes parties pour lesquelles il s'est rangé avec un orgueil justifié dans le groupe des grands poëtes (IV, 102).
S’ io avessi le rime aspre e chiocce, Come si converrebbe al tristo buco, Sovra il qual pontan tutte l’ altre rocce, lo premerei di mio concetto il suco Più pienamente ; ma perch'io non.l’ abbo, 6 Non senza tema a dicer mi conduco.
Chè non è impresa da pigliare a gabbo, Descriver fondo a tutto l’ universo, Nè da lingka che chiami mamma e babbo. Ma quelle donne ajutino il mio verso, Che ajutaro Anfione a chiuder Tebe, 42 Si che dal fatto il dir non sia diverso.
Oh sovra tutte mal creata plebe Che stai nel loco onde parlare è duro, Me’ fosse state qui pecore o zebe!
Come noi fummo giù nel pozzo scuro Sotto i piè del gigante, assai più bassi, 18 Ed io mirava ancora all’ alto muro, Dicere udimmi : « Guarda come passi ; Fa si che tu non calchi con le piante Le teste de’ fratei miseri lassi. »
11. Qui aïderent à Thebes Amphion: Amphion, fils d’Antiope, voulant bâtir Thèbes, faisait descendre du mont Cithéron, au son de sa lyre, les pierres qui allaient d'elles-mêmes se ranger et se former en murailles.
Oh se j’avoie aspres et sourdes rimes Qui convenissent à ce trou desfaé, Où tuit s’apuient li roc que nous veimes, J'espreinderoie le suc de mon pensé
‘Plus pleinement, mais je ne les ai pas,
Et non sans crainte me met je à mon dité; Car voirement n'est d’une emprise à gas Peindre le font de ce monde univers, Ne d'une langue à mamans et papas.
Mais que ces dames m'aïdent à mes vers, Qui aïderent à Thebes Amphion, Si que li dires du fait ne soit divers.
Oh tu, sur toutes, gent de pute façon, Qui es au lieu à descrire moult dur, Mieus fusses tu née ou chevre ou mouton !
Come nous fumes jus dans le puit oscur Bien au dessous des grans piés du geant, Et qu'esgardoie encore le haut mur, J'oi me dire : « Aie garde en passant, Fai que ne foules o la plante du pié Le chef de freres qui sont ci mal gisant. »
A. Le chef de freres : la tête de deux frères, damné ensemble.
Perch’ io mi volsi, e vidimi davante E sotto i piedi un lago che per gelo 24 Avea di vetro e non d° acqua sembiante.
Non fece al corso suo sì grosso velo Di verno la Danoja in Ostericch, Né Tanai là sotto il freddo cielo, Com’ era quivi; chè, se Tambernicch Vi fosse sù caduto, o Pietrapana, 50 Non avria pur dall’ orlo fatto cricch.
E come a gracidar si sta la rana Col muso fuor dell’ acqua, quando sogna Di spigolar sovente la villana; Livide insin là dove appar vergogna Eran l’ ombre dolenti nella ghiaccia, 36 Mettendo i denti in nota di cigogna. Ognuna in giù tenea volta la faccia; Da bocca il freddo, e dagli occhi il cor tristo Tra lor testimonianza si procaccia.
Quand” io ebbi d’ intorno alquanto visto, Volsimi a’ piedi, e vidi due si stretti 42 Che il pel del capo avieno insieme misto.
« Ditemi, voi che sì stringete i petti, Diss’ io, chi siete. » È quei piegaro i colli, E poi ch’ hebber li visi a me eretti, Gli occhi lor, ch’ eran pria pur dentro molli, Gocciar su per le labbra, e il gelo strinse 48 Lelagrime tra essi, e risserrolli.
Con legno legno spranga mai non cinse Forte così. Ond' ei, come duo becchi,
22. Un lac tout glacié : le Cocyte ; comp. XIV, 105-120. . 27. Ne Tanais : le Tanais est le nom antique du Don.
28. Et semons Tamberniche : on ne sait quelle est au juste cette montagne. Les commentateurs indiquent la
Je me tornai, et un lac tout glacié Vi je devant et sous moi, qui, par giel, Sembloit non d’eve mais de verre afaitié.
Au tems d’iver jamais d’un voile iviel Ne se covri li Danube en Autriche,
Ne Tanais là sous le froit du ciel,
Come estoit cil ; et, se mons Tamberniche Meisme au bort cheist, ou Pierrepaine,
N'i feist merc plus que feroit pois chiche.
O le musel fors l’eve com la raine À coasser esteut sans nule alogne,
Au main quant glane en songe la vilaine ;
Ainsi estoient jusqu'où pert la vergogne Li dolent ombre, li pale, dans la glace, Claquant des dens com du bec la cigogne.
Tornée en bas chascuns avoit la face;
Li frois es boches, li plors es ieus aflis Sont de lor mal li tesmoin sans fallace.
Quant auque entor j'oi pormené le vis, J'esgardai jus, et vi deus si près mis.
Que lor cheveul ensemble erent porpris.
« Dites moi, vous qui si serrez vos pis, Fis je, qui estes ? » Et cil le col dresserent ; Et, puis qu’il orent vers moi levé le vis,
Lor œil, qui primes sol dedans mouillé erent, Goutes laisserent cheoir ; et par le gel Estroitement les larmes les serrerent.
Cercles jamais n’uni par force tel Un ais à l’autre ; et il, d’ire vaincu,!
Frusta Gora dans le voisinige de Tovarnich, en Esclavo-
nie, ou le Javornick, près d'Adelsberg, dans la Carniole. 29. Pierrepaine : Pictrapana ou Petra apuana mon-
tagne très-élevée en Toscane, entre Modène et Luque.
420 CANTO YVXXII.
Cozzaro insieme; tanta ira gli vinse.
Ed un ch’ avea perduto ambo gli orecchi Per la freddura, pur col viso in giùe, 54 Disse : « Perchè cotanto in noi ti specchi? Se vuoi saper chi son colesli due, La valle onde Bisenzio si dichina Del padre loro Alberto e di lor fue.
D'un corpo usciro : e tutta la Caina Potrai cercare, e non troverai ombra 60 Degna più d'esser fitta in gelatina; Non quegli a cui fu rotto il petto e l' ombra Con esso un colpo per la man d’Artù; Non Focaccia; non questi che m’ ingombra Col capo si ch’ io non veggio oltre più, E fu nomato Sassol Mascheroni ; 66 Se Tosco se’, ben sai omai chi fu. .
E perchè non mi metti in più sermoni, Sappi ch’ io fui il Camicion de’ Pazzi, Ed aspetto Carlin che mi scagioni. »
Poscia vid’ io mille visi, cagnazzi