‹ L'EnferChapitre 63 sur 116 · Du Boulicume : nom d'une source qui, à deui · texte numérisé non relu

Du Boulicume : nom d'une source qui, à deui

Prist couroucés la foudre tant ague Dont trespercés le derrain jor je fui;

Et se les autres il lasse à recreüe En Montgibel, dans la fornaise noire, Criant : Aiue, o bon Vulcain, aiue,

Si come à Phlegre il fist selon l’histoire, Et traie à moi de toute sa puissance, N’aura de moi une aliegre victoire. »

Lores mes dus parla o demonstrance Si grant, que tel ne l’avoie onque oi :

« OCapanée, tant maire est la vengeance,

Que tes orguils du tout ne s’amorti; Nessuns martire, fors que ta grant furor, Ne fust grevance igaus à ton reni. »

Puis se torna o visage meillor Vers moi, et dist: « Cil fu uns des set rois Qui Thebe assirent; il eut et a encor

Dieu en despit, ce semble, et en bufois; Mais, come à lui je l’ai dit, si mespris À son corage bien sont deù orfrois.

Or vien derriere ;*que tes piés ne soit mis Aucune fois en l’arene bruslant,

Mais tiens toi sempre près du gaut des chetis. »

Taisant venimes ilecques où s’espant Fors de la selve uns moult petis flunciaus, La cui rojors encor me fait tremblant.

Du Boulicame come sourt li ruissiaus Que pecheresses se despartent meshui,

milles de Viterbe, forme un ruisseau d'eaux bouillantes et minérales. Ce Bulicame était très-fréquenté du temps de Dante ; et les pécheresses, c'est-à-dire les courtisanes y accouraient en grand nombre.

Tal per l’arena giù sen giva quello.

Lo fondo suo ed ambo le pendici Fatte eran pietra, e 1 margini da lato; 84 Perch’ io m’accorsi che il passo era lici. « Tra tutto l’altro ch’ io t’ ho dimostrato, Poscia che noi entrammo per la porta Lo cui sogliare a nesuno è negato, Cosa non fu dagli occhi tuoi scorta Notabile, com’ è il presente rio, 90 Che sopra sè tutte fiammelle ammorta. »

Queste parole fur del duca mio:

Perche il pregai che mi largisse il pasto Di cui largito m’aveva il disio.

« In mezzo mar siede un paese guasto, Diss’ egli allora, che s’appella Creta, 96 Sotto il cui rege fu già il mondo casto.

Una montagna v'è, che già fu lieta D’acque e di frondi, che si chiamò Ida; Ora è diserta come cosa vieta.

Rea la scelse già per cuna fida Del suo figliuolo, e, per-celarlo meglio, 102 Quando piangea, vi facea far le grida.

Dentro dal monte sta dritto un gran veglio Che tien volte le spalle inver Damiata, E Roma guarda sì come suo speglio. La sua testa è di fin’ oro formata, E puro argento son le braccia e il petto,

403. Uns grans vieillars: le temps ou l'humanité tourne le dos à Damiette, c'est-à-dire à l'Orient, au parti idolâtre et païen ; son visage est tourné vers Rome, c'est-à-dire vers l'Occident, vers le présent chrétien. Son corps est composé de quatre métaux, symboles des premiers âges ; il s'appuie sur un pied d'argile qui présage

Teus s’en aloit cil par ces sables chaus.

Li fons d’icel et li pendant andui Fait erent pierre, et les rives de lé; 84 Si le passage estre. là je conui.

« Entre tout el que je t’ai demonstré, Puisque passames par mi l’huis aovert, De cui le sueil nus ne treuve veé, Riens si notable ne te fu en apert, Come est cis rieus qui esteint droitement 90 Toutes les flames en son sein et conquert. » Ainsi parla mes mestre à escient.

Lors m'otroier le past lui fis priere, Dont il m’avoit fait naistre le talent.

« ll est une isle, gaste en male maniere, Dit il à tant, qui est Crete nomée, 96 Sous le cui roi fu la gent droituriere.

Une montagne i est, jadis parée (Ida a nom) d’eve et de foilles vers; Ore est deserte, com chose desfaée.

Rhea l’esli à seürté com bers De son enfant; et, por le celer mieus, 102 Quant il plaignoit, on faisoit bruis divers. Uns grans vieillars, debout en ces hauslieus, Torne le dos à Damiete en droiture, Et a sur Rome, com son miroir, les ieus.

Sa teste est faite de fin or par mesure; De pur argent sont li bras et li pis;

la fin prochaine du monde. Par les fissures de ces métaux coulent les pleurs du vieillard. L'or seul ne leur livre aucun passage ; car l’âge d’or n’a connu ni le crime ni les larmes. Quelle touchante mélancolie dans cette idée

des fleuves de l'enfer, nés des larmes de tous les hommes ! (Ratisbonne. )

108 Poi è di rame infino alla forcata;

Da indi in giuso è tutto ferro eletto, Salvo che il destro piede è terra cotta,

E sta in su quel, più che in su l’altro, eretto.

Ciascuna parte, fuor che l’oro, è rotta D’una fessura che lagrime goccia,

114 Le quali accolte foran quella grotta.

Lor corso in questa valle si diroccia; Fanno Acheronte, Stige e Flegetonta,

Poi sen van giù per questa stretta doccia

Infin là ove più non si dismonta; Fanno Cocito; e qual sia quello stagno,

120 Tu il vederai ; però qui non si conta. »

Ed io a lui : « Se il presente rigagno Si deriva così dal nostro mondo,

Perchè ci appar pure a questo vivagno ? »

Ed egli a me : « Tu sai che il luogo è tondo; E, tutto che tu sii venuto molto

126 Pur a sinistra giù calando al fondo,

Non se’ ancor per tutto il cerchio volto ; Perchè, se cosa n’apparisce nuova,

Non dee addur maraviglia al luo volto. »

Ed io ancor : « Maestro, ove si trova Flegetonte et Letè? chè dell’ un taci,

152 È l’altro di’ che si fa d’esta piova. ».

« In tutte tue question certo mi piaci, Rispose; ma il bollor dell’ acqua rossa Dovea ben solver l’una che tu faci,

Letè vedrai, ma fuor di questa fossa, Là ove vanno l’anime a lavarsi,

138 Quando la colpa pentuta è rimossa. »

421. La presens riviere : le petit fleuve du vers 77. 152. Ceste pleuve : cette pluie, les larmes du vieillard.

108 Puis est de cuivre jusqu’à la forcheüre ; De là en bas il est tous fers eslis, Fors le pié destre en argile formé; Et plus s’i tient que sur l’autre à devis.

En chasque part, fors que l’or esmeré, Est une fente les larmes recevant, 114 Qui, amassées, ont ce crot pertuisé.

Lor course va en ce val descendant ; Eles font Stix, Acheron, Phlegethon ; Puis s’acheminent par ce chanel atant Jusqu'au plus bas de l’infernal donjon; Là font Cocite; queus en est la maniere 120 Tost tu verras, ci je n’en fais sermon. » Et je à lui : « Se la presens riviere Ainsi ça jus provient de nostre mont, Porquoi n'apert fors sol à ceste oriere ? » Et il : « Tu sais le lieu estre reont; Et combien qu'aies ja grantment cheminé, 126 Sol à senestre descendant jus au font, N’as tout le cercle encore avironé ; Se tu vois donc chose qui te soit neuve, Ne dois monstrer un vis esmerveillé. »

Et je encore : « Phlegethon où se treuve, Mestre, et Lethé ? De l’un tu ci te tais, 132 Et dis de l’autre qu'est fais de ceste pleuve. » « Il n’est demande en cui tu ne me plais, Dit il: mais jà la roge eve boillant Bien devoit soudre l’une que tu me fais.

Lethé verras, mais fors ce trou beant, Là où les ames vont se purefier 158 Après la colpe, à loi de peneant. »

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