Teus : Curion, voy. ci-dessous
89. Que du vent de Foquere : Focara est une montagne très-élevée, près de Cattolique, d’où s'élèvent des coups de vent très-violents.
Allor pose la mano alla mascella D'un suo compagno, e la bocca gli aperse, 96 Gridando : « Questi è desso, e non favella. Questi, scacciato, il dubitar sommerse In Cesare, affermando che il fornito Sempre con danno l’attender sofferse. »
Oh quanto mi pareva sbigottito, Con la lingua tagliata nella strozza, 107 Curio, che a dir fu così ardito!
Ed un ch’ avea l’una e l’altra man mozza, Levando i moncherin per l’aura fosca, Si che il sangue facea la faccia sozza, Gridò : « Ricordera’ ti anche del Mosca, Che dissi, lasso : capo ha cosa fatta, 108 Che fu il mal seme per la gente tosca. »
Ed io gli aggiunsi: « E morte di tua schiatta.» Per ch’ egli, accumulando duol con duolo, Sen gio come persona trista e matta.
Ma io rimasi a riguardar lo stuolo, E vidi cosa ch’ io avrei paura, 114 Senza più prova, di contarla solo, Se non che coscienza mi assicura, La buona compagnia che l’uom francheggia
96. C’est cis: Curion, chassé de Rome, vint au devant de César à Rimini, et l’excita à pousser sans retard son entreprise contre la république. Le vers de Lucain, Phars. I, 281, est : Tolle moras, semper nocuit tardare paratis.
106. De Mosque lu seras remembrans : Mosca de’ Lamberti rappela le proverbe: capo ha cosa fatta, c'est-àdire: Tuez, et la chose sera finie, aux Amidei , aux Uberti et autres, cherchant à se venger d’un outrage qui leur avait été fait par Messer Bondelmonte de Bondelmonti, noble citoyen florentin. Celui-ci avait rompu un engagement matrimonial avec une fille des Amidei ; le
Lores mist il la main à la maissele D'un compagnon, la boche lui ovri, 96 Et dit : « C'est cis, et il est sans favele. Cis forsbanis la doutance tolli Au fier Cesar, disant qu’à son damage Sempre quiconque est jà prest atendi. »
Oh! com sembloit grevés en son corage, Atout la langue tranchée en la raïs, 102 Cil Curion de si hardi langage !
Et uns qui ert de ses mains desgarnis, Levant en l'air les deus moignons sanglans, Si que li sans lui rogissoit le vis, | Cria : « De Mosque tu seras remembrans; Qui dit, hé las : chose faite est passée ; 108 Male semence ce fu por les Toscans. »
Je respondi : « Et mort à ta lignée. »
Et il, dolor à dolor ajoustant, Se departi com persone atristée.
Je m'’arestai as navrés esgardant ; Et je vi chose que ce fust desmesure 144 De sol la dire, sans autre preuve atant; Mais conscience est là qui m'asseüre, - Bone compagne qui franc cuer nous otroie,
conseil de Mosca fut suivi ; Bondelmonte fut tué. Cela arrivait en 1215. Ce malheureux événement amena les factions des Noirs et des Blancs, qui furent si funestes à Florence.
109. Et mort à ta lignée: les Lamberti, famille à laquelle appartenait Mosca, furent chassés de Florence en 1258. A partir de 1266 il n’en est plus question dans l’histoire. Ce fait, joint aux paroles de Dante, porte à croire qu'une des conséquences des guerres: civiles de Florence fut l'extinction de cette famille.
Sotto l’osbergo del sentirsi pura.
lo vidi certo, ed ancor par ch'io il veggia, Un busto senza capo andar, sì come 120 Andavan gli altri della trista greggia.
E il capo tronco tenea per le chiome Pésol con mano a guisa di lanterna, E quel mirava noi, e dicea : «0 me!»
Di sè faceva a sè stesso lucerna, Ed eran due in uno, e uno in due; 126 Com’ esser può quei sa che sì governa.
Quando diritto a piè del ponte fue, Levò il braccio alto con tutta la testa Per appressarne le parole sue, Che furo : « Or vedi la pena molesta, Tu che, spirando, vai veggendo i morti; ‘132 Vedi se alcuna è grande come questa.
E perché tu di me novella porti, Sappi ch’ io son Bertram dal Bornio, quelli Che diedi al re giovane mai conforti.
Io feci il padre e il figlio in sè ribelli, Achitofel non fe’ più d’Ansalone
152. Peut on trover un torment aussi gref ? C'est une réminiscence de Jérémie, Lament, I, 12: 0 vos omnes, qui transitis per viam, attendite, et videte si est dolor sicut dolor meus.
154. Je sui Bertrans de Borne : Bertrand de Borne, vi comte de Hautefort (voy. ci-dessous, XXIX, 29), dans le diocèse de Périgueux, fut un troubadour célèbre par ses poésies, et aussi un guerrier renommé. Il excita en 1183 le jeune Henri à se révolter contre son père Henri II, roi d’Angleterre,
134. Au jeune roi: ce texte est sujet à contestation. Il paraît que tous les anciens manuscrits portent re Giovanni, le roi Jean, et non re giorgne, le jeune roi, et que
Assez armée quant ele se sent pure.
Certes je vi, et semble encor jel voie, Un cors sans teste, qui aussi cheminoit,
490 Come li autre, en ceste triste voie.
Le chef tranché par la crine il tenoit, Pendant es mains à guise de lanterne, Nous esgardoit, et hé mi! il disoit.
À soi meisme de soi faisoit luiserne ; Dui erent il en un, et uns en deus;
126 Com ce peut estre sait cil qui tout governe.
Quant droit il fu au pié du pont greveus, Il esleva le bras atout le chef,
Por aprocher sa vois à nous andeus.
« Or voi, dit-il, com je sui à meschef,
Tu qui, vivans, vas visitant les mors ; 132 Peut on trover un torment aussi gref?
Sache, noveles si que tu portes fors, Que sui Bertrans de Borne, au jeune roi Cil qui dona maus conseils et confors.
Je fis rebeles pere et filh entre soi; Plus ne fist entre David et Absalon
C'est Ginguené qui a introduit cette dernière leçon. En effet, si on lit le rot Jean, on fait commettre à Dante plusieurs fautes : d'abord contre l'histoire, ce n’est pas Jean, c'est Henri que Bertrand de Borne excita; puis contre Bertrand de Borne, qui, dans ses poésies, perle non pas du roi Jean, mais du jeune roi, lo rey joves; enfin contre sa connaissance du provençal, car, en ce cas, il aurait cru que lo rey joves signifiait le roi Jean, à moins qu’on n’admette pour le sauver de ce reproche qu'il avait lu très-imparfaitement Bertrand de Borne. Ces raisons por tent à croire que Giovanni au lieu de giovane est une très-ancienne faute due au premier copiste.
570 CANTO XXVIII. n
138 E di David co’ malvagi pungelli.
Perch’ io partii così giunte persone,.
Partito porto il mio cerebro, lasso! Dal suo principio ch’ è in questo troncone; 142 Così s’osserva in me lo contrapasso. »