‹ L'EnferChapitre 20 sur 116 · XXX APPENDICE · texte numérisé non relu

XXX APPENDICE

Aide moi encontre elle, o fameux homme et saige ; Car trembler si me fait veine et poulx de l’actendre. À toy convient tenir et faire aultre voyage, Me respondit alors qu’il me vit fondre en larmes, Se tu vieulx eschapper de cestuy lieu sauvaige. Car ceste beste icy qui tant te faict d’alarmes, Ne laisse aultruy passer par sa voye ennuyeuse Jusqu'au mont, ains l'empesche et l’occist par ses armes. Et nature a maulvaise et si tres convoiteuse Que voulonté d’avoir n'a jamais assouvye, Et tant mieulx a repeu, tant plus est familleuse. Avecq maintz animaulx se acompaigne et ralie, Et sera jusques tant que li mastins! viendra, Qui la fera mourir puis de melencolie.

Terre ou metal menger jà ne luy conviendra, Ains d'amour, de science et vertus vouldra paistre, Et naissance entre Feultre et Feultre il reprandra. De celle humble Italie hor salut veuille il estre, Por qui Eurial (sic) et la virge Camille, Turne et Nise de .coups à mort se firent mectre. Cestuy la chassera si fort par toute ville, Qu’au fons la remectra des enfers furieux, Où departie fut par envie orde et ville.

Dont, quant bien pense en toy, j'advise pour ton mieulr Que tu me doiz suyvir, et je seray ta guide A te mectre hors d’icy par les eternelz lieux Où desperéement orras crier à l’ayde Des pouvres vielz damnez les espritz moult dolentz Qui la seconde mort crient pour tout remede.

Et puis tu verras ceulx lesquelz sont bien contens D’estre au feu soubz espoir de venir puis en hault. Quant est des bienheureux qui joye ont pour tout temps, Devers lesquelz, tu peuz, quant voudras, faire ung sault, Ame fault de ce bien plus que la mienne digne ; Quant de toy partirai, là te laisser me fault. Car celuy empereur qui là regne et domine, Pour ce que fu rebelle à sa loy, me tient close Sa très noble cité, où d'entrer ne sui digne.

i; 4. Ici, le texte porte les metiz; je corrige d’après l'itaien.

APPENDICE. . XNXI

Partout son empire est ; là regist et dispose ; Là voulut sa demeure et son hault siege eslire ;

0 bienheureux celluy qui en ce lieu repose.

Poete, je te pry, lors me prins je à luy dire, Par le Dieu tout puissant que tu n'as point congnu, A ce que fuyr puisse et ce mal et ung pire,

Que me maines au lieu dont propos m’as tenu, Et que je puisse veoir la porte de Sainet Pierre Et ceulx tristes à qui tant est mesadvenu.

Lors il se mect devant, et je le suis grand erre.

(fci une lacune ; les six premiers vers de ce chant manquent.)

O muse, o hault engin, secours je vous demande, O esprit qui a mis par escript le mistaire, Il convient qu’en ce lieu ta noblesse on entende. O poete qui es ma guide salutaire, Dy je, voy si vertus j'ay assez et puissance, Avant qu’en ce hault pas te fies de m'atraire. ‘ Tu dis que celluy là dont Silvye heut naissance En chair et os alla au bas siecle immortel Où des peines d’enfer print vraye cognoissance. Dont, si Dieu, de tout mal adversaire, en cas tel Usa de courtoisie, aiant l'effet preveu Qui devoit de luy prendre issue et qui et quel, Point ne perra indigne à homme bien pourveu De bon entendement de Romme et de l’empire Au ciel emperial desja pour pere esleu, Lesquelz furent jadis establis, au vray dire, Pour estre le lieu sainct, et que là fut planté Le siege apostolicq pour la foy introduire.

Pour aller aux enfers dont l’has ainsi vanté, Telle chose entendit qui fut occasion Dont victoire ensuyvit pape et crestienté.

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