‹ L'EnferChapitre 21 sur 116 · XXXII APPENDICE · texte numérisé non relu

XXXII APPENDICE

Après luy vint sainct Paoul, vaisseau d'election, Pour nous porter confort à celle saincte foy Qui premier enseigna nostre salvation.

Mais qui veult que je viegne en ce lieu, ne pourquoi? Paoul ne suis ne Enée, et eroy qu'il n’est personne Qui m’extime ad ce digne ; aussi ne faiz je moi.

Pourquoy, si de venir leans je m’abandonne,

Je crains que l’on nè tienne à folle ma venue. Tu es saige et entends si ma raison n’est bonne.

Et comme ung qui n’a mais en son cueur de tenue, Ains change tost propos par nouveau pensement,

Si que de voulonté d’une heure à aultre mue,

En celle coste obscure ainsi fuz proprement, Qu'en pensant consumay ma premiere entreprise, Qui tant hastive estoit en son commancement.

Si j'ay bien ta parolle entendue et comprinse, Me respondit alors du magnanime l’ombre,

Ton ame est offensée hores de cohardise,

Qui souvent l'homme empesche et mect en tel encombre Que destourner le faict de quelque bel ouvraige, Comme ung cheval paoureux qui par faulx veoir s'enombre.

Mais pour de paour t’absouldre et te donner couraige, Te diray pourquoy vins et ce que ouys tandiz Que premier me doluz de ton mal et dommaige.

Entre ceulx qui n’auront enfer ne paradis,

Une dame appeller me vint heureuse et belle, Telle que la requis me commander tousdiz.

Ses yeulx luisoient plus fort que ne faict une estelle; Et commença me dire en maniere faconde Tout souef à voix d’ange une parolle telle :

O ame mantouaine où courtoisie habonde,

De qui la renommée entre les humains dure Et toujours durera par tous les lieux du monde, Le myen parfaict amy, non amy d’avanture, En la plaine deserte est empesché forment, Dont tourné du chemin s’est par paour griesve et dure;

Et crains qu’il ne soit jà esgaré tellement

Que pour le secourir me soye à tard levée, Par ce que ouys de luy dire au hault firmament.

Hor te bouge et t'en va; o ta parolle ornée

Et avec ce qu'il fault pour sa vie eschapper

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