‹ L'EnferChapitre 81 sur 116 · HUITIÈME CERCLE: SEPTIÈME BOUGE: LES VOLEURS; VANNI FUCCI · texte numérisé non relu

HUITIÈME CERCLE: SEPTIÈME BOUGE: LES VOLEURS; VANNI FUCCI

Dante se complait à décrire l'aspect de la contrée souterraine qu'il a créée sous le nom d’enfer; et, pour rendre sa description plus palpable, il nous peint en détail les difficultés que les deux voyageurs, l’un qui est un esprit, l’autre que son compagnon aide et soulève, rencontrent, le site, les clôtures, les masses rocheuses et leurs écroulements. On notera en ceci la différence d'imagination entre le xiv° siècle et nos siécles récents. La poésie moderne n’aurait pas voulu préciser autant, et elle aurait cherché des milieux bien moins réels, bien plus fantastiques. Comparez Milton, Gôthe et Byron.

Le xxiv* chant débute par une comparaison pleine de fratcheur, peut-être un peu longue. Mais on admirera sans restrictions les vers 46-64, où Virgile déclare que le renom et une trace durable de soi n’échoient qu’à ceux qui s'en rendent dignes par de persévérants et courageux efforts. Certes c’est à son œuvre même que Dante songeait en se faisant tenir ce noble langage.

In quella parte del giovinelto anno Che il sole i crin sotto l'Acquario tempra, E già le notti al mezzo di s’ en vanno; Quando la brina in su la terra assempra L'imagine di sua sorella bianca, Ma poco dura alla sua penna tempra; Lo villanello, a cui la roba manca,

Si leva, e guarda, e vede la campagna Biancheggiar tutta; ond’ ei si batte l’anca, Ritorna in casa, e quà e là si lagna,

Come il tapin che non sa che si faccia; Poi riede, e la speranza ringavagna, Veggendo il mondo aver cangiata faccia In poco d’ora, e prende suo vincastro, E fuor le pecorelle a pascer caccia.

Così mi fece sbigottir lo mastro, Quand' io gli vidi sì turbar la fronte, E così tos’o al mal giunse l’empiastro ; Chè, come noi venimmo al guasto ponte, Lo duca a me si volse con quel piglio Dolce ch'io vidi in prima a piè del monte.

Le braccia aperse dopo alcun consiglio Eletto seco, riguardando prima

En ceste part de la jeunete anée Que li solaus se trempe sous l’Aquere Et que des nuis s'amenri la durée,

Quant la frimée, espandue il n’a guere, Offre l’image de sa blanche seror,

Mais peu remaint ceste crouste legere,

Li paisans se leve et garde entor, Faillant le fuerre, et voit tous blanchoier Les chans au loin ; dont se bat par iror,

Rentre, et se deult, alant avant, arrier, Com li chetis qui ne sait que il face;

Puis il reprent au tens à se fier,

Veant le monde avoir changé de face En moult peu d’hore ; il combre sa houlete, Et fors à paistre ses oeilles dechace.

Ainsi fu m’ame par la paor desfete, Quant je du mestre vi se trobler le front ; Et puis au mal l’emplastre tost fu trete;

Car, lorsqu’andui venimes au gast pont, Il se torna vers moi en ceste guise Souef que jà je vi au pié du mont.

Il tint en soi conseil, puis sans remise Ovri les bras et me saisi atant,

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