‹ L'EnferChapitre 69 sur 116 · Rusticucci je fui : Jacopo Rusticucci n’appartenait · texte numérisé non relu

Rusticucci je fui : Jacopo Rusticucci n’appartenait

Dressoit vers moi, si que li cols tornés Contraire aus piés faisoit sempre voiage.

« Se la misere de ces lieus desfaés Met en mespris nous et nostre priere, 30 Et no semblans, dit l’uns, pers et pelés, Qu’à no renom doint t’ame droituriere De dire à nous queus tu es, qui, vivant, Par l’enfer vas à seürté pleniere.

Ci] Ja cui trace tu me vois defolant, Bien que tos nus et sans poil avenant, 36 Eut digneté plus que ne cuides grant :

Il fu li niés Gualdrade la vaillant ; Guido Guerra eut nofn, et en sa vie Il o le sens fist moulteto le brant.

Cil qui me suit sur l’arene enemie Est Tegghiaie Aldobrant, la cui vois 42 Au monde encor devroit bien estre oie.

Et je qui ci od eus sui mis en crois, Rusticucci Je fui; et je te jure, La fiere oissors m’a mis où tu me vois. »

S'eisse esté à covert de l’arsure, Jeté me fusse au dessous parmi eus, 48 Non sans le gré mon mestre en l'aventure.

pas à la grande noblesse. Il fut homme vaillant, habile politique, riche, prudent, et se sut faire aimer. Il aurait été heureux, disent les commentateurs, s’il n’edt été marié à une femme acariâtre qui ne lui laissait aucune paix intérieure. C’est pour cela qu'il s’adonna aux amours contre nature. On voit ici que Dante est l’écho des bruits, ou, si l'on veut, des notoriétés populaires. Il paraît bien que ce bruit avait raison à l'égard de Rusticucci. Mais rien ne garantit qu'il en fût de mème à l'égard de Guido Guerra et de Tegghiajo Aldobrandi, dont les chroniqueurs du temps ne disent rien quant aux mœurs.

Ma, perch’ io mi sarei bruciato e cotto.

Vinse paura la mia buona voglia Che di loro abbraciar mi facea ghiotto.

Poi cominciai : « Non dispetto, ma doglia La vostra condizion dentro mi fisse 54 Tanto che tardi tutta si dispoglia, Tosto che questo mio signor mi disse Parole, per le quali io mi pensai, Che qual voi siete, tal gente venisse.

Di vostra terra sono, e sempre mai L’ovra di voi e gli onorati nomi 60 Con affezion ritrassi ed ascoltai.

Lascio lo fele, e vo per dolci pomi Promessi a me per lo verace duca; Ma fino al centro pria convien ch'io tomi. »

« Se lungamente l’anima conduca Le membra tue, rispose quegli allora, 66 Ese la fama tua dopo te luca, Cortesia e valor di, se dimora Nella nostra città si come suole, O se del tutto se n'è gita fuora ; Chè Guglielmo Borsiere, il qual si duole Con noi per poco e va là coi compagni, 712 Assai ne cruccia con le sue parole. »

« La gente nuova e i subiti guadagni Orgoglio e dismisura han generata, Fiorenza, in te, si chè tu già ten piagni. »

Così gridai con la faccia levata;

61. Je lais le fiel et aus fruis savorés Je vais..: le fiel c’est l’amertume du monde ; les fruits savoureux c'est la béatitude. Pour ces fruits, comp. Purg. XXVI, 145, ei XXXIII, 74.

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