XXII APPENDICE
De la même façon, les finales ient des verbes sont de deux syllabes, comme dans ce vers du douzième siècle (Saint-Thomas martyr v. 2852) :
Que que dient li tuen et li Dieu traïtor (Quoi que disent les traîtres à toi et à Dieu.)
Il n'y a point de règle de l’hiatus dans l'ancienne versification. Toutes les rencontres de voyelles y sont admises. Il y en a de dures, il y en a d'indifférentes, il y en a d’agréables. C’est à celui qui versifie de savoir choisir. Dans ce vers de Corneille : |
Cinna, tu t'en souviens et veux m'assassiner | quel inconvénient l'oreille trouverait-elle à : Tu t'en souviens, Cinna, et veux m’assassiner |
Et ce fut peut-être ce qui se présenta d’abord à l'esprit du poëte. Quand le Roncisval, dépeignant un guerrier blessé à mort, dit :
Et fors de son poing destre li eschapa l’espée,
qui n'accepte le doux hiatus du dernier hémistiche ?
Des vers ont besoin d’être prononcés. Il importe donc d'indiquer comment je pense que des vers de l’ancien français peuvent être lus. Nous ignorons la véritable prononciation du latin; et nous nous sommes fait pour cette langue une prononciation artificielle qui est très-fautive certainement, qui le serait moins si nous nous tenions plus près de la prononciation italienne, mais qui nouspermet, en une certaine mesure, de ressentir l'effet du vers latin. Oh! pourquoi le phonographe, si on n’a pas trop promis