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Qui vas par l'Antenore: d’Anténor, chef troyen

Mille visaiges; d’ont cil estanc en gel Frisson me donent qui ne me lairra pas.

Tandis qu’alions au centre nuitrenel Qui dans son font tout ce qui poise aüne, Et que trembloie dans le froit eternel, Ne sai se fu voloirs; destins, fortune, Mais je, parmi les testes trespassant, Feri le pié dans le visage à une.

« Porquoi me fiers ? me cria il plorant; Se tu ne viens à croistre la venjance De Mont-Apert, porquoi me vas grevant? »

Et je: « O mestre, fai ci un peu tardance, Si que je soille un doute sur cestui ; Puis, com vorras, j'irai sans demorance. »

Li dus esteut ; et je di à celui Qui blasphemoit moult durement encore :

« Qui es, tu qui si rampones autrui? »

« Et tu quies, qui vas par l’Antenore, Ferant, dit il, les mors enmi la face D'un cop trop fier, fusses tu vivant ore. »

« Je suis vivant ; il se peut que te place, Fu ma response, se tu roves renon, Que je te doin entre les autres place. » , « C’est le contraire dont je rove le don, Dit il; va t'en, ne me fai plus douloir ; Mal tu losenges ceus de no region. »

Lors aus cheveus le pris par mal voloir, Et je lui dis : « Conviendra te nomer,

duquel Homère ne dit que du bien, mais qui, suivant une autre tradition, aida à livrer Troie aux Grecs. Dante nomme Antenora le deuxième compartiment de la glace. Benoit de Sainte More, bien avant Dante, dans son Roman de Troie, avait fait d’Anténor un traître.

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O che capel qui su non ti rimagna. »

Ond’ egli a me : « Perchè tu mi dischiomi, Né ti dirò ch'io sia, nè mostrerolti, 102 Se mille fiate in sul capo mi tomi. »

Io avea già i capelli in mano avvolti, E tratti glien avea più d'una cioca, Latrando lui con gli occhi in giù raccolti, Quando un altro gridò : « Che hai tu, Bocca?

- Non ti basta sonar con le mascelle, 108 Se tu non latri? qual diavol ti tocca? »

« Omai, diss’ io, non vo’ che tu favelle, Malvagio traditor, chè alla tua onta Io porterò di te vere novelle. »

« Va via, rispose, e ciò che tu voi conta, Ma non tacer, se tu di quà entr'eschi, 114 Di quei ch’ hebbe or così la lingua pronta. Ei piange qui l’ argento de’ Franceschi :

Io vidi, potrai dir, quel da Duera Là dove i peccatori stanno freschi.

Se fossi dimandato altri chi v’ era, Tu hai da lato quel di Beccheria, 120 Di cui segò Fiorenza la gorgiera.

Gianni del Soldanier credo che sia

407. Qu'as tu, Boche? Bocca degli Abati, à la bataille de Mont'Aperti (voy. ci-dessus), coupa en trahison la main à Jacques de’ Pazzi, qui tenait le drapeau de la cavalerie de la commune de Florence, ce qui amena la déconfiture des Guelfes.

116. Je vi cel de Duere: Buoso, de la famille de Duera, Crémonais. Les Gibelins de Lombardie l'avaient posté avec une bonne armée dans les environs de Parme pour empêcher le passage de l’armée française, qui descendait, conduite par Gui de Montfort, lorsque Charles d'Anjou vint en Italie pour conquérir le royaume de Naples. Corrompu par argent, Buoso ne fit aucune résistance. -

Ou en ton chef nus cheveus remanoir. »

Dont il à moi : « Por si m'escheveler,

Ne te dirai ne monstrerai qui sui; 102 Tu peus mil fois le chef me detirer. »

Dejà mellées erent mes main andui À ses cheveus, i donant maint assaut ;

Il aboioit, o les ieus en refui,

Quant : « Qu'as tu, Boche ? s’escria uns en haut; Assez ne t'est des maisselles claquer,

108 Se tu n’aboies? Queus diables t’assaut ? »

« Or n'est mestiers que tu veuilles parler, Maudis traïtres, lui di je, et à ta honte Novelle vraie de toi saurai porter. »

« Va t'en, dit il, et à ton gré raconte; - Mais ne taisir, se fors d'ici tu vais,

114 De cel qui or eut la langue si pronte.

Il des François plore l'argent ormais ; Tu porras dire : Je vi cel de Duiere Es lieus où sont li pecheor au frais.

D'autres des nostres s’est qui à toi s'enquiere, Cel de Becquiere tu as à ton costé,

120 Cui prist le chef Florence justiciere.

Le Soldanier je croi estre logé

419. Cel de Becquiere : Tesauro de’ Becchiera, de Pavie, abbé de Vallombreuse. Après que les Gibelins eurent été chassés de Florence en 1258, le peuple fit prendre cet abbé, sous prétexte qu’il tramait une traïson contre les Florentins. Mis à la question, il confessa ce dont on l'accusait et eut la tête tranchée. Mais les historiens sont loin de donner raison aux Florentins et ils, soutiennent l'innocence de ce Beccheria. Dante partageait l'opinion de ses compatriotes.

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