‹ L'EnferChapitre 95 sur 116 · Par le sens vieil Alart : à la bataille de Tagliacozzo · texte numérisé non relu

Par le sens vieil Alart : à la bataille de Tagliacozzo

E qual forato suo membro, e qual mozzo Mostrasse, d’aequar sarebbe nulla AI modo della nona bolgia sozzo.

Già veggia, per mezzul perdere o lulla, Com’ io vidi un, così non si pertugia, 24 Rotto dal mento insin dove si trulla.

Tra le gambe pendevan le minugia; La corata pareva e il tristo sacco, Che merda fa di quel che si trangugia.

Mentre che tutto in lui veder m'attacco, Guardommi, e con le man s’aperse il petto, 33 Dicendo : « Or vedi come io mi dilacco ; Vedi come storpiato è Maometto.

Dinanzi a me s’en va piangendo Ali, Fesso nel volto dal mento al ciuffetto.

E tutti gli altri, che tu vedi qui, Seminator di scandalo e di scisma 36 Fur vivi, e però son fessi così.

Un diavolo è quà dietro che ne accisma Si crudelmente, al taglio della spada Rimettendo ciascun di questa risma, Quando avem volta la dolente strada, Però che le ferite son richiuse 42 Prima ch'altri dinanzi gli rivada.

Ma tu chi se’ che in su lo scoglio muse Forse per indugiar d’ire alla pena Ch’ è giudicata in su le tue accuse? »

« Nè morte il giunse ancor, nè colpa il mena, Rispose il mio maestro, a tormentarlo

gagnée sur Conradin, Charles d’Anjou dut la victoire aux dispositions conseillées par Alard, capitaine francais.

31. Voi com Mahom: Mahomet , fondateur de l’islamisme ; Ali, cousin, gendre et l'un des premiers adhé-

Et que chascuns i monstre sa ferue ; Riens ne seroit près de la navreüre Qu'ofre la bouge la neufme à la vete.

Jamais tonaus perdant font et closure Ne s’aovri si come uns qui aloit Fendus du haut jusqu'au trou de nature. .

Entre les jambes la bouele pendoit ;

Et la coraille et li ors sas qui change

Manger en bren, par defors se monstroit.

Je m'atachoie à ce veoir estrange ;

It m’esgarda, et s’aovrant le pis :

« Voi, me dit-il, coment je me chalenge ;

Voi com Mahom est navrés et maumis; Devant moi va se doulousant Ali,

Cui fendus est de haut en bas li vis.

Et tuit li autre que tu choisis ici Furent d’esclandre et de scisme en lor vie Mal semeor, et sont fendu ainsi.

Uns maufez est là arrier qui paumie, Sans s’alentir, une espée impiteuse,

Por retailler nostre gent mal taillie,

Quant complie est la voie dolereuse ; Car no grant plaies, ains lui venir devant, Ont esté closes par vertu merveilleuse.

Mais tu qui es, qui vas ici musant,

Por puet-cel-estre tarder l’oirre à la pene Là haut jugée sur toi, toi t'accusant? »

« La mors nel tient, ne la colpe nel mene,

Redit mes mestre, vers le deü torment ;

rents de Mahomet, chef d’une secte musulmane, suivie encore aujourd'hui par les Persans, assassiné en 660.

45. Toi t’acusant : devant Minos l'ame s’accuse ellemême, voy. V, 7.

48 Ma, per dar lui esperienza piena, A me che morto son convien menarlo Per lo inferno quà giù di giro in giro; E questo è ver così com’ io ti parlo. »

Più fur di cento che, quando l’udiro, S'arrestaron nel fosso a riguardarmi, 5£ Per maraviglia obbliando il martiro.

« Or di’ a fra Dolcin dunque che s'armi, Tu che forse vedrai lo sole in breve, S'egli non vuol qui tosto seguitarmi, Sì di vivanda, che stretta di neve Non rechi la vittoria al Noarese, 60 Ch'altrimenti acquistar non saria lieve. » Poi che l’un piè per girsene sospese, Maometto mi disse esta parola, Indi a partirsi in terra lo distese.

Un’ altro che forata avea la gola E tronco il naso infin sotto le ciglia, 66 E non avea ma’ che un’ orecchia sola, Restato a riguardar per maraviglia Lon gli altri, innanzi agli altri aprì la canna Ch' era di fuor d'ogni parte vermiglia, E disse: « Tu cui colpa non condanna E cui io vidi su in terra latina, 12 Se troppa somiglianza non m'inganna, Rimembrili di Pier da Medicina,

55. A Fra Dolcin : Dolcino Tornielli, de Novare; il se faisait appeler frère, bien qu'il n’eût pas reçu les ordres sacrés. Disciple de Gerard Segarelli, et, après la mort de celui-ci qui fut brûlé vif en 1296, chef de la secte, qui se nommait les frères apostoliques, il se disait apôtre et prophète envoyé de Dieu, et prêchait la charité chrétienne et la communauté des biens et des femmes. Une foule d’hom-

mes et de femmes se rangea autour de lui. Persécuté, il

Mais por lui faire esperience plene,

Je qui sui mors ai d’en haut le commant De cercle en cercle par l’enfer le conduire; Et ce est voire, com je parle en present. »

Plus de cent furent qui, l’oiant ainsi dire, Ci s’aresterent tuit coi à m’esgarder,

Por la merveille obliant lor martire.

« À fra Dolcin di qu'il ait, sans tarder, Tu qui, espoir, tost le jor reverras,

S'en peu ne veut venir me retrover,

Garison ample, si que la neige en tas Ne doint victoire au peuple novarois,

Qui le desseure autrement n'auroit pas. »

Levant un pié por aler s'en, ainçois Me dit Mahom ceste claire parole,

Puis, ie posant, se departi manois.

Uns, pertuisée à cui estoit la gole, Et detranchés li nez jusqu’aus sorcis, Et qui n’avoit mais qu’une oreille sole,

Atout les autres remirant esbaïs,

Avant les autres ovri le gosilier,

Qui ert defors de toute part rogis.

« Tu qui, dit il, es encore à jugier,

Et que je vi en la terre latine,

Se grans semblance ne me vient engignier, Remembre toi Pierre de Medicine,

seretira sur une haute montagne située entre Verceil et Novare. Le pape Clément V publia une croisade contre

lui. Fra Dolcin fut obligé de se rendre avec les siens, la

neige l’ayant resserré étroitement et les vivres lui manquant. Il fut brûlé vif à Novare avec plusieurs autres, le 2 juin 1307.

Se mai torni a veder lo dolce piano Che da Vercelli a Marcabò dichina.

E fa saper a’ duo miglior di Fano, A messer Guido e anche ad Angiolello 18 Che, se l’antiveder qui non è vano, Gittati saran fuor di lor vasello, E mazzerati presso alla Cattolica, Per tradimento d’un tiranno fello.

Tra l'isola di Cipri e di Majolica Non vide mai si gran fallo Nettuno, 84 Non da pirati, non da gente argolica.

Quel traditor, che vede pur con l'uno, E tien la terra che tal è qui meco Vorebbe di vedére esser digiuno, Farà venirli a parlamento seco, Poi farà sì che al vento di Focara 90 Non farà lor mestier voto nè preco. »

Ed io a lui : « Dimostrami e dichiara, Se vuoi ch’ io porti su di te novella, Chi è colui dalla veduta amara. »

73. Remembre toi Pierre de Medicine: Pier de Medicina, de la famille des Cattani di Medicina, contrée du Bolonais, sema la discorde entre ses concitoyens, et particulièrement entre Gui de Polenta, seigneur de Ravenne, et Malatestina, seigneur de Rimini.

74. Le plain et dous terroir : la Lombardie, qui, du district de Verceil, va s'abaissant durant l'espace de plus de deux cents milles jusqu'à Marcabo, château bâti sur le territoire de Ravenne, près des bouches du Pò, et détruit par Ramberto Polentano en 1308.

11. Messer Guion et messer Angiolel : Guido del Cassero et Angiolello de Cagnano, principaux citoyens de Fano, ville sur la mer Adriatique, furent invités par Malatesta, seigneur de Rimini, à conférer avec lui à la Catholica. Celui-ci, désireux de s'emparer de Fano, les fit saisir par

S'onc tu revois le plain et douz terroir Qui de Vercelle à Marcabo encline.

Aus deus meillors de Fano fai savoir, Messer Guion et messer Angiolel, 18 : Que, se n’est vains ci en avant veoir, Andui seront jeté hors lor vaissel, Noié en mer près de Ia Cattolique Par traïson d'un tiran qui est fel.

Entre les isles de Chipre et Majolique Jamais ne vi tel mesfait l'onde amere, 84 Non par pirates ou par gent argolique. D'un œil est borgne cis crueus foi-mentere ; La terre il tient que teus n'avoir veüe Vorroit, qui gist o moi en la misere.

Il atraira près de lui lor venue, Et si fera que du vent de Foquere 90 Mestier n'auront qu’on les tense et aïue. » Et je à lui : « Monstre moi et desclere, Se veus que sus je port de toi novele, À cui tu dis fu la veüe amere. »

ses gens et noier dans la mer. Il s'empara ainsi de Fano. Ce Malatesta était frère de Françoise de Rimini, c’est celui dont il est parlé chant XXVII, v. 46.

80. La Cattolique : la Cattolique est un bourg sur l'Adriatique entre Rimini et Pesaro.

82. Chipre et Majolique : Majolique est un autre nom de Majorque. Chypre est l’ile la plus orientale, et Majorque la plus occidentale de la Méditerranée.

84. Gent argolique : la gent argolique ou d’Argos sont les Grecs.

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