‹ L'EnferChapitre 38 sur 116 · Une grant riviere : l'Achéron · texte numérisé non relu

Une grant riviere : l'Achéron

83. Blanc d’un poil eternel: la description de Charon est imitée de Virgile : Cut plurima mento Canities inculla jacet, Æ., \1, 299. |

84 Gridando : « Guai a voi, anime prave!

Non isperate mai veder lo cielo.

I vegno per menarvi all’ altra riva Nelle tenebre eterne, in caldo e in gelo.

E tu che se’ costi, anima viva, Partiti da cotesti che son morti. »

90 Ma poi ch'ei vide ch'io non mi partiva, Disse : « Per altra via, per altri porti Verrai a piaggia, non qui, per passare; Più lieve legno convien che ti porti. »

E il duca a lui : « Caron. non ti cruciare ; Vuolsi così colà, dove si puote 96 Ciò chesi vuole, e più non dimandare. »

Quinci fur quete le lanose gote Al nocchier della livida palude, Che intorno agli occhi avea di fiamme ruote.

Ma quell’ anime, ch’ eran lasse e nude, Cangiar colore e dibattero i denti, 102 Ratto che inteser le parole crude.

Bestemmiavano Iddio e i lor parenti, L’ umana spezie, il luogo, il tempo et il seme Di lor semenza e di lor nascimenti, Poi si ritrasser tutte quante insieme, Forte piangendo, alla riva malvagia 108 Che attende ciascun uom che Dio non teme. Caron dimonio, con occhi di bragia Loro accennando, tutte le raccoglie, Batte col remo qualunque s’ adagia.

Come d’ autonno si levan le foglie

93. Barge plus legere : Charon fait allusion à la barque rapide et légère, vasello snelletto e leggiero, dont il est

parlé (Purg. II, 40 et suiv.).

84 Criant: « Dehait soit à vous, o mauvais.

N’esperés pas reveoir mais le ciel.

Je vien por vous mener à l'autre rive En tenebror sans fin, en chaut et gel.

Et tu quies o iceus, ame vive,

Part toi d’avec ceste gent qui sont mort. »

90 Et puis, veant que me partir n'estrive :

« Par autre voie, dit il, par autre port Viendras à bort, non ci, por trespasser ; Convient que barge plus legere te port. »

Li dus à lui : « Charon, ne t'aîrer ; Ainsi se veut là où se peut tousdis

96 Ce qui se veut ; et plus ne demander. »

Lores devint cois lì mentons floris Du vieil nocher de l'infernal palu,

À cui luisoient cercles de flame au vis.

Mais cil chetif, qui erent las et nu, Muant color, desgrignerent les dens,

402 Soudain que furent cist mot dur entendu.

Il blasfemoient et Dieu et lor parens, L’humaine espece, lieu et tems et semence De lor lignées et de lor naissemens.

Et puis ces ames, lamentant lor grevance, Vinrent ensemble à la rive mauvese

108 Qui atent ceux qui de Dieu n'ont doutance.

Charon diable, avec des ieus de brese, En fait par signes assemblée pleniere,

Et bat du fust cele qui tost n’adese.

Come les feuilles, en la saison derniere,

97. Lores devint cois : imitation du rabida ora quiérunt, En. VI, 102.

99. Cercles de flamme au vis : Virgile a dit de Gharon : Stant lumina flamma.

L’ una appresso dell’ altra, infin che il ramo 114 Vede alla terra tutte le sue spoglie ; Similemente il mal seme d' Adamo Gittansi di quel lito ad una ad una Per cenni, come augel per suo richiamo.

Così sen vanno su per l'onda bruna, Ed, avanti che sien di là discese, 120 Anche di quà nuova schiera s’aduna.

« Figluol mio, disse il maestro cortese, Quelli che muojon nell’ ira di Dio, Tutti convegnon qui d’ogni paese; E pronti sono a trapassar lo rio; Ché la divina giustizia li sprona, 126 Si che la tema si volge in disio.

Quinci non passa mai anima buona; E però, se Caron di te si lagna, Ben puoi saper omai che il suo dir suona. » Finito questo, la buja campagna Tremò si forte, che dello spavento 152 La mente di sudore ancor mi bagna.

La terra lagrimosa diede vento Che balenò una luce vermiglia, La qual mi vinse ciascun sentimento; 136 E caddi come l’ uom cui sonno piglia.

150. Cela feni: Comme Dante ne dit pas qu’il entre dans la barque de Charon et qu'il passe avec les âmes damnées, les commentateurs ont fait diverses conjectures. Ils supposent que, pendant l’évanouissement semblable à un sommeil qui s’empara de ses sens, un ange vint qui le transporta à l’autre rive ; c'est ainsi, disentils, qu'un ange lui ouvrit les portes de la cité de Dité (IV, 64 et suivantes). Mais tout cela est inutile; l'entrée de Dante dans la barque et son passage sont impliqués

CITANT III. - Al

L'une après l’autre tombent, tres que li rain 414 Voient à terre jus lor despeuille entiere ; Les males filles du pere premerain Semmblablement du rivage une à une Saillent, com fait l’oisiaus por le reclain.

Ainsi s’en vont sus par mi l'onde brune ; Et ains que soient cil pecheor tramis, 420 Novele route en çà desja s'aüne.

Li cortois mestre me dit : « Mes trés chers fis, Icil qui meurent en Dieu ire et haange, S’assemblent tuit ci de chascun pais, Et de passer le flum ont haste estrange; Car la justice de Dieu les esperone, 426 Si que la crainte en desirier se change.

Par tant jamais n’ passe une ame bone ; Et se Charcn s’est complaint, tu peus or Entendre bien ce que ses dires sone. »

Cela feni, la campagne sans jor Si fort trembla qu'en espovantement 152 Li remembrers me baigne de suor.

La terre as plors jeta lores un vent Qui saeta un esclaire vermeil , Liquieus vainqui en moi tout sentement; 156 Et je chei come hom pris de someil.

par le récit : le commandement de Virgile est impératif, et Charon s’y soumet; un commandement semblable est fait à Minos, qui s’y soumet aussi (V, 23 et suiv.) Quand Virgile explique la colère et la résistance de Charon, c'est parce qu'il se voit obligé de passer une Ame bonne dans cette barque, qui n’en passe jamais que de mauvaises. Enfin, cela fini, c'est-à-dire quand le passage est effectué, la terre tremble et Dante tombe privé de sentiment.

PREMIER CERCLE ; LIMBE ; ENFANTS ET ADULTES MORTS SANS BAr- TÊME ; PATRIARCHES, POETES, PERSONNAGES ILLUSTRES, HÉROS ET PHILOSOPHES DE L'ANTIQUITÉ.

Dante a placé dans les limbes, au vestibule de l’enfer, ceux qui ont bien vécu, mais qui n'ont pas eu le baptême. Là il rencontre non-seulement la fleur du paganisme, mais encore des musulmans renommés au moyen âge, Averroés, Avicenne et le sultan Saladin.

Il est l'interprète de la foi catholique, quand il refuse de sauver les meilleurs des paîens. Mais il était trop nourri, suivant une juste tradition, dans l’admiration de l'antiquité pour ne pas éprouver une vive douleur en présence de ce rigoureux arrét, et, comme il dit :

Grans deuils me prist au cuer, quand je l'oi.

L’esprit moderne, véritablement historique, ne damne pas nos ancétres, plus ou moins lointains, et il voit en eux les ouvriers, suivant les temps, de la civilisation commune.

C'est encore en conformité avec l’opinion du moyen Age que Dante donne à Aristote le premier rang dans l'ordre philosophique et scientifique, l'appelant excellemment : il maestro di color che sanno. 1ci le moyen âge n'a point commis d'erreur; et Aristote est certainement le plus grand esprit scientifique de l’antiquité, et l’un des plus grands en tous les temps.

Cinq poétes formant un groupe à part viennent au devant de Dante; ce sont Homère, Virgile, Horace, Ovide et Lucain. Dante les nomme par prééminence, et c’est pour lui l'élite de la poésie. Puis ce groupe l'accueille, et, après une courte délibération, le reçoit en son sein comme sixième grand poéte. Dante ne s'est pas trompé sur son propre génie, et la postérité le range en effet dans le groupe des grands poëtes, bien au-dessus d’Ovide et de Lucain. Je ne dirai pas au-dessus d’Horace; à la vérité, Dante ne cite que les satires du poéte latin, et il est possible qu’il ne godtàt pas ses odes. Mais, si les Satires sont d’un homme d’esprit, non pourtant sans quelques vifs éclairs de poésie, les Odes sont d'un poéte qui s'éléve trés-haut.

e De

Ruppemi l’alto sonno nella testa Un greve tuono, si ch'io mi riscossi Come persona che per forza è desta.

E l'occhio riposato intorno mossi

— Dritto levato, e fiso riguardai

Per conoscer lo loco dov'io fossi.

Vero è che in su la proda mi trovai Della valle d’abisso dolorosa, Che tuono accoglie d’infiniti guai.

Oscura, profonda era e nebulosa Tanto, che per ficcar lo viso al fondo lo non vi dicerneva alcuna cosa.

« Or discendiam quaggiù nel cieco mondo, Cominciò il poeta tutto smorto; lo sarò primo, e tu sarai secondo. »

Ed io, che del color mi fui accorto, Dissi : « Come verrò, se tu paventi, Che suoli al mio dubbiare esser conforto? »

Ed egli a me : « L'angoscia delle genti Che son quaggiù nel viso mi dipigne Quella pietà che tu per tema senti.

Andiam ; chè la via lunga ne sospigne. »

Così si mise e così mi fe’ entrare

Nel primo cerchio che l’abisso cigne.

Quivi, secondo che per ascoltare,

Es vous rompi ce someil si pesant Uns lons tentirs, si que je me dressai, Com cil par force qui se met en estant.

Or, tout debout, environ je tornai L’euil reposé, pour avoir conoissance Du lieu où j’ere, et à plein j'esgardai.

Vrais est qu’ainsi me trovai à l’entrance Du val d’abisme dolereus, où s’aüne Li bruis de plainte sansnombre et de soufrance. La valée ert ample et nuileuse et brune, Tant que, plongeant le regart en ses fons, Je ne pooie discerner chose aucune.

« Or descendons es abismes parfons, Dit li poete o le vis tout desfait; Serai premiers, et tu seras secons. »

Et je qui vi que sa colors s’en vait :

« Coment viendrai, se paoreus te rens, Tu qui seus estre confort en mon dehait ? »

Et il à moi: « L'angoisse de ces gens Qui sont là jus, en mon semblant depeint Ceste pitié que por paor tu prens.

Alons, la voie est longue et nous constreint.» Si se mist il et si me fist entrer Au premier cercle qui le grant goufre enceint. Là, por tant que jujai par escouter,

Non avea pianto, ma che di sospiri, Che l’aura eterna facevan tremare.

Ciò avvenia di dubl senza martiri, Ch’ avean le turbe, ch’ eran molte e grandi, 30 D'infanti e di femmine e di viri.

Lo buon maestro a me : « Tu non dimandi Che spiriti son questi che tu vedi?

Or vo’ che sappi, innanzi che più andi, Ch’ ei non peccaro ; e s’elli hanno mercedi, Non basta, perchè non ebber battesmo, 56 Ch’ è porta dela fede che tu credi.

E se furon dinanzi al cristianesmo, Non adorar debitamente Dio ; E di questi cotai son io medesmo. Per tai difetti, e non per altro rio, Semo perduti, e sol di tanto offesi 42 Che senza speme vivemo in disio. »

Gran duol mi prese al cor quando lo intesi.

Però che gente di molto valore Conobbi che in quel limbo eran sospesi.

« Dimmi, maestro mio, dimmi, signore, Cominciai io, per voler esser certo 48 Di quella fede che vince ogni errore, Uscicci mai alcuno, o per suo merto O per altrui, che poi fosse beato? »

E quei, che intese il mio parlar coverto,

49. Issî du limbe: il s’agit ici de la descente de Jésus dans l'enfer. Saint-Pierre (I, Ep. m, 48) écrit : « Christ... « étant mort en la chair, mais vivifié par l'esprit ; par « lequel aussi étant allé, il a prêché aux esprits qui « sont dans la prison. » M. Scartazzini, dans son édition de Dante (Leipzig, 1874), dit: « Les scolastiques ensei- «. gnèrent que Christ, dans l'intervalle de temps entre sa « mort et sa résurrection, descendit dans le limbe pour

N’i avoit plaintes, mais souspirs seulement Qui tout faisoient l’air eternel trembler.

Et ce venoit par un deuil sans torment

. Qui s’eslevoit de multitudes grans

D’enfans, de femes et d’homes ensement.

« Tu ne demandes, dit li mestre vaillans, Qui sont icil que vois manoir ici?

Je voil tu saches, premiers qu’entrer leans, Qu'il ne pecherent; et s’ainsi ont merci, Ce n'est assez; de la foi que tu crois, Batesme est porte, et il lor a failli.

Dieu n’aorerent, puisque furent ainçois Christianisme, come on doit l’aorer; — Et je meisme sui uns d’eus com tu vois.

Por ce, et non por el à reprover, Perdu nous somes, en ce seul maubailli Que sans espoir vivons en desirer. »

Grans deuils me prist au cuer, quand je l’oi; Car je conui que gent de moult valor En ce limbe erent suspendu et failli.

« Di moi, mes mestre, mes sire, di moi or, Je comencai, voulant me rendre cert De ceste foi qui sormonte l’error, Issi du limbe mais aucuns en apert Que sa merile ou l’autrui ait sauvé ? »

Cil qui comprist mon langage covert :

a délivrer les âmes des saints de l'Ancien Testament: « Venit ergo Dominus ad infernum superiorem.... ut re- « dimeret captivos a lyranno ut dicitur : Dices his, qui « vincti sunt : Exite, et his qui in tencbris sunt: Rele- « vamini. Vinctos vocat, qui erant in pœnis, alios vero in « tenebris, quos omnes absolvit et in glorium duzit rex « gloriæ. » (Elucid., 64.)

48 CANTO IV. ì

Rispose : « Io era nuovo in questo stalo, Quando ci vidi venir un possente 54 Con segno di vittoria incoronato.

Trasseci l’ombra del primo parente, D'Abel suo figlio, e quella di Noè, Di Moisè legista e ubbidiente, Abraàm patriarca e David re, Israel con lo padre e co” suoi nati.

60 E con Rachele per cui tanto fe, Ed altri molti; e feceli beati, E vo’ che sappi che, dinanzi ad essi, Spiriti umani non eran salvati. »

Non lasciaväm l’andar perch'ei dicessi, Ma passaväm la selva tuttavia, 66 La selva dico di spiriti spessi.

Non era lungi encor la nostra via Di qua dal sommo, quand’ io vidi un foco Ch' emisperio di tenebre vincia.

Di lungi v’eravamo ancora un poco, Ma non si ch'io non discernessi in parte 72 Che orrevol gente possedea quel loco.

« O tu che onori e scienza ed arte, Questi chi son, ch’ hanno cotanta orranza Che dal modo degli altri li diparte ?

E quegli a me : « L’onrata nominanza Che di lor suona su nella tua vita 18 Grazia acquista nel ciel che si gli avanza. » Intanto voce fu per me udita :

« Onorate l'altissimo poeta ; L'ombra sua torna ch’ era dipartita. »

52. J'ere ‘novtiaus : Virgile mourut le 22 septembre de l'an 19 avant l’ère chrétienne; il était donc dans le limbe

« J'ere noviaus en icele cité, Quant je cihas vi venir un puissant En vainqueor d'un signe couronné.

Il en traist l'ame du premerain parent, D'Abel son fils, et cele de Noé Et de Moise legiste, obedient,

Le roi David, Abraham le membré, Jacob, son pere, o ses fils ensement, Rachel servie o tant de feauté,

Et autres moult, qu'il sauva bonement.

Je voil tu saches que de tous les espris Avant iceus nus n'avoit sauvement. »

Que qu’il desist, nous cheminions tousdis, Et la forest passions sans demorée,

Je di forest d’ames en ce porpris.

Longues encore n’estoit no voie alée En là du som, quant je choisi un feu Qui sormontoit la nuit de la contrée.

Nous en estions encore loin un peu, Non que por tant ne veïsse auque en part Que gens d’honor posseoit ice lieu.

« Tu qui aornes toute science et art, Qui sont icil qui ont si grant honor Que de la loi des autres el les depart ? »

Et il à moi: « Lor renons qui encor Dure et resone en ton monde et ta vie, Lor vaut au ciel grace de tel valor. »

Atant par moi fu une vois oïe :

« Toute honor ait li poete vaillans ; S'ame revient qui estoit departie. »

depuis environ cinquante ans, quand Jésus y descendit. 57. Moïse legiste : législateur du peuple hébreu.

Poi che la voce fu restata e queta, Vidi quattro grand’ombre a noi venire ; Sembianza avevan né trista nè lieta.

Lo buon maestro cominciò a dire :

« Mira colui con quella spada in mano Che vien dinanzia tre si come sire ;

Quegli è Omero poeta sovrano; L'altro è Orazio satiro che viene ;

Ovidio è il terzo, e l’ultimo è Lucano.

Però che ciascun meco si conviene Nel nome che sonò la voce sola, Fannomi onore, e di ciò fanno bene. »

Così vidi adunar la bella scuola Di quel signor dell’ altissimo canto Che sovra gli altri com’ aquila vola.

Da ch’ ebber ragionato insieme alquanto, Volsersi a me con salutevol cenno,

E il mio maestro sorrise di tanto.

E più d’onore ancora assai mi fenno,

Ch’essi mi fecer della loro schiera,

402 Si ch’ io fui sesto tra cotanto senno.

Così n’andammo infino alla lumiera, Parlando cose che il tacere è bello, Si com’ era il parlar colà dov’ era.

Venimmo al piè d’un nobile castello Sette volte cerchiato d’alte mura,

108 Difeso intorno d'un bel fiumicello.

Questo passammo come terra dura; Per sette porte intrai con questi savi, Giugnemmo in prato di fresca verdura.

Genti v’ eran con occhi tardi e gravi,

Puisque la vois refu coie et taisans,

Quatre grant ombres nous vinrent d’une tire; 84 Ne liés n’avoient ne tristes les semblans.

Or li bons mestre me commença à dire :

« Celui esgarde o l’espée en ses mains,

Qui vient devant les trois si come sire ;

Ce est Omere, poete soverains ; L'autre est Orace, en satire a renon ;

90 Li tiers Ovide, et li derniers Lucains.

Com nous avons tuit ce meisme non Duquel la vois jeta or la parole,

Me font honor et ne font se bien non. »

Si s’aüner vi je la bele escole De ce seigneur, roi du hautisme chant,

96 Qui sur les autres si come une aigle vole.

Il se parlerent; puis, vers moi se tornant, Il m’assenerent d’un salu qui m’agrée;

Et li miens mestre en a sousri d'autant.

Et plus encor d’honor me fut portée ; Car il me firent un de lor compagnie :

102 Je fui sixieme en si haute assemblée.

Ainsi alasmes jusqu'au feu qui clarie, Parlant de choses desquieus se taire est bel, Com li parlers l’estoit à ceste fie.

Au pié venimes d’un nobile chastel,

Aiant sept fois de murs haute ceinture, 408 Et tout entor gardé par un fluncel.

Nous le passames, com on fait terre dure; Par les sept portes o ces sages j'entrai ;

En pré venimes de moult fraische verdure.

Gil sage avoient lent regart et verai,

110. Par les sept portes : les sept arts du trivium et du quadrivium. . Je ne

Di grande autorità ne’ lor sembianti; 114 Parlavan rado, con voci soavi.

Traemmoci così dall’ un de’ canti In loco aperto, luminoso ed alto, Si che veder sì potean tutti quanti.

Colà diritto sopra il verde smalto Mi fur mostrati gli spiriti magni, 120 Che del vederli in me stesso n’esalto.

Io vidi Elettra con molti compagni, Tra’ quai conobbi ed Ettore ed Enea, Cesare armato con gli occhi grifagni.

Vidi Cammilla e la Pentesilea Dall’ altra parte, e vidi il re Latino, 126 Che con Lavinia sua figlia sedea.

* Vidi quel Bruto che cacciò Tarquino, Lucrezia, Julia, Marzia e Corniglia, E solo in parte vidi il Saladino.

Poi che innalzai un poco più le ciglia, Vidi il maestro di color che sanno :

152 Seder tra filosofica famiglia.

Tutti lo miran, tutti onor gli fanno.

Quivi vid’ io e Socrate e Platone, Che innanzi agli altri più presso gli stanno. Democrito che il mondo a caso pone, Diogenès, Anassagora e Tale, 158 Empedocles, Eraclito e Zenone.

E vidi il buono accoglitor del quale, Discoride dico ; e vidi Orfeo,

121. Là ert Electre : cette Électre est la mère de Dardanus, d'où est sorti Énée, fondateur de l'empire romain.

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